Russel-Aurore Bouchard

Russel-Aurore Bouchard (née Russel Bouchard le 4 octobre 1948 à Chicoutimi) est une écrivaine et historienne québécoise habitant la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Elle s’est spécialisée dans l’histoire de cette région et a produit de nombreuses publications sur ce sujet. Ses derniers ouvrages sur l’ethnogenèse du Peuple métis de la Boréalie québécoise lui valent, aujourd’hui, d’être reconnue comme une spécialiste en ce domaine ainsi que le lien de mémoire de son peuple.

Une presse traditionnelle consensuelle et biaisée qui a radicalement pris le parti des anti-armes à feu

Manifestation contre le registre des armes a feu à Montréal : Une presse traditionnelle consensuelle et biaisée qui a radicalement pris le parti des anti-armes à feu

Si le but de la manifestation était d’attirer l’attention, c’est gagné ! Les organisateurs ont pris cependant un gros risque (un risque que je n’aurais jamais pris et auquel je me dissocie), car ils se sont attaqués à un puissant symbole, soit celui du pouvoir féministe qui instrumentalise le drame de Polytechnique et qui ne fait jamais dans la nuance. Et je sympathise à la douleur des gens et des familles frappés par l’horreur de cette journée-là…

Cependant, pour les chefs de partis et M. Coiteux qui font chorus sur cette question, je me garderais une petite gêne dans leurs prises de position, eux qui ont cautionné et présidé une commission parlementaire bidon sur le registre des armes à feu. Je rappelle que des 33 mémoires acceptés à la commission, 27 partageaient le projet ministériel. Quand l’Assemblée nationale ne parle que d’une seule voix sur des lois liberticides et aussi importantes que celle du registre, il n’y a plus que le cri de la rue pour exprimer son refus. C’est prévu dans la Charte canadienne des droits et libertés de la personne.

Autre point de vue. Les medias font actuellement les gorges chaudes sur le choix du lieu du drame et n’en ont que pour le lobby anti-armes à feu. Ils accueillent tous leurs communiqués, ne vérifient jamais la véracité des informations alléguées et se ferment totalement à la contrepartie qui a pourtant, elle aussi, le droit d’être entendue. Personnellement, comme historienne réputée sur la question des armes à feu, on a refusé d’accueillir mon mémoire et, malgré tous mes efforts pour exprimer mon point de vue et rétablir la vérité souvent mise à mal par les représentantes de Polysesouvient. Malgré le livre que j’ai rédigé et publié cet automne sur le faux débat des armes à feu au Québec et au Canada, aucun média national n’a accepté de faire écho à mon point de vue qui méritait d’être à tout le moins signalé à défaut d’être présenté et critiqué.

Cela dit, bien que la décision de tenir la manifestation sur le lieu du drame de 1989 soit contestable, je comprends cependant que, devant la puissante campagne de désinformation dirigée par Polysesouvient directement associé au mouvement anti-armes à feu et aux partis politiques qui refusent d’écouter les populations des régions ressources qui doivent subir la loi imposée par Montréal, que devant cette campagne de désinformation qui perdure depuis trop longtemps et qui bénéficie de la faiblesse de l’analyse de la presse tant parlée qu’écrite, les organisateurs ont évalué que c’était là la seule façon d’être entendus du public lequel, faut-il le préciser, a un pressant besoin d’avoir l’heure juste sur la question du registre et sur l’atteinte qu’il fait porter sur nos droits et libertés issues de la coutume et de l’histoire.