Olivier Kaestlé

Diplômé d’un baccalauréat en littérature française (Université du Québec à Trois-Rivières) et d’un certificat en journalisme (Université Laval), Olivier Kaestlé a commencé à s’exprimer dès 2006 dans les tribunes d’opinion sur une pléthore de sujets. C’est en créant son blogue en 2009 qu’il a choisi de se consacrer presque exclusivement à la condition masculine et à la dénonciation des injustices et iniquités vécues par les hommes et les garçons, tout en se vouant à la lutte à l’intégrisme religieux, qui menace de plus en plus les femmes et les filles ayant la chance de vivre selon les valeurs civilisées du Québec. Olivier co-anime également avec Lise Bilodeau l’émission « Tant qu’il y aura des hommes…  » sur les ondes de Radio Média Plus.

L’intimidation envers les gars, bien plus répandue que la cyberintimidation visant les filles…

Chef a domicile


À quand une sensibilisation sur l'intimidation subie par les gars ?

Avez-vous remarqué à quel point la cyberintimidation a la cote en ce moment, en comparaison de la véritable intimidation, celle où des petites brutes épaisses s’en prennent lâchement et stupidement à plus faible qu’eux ? Il y a des raisons à cela : 7 % des filles et 5 % des gars au primaire et au secondaire seraient victimes de cyberintimidation. Bref, par une courte majorité, les filles, proies socialement consacrées, seraient les premières victimes de ce fléau.

Sans banaliser le phénomène, force est d’admettre, devant des pourcentages aussi maigres, que la cyberintimidation est loin de représenter un problème de société aussi accaparant que l’intimidation de personne à personne, celle que vivent quotidiennement des jeunes de niveau primaire et secondaire « dans la vraie vie ».

En ce qui concerne cette dernière, Statistique Canada affirme : « Chez les Canadiens adultes, 38 % des hommes et 30 % des femmes déclarent avoir été victimes d’intimidation à l’école, occasionnellement ou fréquemment. » En clair, les garçons seraient les premières victimes d’intimidation physique. Quand est-ce qu’on en parle ? Jamais !

« Les filles, deux fois plus à risque… » – Jasmin Roy

Dans le site de la fondation Jasmin Roy, la mission de l’organisme se lit ainsi : « La Fondation Jasmin Roy a pour mission de lutter contre la discrimination, l’intimidation et la violence faites aux jeunes en milieu scolaire aux niveaux primaire et secondaire. »

Bien que la confusion règne en ce moment quant aux définitions de sexes et de genres, chambardement accentué par une nouvelle présidente de la FFQ de sexe masculin désireuse d’abolir les sexes, il n’en demeure pas moins que les jeunes se répartissent à proportions presque égales entre le sexe masculin et le féminin. Les gars comme les filles devraient donc en principe être pris en considération de façon égalitaire par la fondation.

C’est pourquoi j’ai sourcillé quand j’ai lu récemment dans le Journal de Québec que Jasmin Roy, surfant sur la vague plus ou moins houleuse de dénonciations que nous connaissons, a affirmé que les filles étaient « deux fois plus à risque » de subir de la cyberintimidation alors que les chiffres de l’étude de Statistique Canada sur laquelle il s’appuyait révélaient plutôt des pourcentages de 7 % pour ces dernières et de 5 % pour les garçons. Selon M Roy, le pourcentage de garçons intimidés devrait représenter 50 % de celui des filles et non plus de 70 % dans la réalité.

Le lobbyiste s’est par ailleurs signalé à plusieurs reprises par le passé sur la scène médiatique par sa dénonciation de l’intolérance et de l’intimidation subies par les minorités sexuelles, ce qui est normal de la part d’un homme qui, comme lui, a souffert de l’une comme de l’autre.

Les garçons, premières victimes d’intimidation

Si je reconnais la pertinence de dénoncer l’homophobie, je ne vois pas pourquoi l’ensemble des mineurs de sexe masculin devraient toujours rester invisibles, à l’ombre des filles et des minorités LGBT, victimes à la mode. Or, il est clair que, selon Statistique Canada, les gars arrivent en première position parmi les victimes d’intimidation avec 38 % des cas , devant les filles, qui n’en représentent « que » 30 %, ce qui, bien sûr, demeure triste.

Une enquête québécoise indique cependant un écart encore plus grand entre les sexes. Sur 63 200 élèves interrogés, 42 % des garçons ont déclaré avoir été intimidés à l’école ou sur le chemin de l’école à la maison, en comparaison de 29 % des filles. Connaissant la tendance naturelle de certains garçons à banaliser la violence subie afin de ne pas passer pour des mauviettes, et celle, inverse, chez certaines filles, à dramatiser des incidents anodins afin d’attirer l’attention, il ne serait pas impossible que l’écart entre les sexes quant aux sévices subis soit encore plus grand.

Alors, M Roy, à quand une dénonciation énergique de l’intimidation vécue par tous les gars ? Je vous rappelle votre mandat : « La Fondation Jasmin Roy a pour mission de lutter contre la discrimination, l’intimidation et la violence faites aux jeunes en milieu scolaire aux niveaux primaire et secondaire. » Tous les jeunes, sans… discrimination !