Ghislain Loiselle

Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d’autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

BLOGUE Abuser de la liberté, c’est s’attaquer à la liberté!

10-04 MÉDIA Il y a des limites avec la vitesse.
C'est quand même drôle qu'au nom de la liberté, on abuse de la liberté! En fait, ce n'est pas drôle du tout, à cause de ce que ça implique. Abuser de la liberté, c'est s'attaquer à la liberté!

Par Ghislain Loiselle

Quand par exemple un panneau de limite de vitesse indique maximum 100 km/h et qu’on roule à 120 km/h ou plus, on abuse du pouvoir qu’on a de peser sur l’accélérateur!

Je veux dire qu’il serait facile pour l’État d’obliger l’intégration à tout véhicule d’une composante d’ordinateur auxiliaire (slave computer component) qui serait reliée à un maître ordinateur afin que soient lus tous les renseignements de conduite d’une voiture, d’une camionnette, d’un camion ou d’une motocyclette… ceci en continu, automatiquement, de façon à sanctionner infailliblement tout manquement au Code de la sécurité routière, sinon tout ce que le décideur légal aurait sélectionné comme points majeurs. Ainsi, ce ne serait pas juste ceux qui se font prendre par les policiers patrouilleurs qui se verraient imposer un billet de contravention, mais tous les fautifs sans exception.

Bon, ça n’arrivera jamais et je ne le souhaite pas. Ce serait, j’en suis sûr, contre les chartes, la fédérale comme celle de l’État fédéré du Québec. Et ce serait de l’extrême droite. On vivrait sous l’oeil de Big Brother. Ce serait intolérable. Oublions cela.

Sauf que, justice ne sera de fait jamais rendue pour tous ceux qui dépassent les bornes et ne se font pas  »pogner » quand ils le font, lorsqu’ils contreviennent.

Le but d’incorporer un tel ordinateur dans un véhicule serait certes la sécurité. Ce que visent les compagnies privées qui équipent leurs flottes de GPS et autres instruments qui leur permettent de savoir si leurs camionneurs ont par exemple respecté les limites de vitesse, où ils se trouvaient et sont allés entre telle heure et telle heure. Plate, mais c’est ça.

Si un État se permettait une telle intervention, comme le font les entreprises privées avec leur équipement à elles, il pourrait se mettre riches, ma foi, aucun manquement ne pouvant être manqué et il y en a tellement!

Mais les conducteurs, les chauffeurs, ne seraient définitivement plus libres comme citoyens. Les gouvernements ont beau voter des lois et règlements, établir que conduire un véhicule n’est pas un droit, mais un privilège dans notre société, il ne faut pas pousser trop loin le contrôle. On est déjà tellement contrôlé, souvent avec au bout du contrôle un signe de piastre. Des limites ne doivent quand même pas être dépassées.

N’empêche qu’un moment donné, on commence à se demander sérieusement si ce n’est pas un tel contrôle qu’il faudrait pour ramener à l’ordre des délinquants notoires qui mettent la vie et la santé des autres en danger, en plus de leur propre vie, de leur propre santé. Dans notre régime de  »pas de fautif » (no fault) sur le strict plan de la couverture en assurance automobile, afin de couvrir les soins sanitaires et le dédommagement pour des incapacités, tout le monde est protégé. Mais cela ne doit pas signifier qu’on peut se permettre de créer des problèmes que nul ne veut vivre, blessures même mineures, mort, traumatismes, etc. Le Code criminel peut toujours intervenir. Mais souvent après. Le pendant ou avant que le pire n’arrive serait l’idéal. Mais la police ne peut être partout à la fois.

Dans les avions, il y a des boîtes noires. Toutes les informations de vol y sont enregistrées. Pourquoi? Au cas où un avion se planterait, pour savoir ce qui est arrivé avant l’écrasement jusqu’au drame. Pour consultation juste après un crash? Probablement même sans crash, j’imagine. La mémoire d’un appareil accompagne toujours un appareil. Ce n’est pas le cas pour une auto au sol.

Je ne sais pas comment on va faire pour faire comprendre à ceux qui tiennent le volant et la vie d’êtres chers entre leurs mains qu’il est impératif de prendre très au sérieux la conduite automobile et de suivre ce qui est mis en place pour rendre la circulation sécuritaire. Ce n’est pas la peur de la police et des amendes qui doivent nous amener à respecter la loi. Un règlement n’est pas édicté pour être violé. Je peux comprendre qu’il ne faut pas devenir extrémiste dans l’application. Mais un arrêt n’est pas facultatif. Il est obligatoire et il y a des raisons évidentes à cela. Une lumière rouge est un code qu’il faut respecter, sinon, tout le monde en viendrait à se rentrer dedans. Pour la vitesse, c’est la même chose. Pour la prise en considération de l’environnement routier, des conditions météorologiques, etc. On doit se servir de son jugement, écouter la petite voix dans notre tête. Avoir une crainte justifiée face aux éléments. Agir en bon  »pilote ».

Je pense qu’on est mûr pour une réflexion sur notre conduite, sur nos comportements. Actuellement, le dossier du conducteur est constitué par l’intervention d’un gendarme. Si une machine remplaçait l’agent de police (ce dernier pourrait alors vaquer à des activités plus reliées à la criminalité proprement dite, sans évacuer le crime routier), je crois que bien des gens perdraient leur permis de conduire et se verraient dépouillés de leur argent. On peut se compter chanceux de vivre dans une société où on est relativement libre, mais où on pourrait l’être encore moins. Il y a bien des manières de s’attaquer à ceux qui n’en ont que faire des autres. Misons sur notre bonne volonté, notre volonté de bien faire, afin de ne pas attirer vers nous ce que tout le monde déteste : la coercition.