Samuel Fillion-Doiron

Étudiant en Enseignement de l’univers social et de l’éthique et culture religieuse au secondaire, vice-président régional de la Capitale Nationale et de Chaudière-Appalaches au Parti conservateur du Québec.

BLOGUE La hausse du salaire minimum est bonne pour les riches

Vous savez quoi? J’aime aller acheter mon café et mon thé au Café chez Julie. J’aime aussi aller au casse-croûte halal Checkers de temps en temps ou au nouveau petit casse-croûte qui vient d’ouvrir à Montmorency en face du Bingo des Chutes. Malheureusement, ce sont des choses que je ne pourrai plus faire si le salaire minimum augmente à 15$ de l’heure, car tous ces petits commerces risquent de fermer.

Parlons également de la Maison de Mademoiselle Dumpling sur la Plaza St-Hubert ou de Pâtisserie Rosemont au coin du Boulevard Rosemont et de la 6e avenue. Deux établissements dirigés par des personnes qui ont immigré au Québec, ont appris le français, se sont intégrées et ont choisi de contribuer à la société d’accueil. Pensez-vous que ces gens ont les moyens de payer leurs employés 15$ de l’heure? La réponse est évidemment non.

Pourtant, les plus grands défenseurs de la hausse du salaire minimum sont généralement associés à la gauche. Vous savez, ceux qui veulent que tous aient des bonnes conditions de travail, ceux qui veulent enrayer la pauvreté, ceux qui pensent que les inégalités sont le fléau d’une société capitaliste, ceux qui demandent à ce qu’il y ait plus d’immigrants, de réfugiés. J’ai d’ailleurs déjà lu dans le programme de Québec Solidaire qu’ils souhaitaient encourager davantage les petits commerces et j’ai aussi senti beaucoup de haine envers les multinationales de la bouche d’Amir Khadir. Je vais donc me permettre de présenter quelques situations.

Quel intérêt y a-t-il pour un immigrant d’ouvrir un commerce au Québec s’il n’a pas les moyens de payer un seul employé? Il peut aller travailler dans une cuisine me direz-vous, mais soyons francs, quelqu’un qui a la fibre entrepreneuriale dans le sang peut-il se satisfaire à flipper des boulettes et des œufs? Doivent-ils tous être condamnés à travailler à des jobs au salaire minimum s’ils n’ont pas les diplômes nécessaires?

Si le salaire minimum augmente, certes, je suis d’accord pour dire que les plus grandes entreprises auront les moyens d’absorber les coûts; mais les petits commerces que vous chérissez tant auront-ils les moyens? La réponse est non et par conséquent, ils fermeront et enlèveront de la compétition aux méchantes multinationales. McDonald’s, Walmart et Simons ont amplement les moyens de payer leurs employés 15$ de l’heure, tout comme Tim Hortons d’ailleurs qui appartient aujourd’hui à Burger King et qui fonctionne très bien (je précise que je sais aussi faire la différence avec un franchisé, pas besoin de me sortir cet argument). Qu’en est-t-il des commerces que j’ai nommés au début de cette chronique?

Les syndicats, de leur côté, sont pour une augmentation du salaire minimum parce que les cotisations syndicales sont basées sur un pourcentage de la paie et non sur un montant fixe. De plus, une entreprise syndiquée ne peut pas mettre ses employés dehors si facilement, alors tous ceux qui travaillent chez Métro, par exemple, pourraient certes gagner 15$ de l’heure qu’ils perdraient en taxes et impôts en plus de payer encore plus à la TUAC.

Finalement, il ne faut pas oublier toutes les autres augmentations de salaire qui viendront avec. Je vous dis ça comme ça, mais dans une épicerie, les commis ne gagnent pas 15$ même après 30 ans de service, alors si le salaire minimum monte, il faut monter les salaires de tout le monde.

Lorsque j’étais candidat dans Gouin, j’ai été à une table citoyenne et j’avais dit aux gens dans la salle que le salaire minimum à 15$ n’était pas une solution en raison de ses effets pervers. C’est pourquoi à ce moment j’ai proposé trois solutions alternatives qui fonctionnent et ne demandent qu’un peu de volonté politique.

1) Augmenter le revenu minimum personnel (actuellement à 15 000$) à 25 000$ pour s’assurer qu’une personne travaillant 40 heures par semaine au salaire minimum ne paie aucun impôt et en l’indexant à chaque année.

2) Augmenter la prime au travail.
(CONDITIONS D’ADMISSIBILITÉ À LA PRIME AU TRAVAIL)

3) Abolir la TVQ sur les biens usagés, car ceux qui achètent et cherchent des biens usagés sont souvent les gens les plus pauvres et c’est à eux qu’il faut donner le plus d’air possible.

Seul le Parti conservateur du Québec propose ces trois solutions, ce qui est plutôt spécial pour un parti de droite. Moi qui croyais qu’à droite on ne se préoccupait que des riches. Visiblement, avec l’augmentation du salaire minimum, seuls les plus riches en sortent gagnants.