Cold Heimatlos, c’est un chroniqueur à la plume irrévérencieuse, aux commentaires cinglants et à l’humour qui fait grincer des dents. Enseignant au niveau professionnel, auteur d’un roman noir, sa plus grande préoccupation est l’état lamentable dans laquelle se trouve la relation entre l’Homme et la liberté. C’est sous cet angle qu’il aborde ses sujets : le rétrécissement constant des libertés doit être expliqué et compris par le citoyen avant d’être dénoncé. Il s’insurge devant la douce et thérapeutique dictature de l’État et du dressage sensitif de l’Homme. Cette citation reflète sa pensée :
« Les êtres humains n’ont pas grandi en même temps que les institutions issues de leur cerveau. Ce sont surtout la faiblesse intellectuelle et morale des chefs et de leur ignorance qui mettent en danger notre civilisation. »
– Alexis Carrel in L’Homme, cet inconnu

BLOGUE La révolte des claviers…

Au Québec, faire en sorte que les gens se sentent libres, qu’ils aient l’impression que la clôture qu’érige l’État autour d’eux est là pour leur propre bien, afin de les protéger d’une menace mal définie, et non pas pour les empêcher de sortir voir le monde tel qu’il est… C’est un peu ça la force de la sociale démocratie : la capacité à pousser en douce l’acceptation de son emprisonnement.

Depuis lundi, tous les camarades-citoyens propriétaires d’armes à feu doivent inscrire leur arsenal, dans un registre ridicule, et ce, au nom de la sécurité publique. Mes amis Guy et Jessie ont été porteurs d’un refus généralisé de s’y plier et firent partie d’un groupe de dénonciateurs des incongruités et surtout de l’inutilité de la loi 64…

Ils ont accepté le rôle ingrat du mauvais camarade-citoyen, celui qui se préoccupe de l’état lamentable dans lequel se trouve la Liberté (avec un grand L). J’ai suivi la chose avec un intérêt non partisan. J’ai lu un tas de commentaires sous leurs publications : ça sentait la révolte, ça s’indignait – avec raison – ça écrivait des insanités (en majuscules s.v.p.) au gouvernement, des injures aux libéraux – les responsables de cette aberration… J’ai lu la colère, senti la grogne chez les propriétaires d’armes à feu.

Mes amis, dont je suis assez fier et j’admire le dévouement envers la cause, ont organisé des manifestations… Il n’y a pas eu beaucoup de gens, si l’on considère le nombre de gens qui ont en leur possession une arme. Beau dommage, je sais qu’ils y ont mis du cœur et que c’était sincère. Moi ?… Mea culpa, je n’y étais pas. Je ne manifeste pas plus que je ne vote. La démocratie, que je considère être la cause de notre joyeux merdier actuel, favorise désormais la minorité criarde, laissant la majorité silencieuse faire ce qu’elle fait de mieux : se taire pour mieux se faire mettre !

Je me demande ce que la révolte des claviers apportera de bon aux causes futures…

Imaginez ce qu’aurait été la Révolution française si tous les sans-culottes avaient passé leur temps à donner leur opinion sur Facebook, s’ils avaient préféré choisir le dernier émoticône à la mode pour colorier leur colère plutôt que de descendre dans la rue en brandissant fourches et gourdins… Fort est à parier que la France serait encore une monarchie (ce qui n’aurait pas été une si mauvaise chose !)

La Révolution française s’est déroulée sur une période de dix ans. Les temps changent : aujourd’hui, nous avons dix révoltes par année ! C’est assez incroyable… Et quand l’une d’elles s’étire sur plus d’un mois, les médias parlent d’une crise majeure ! Souvenez-vous d’Occupy Montreal et du printemps érable… Le côté éphémère de ces révoltes garantit le maintien de l’élément oppresseur, qui n’a plus qu’à laisser passer la crise et attendre que les claviers s’intéressent à la nouvelle oppression au goût du jour. Même les attentats terroristes font à peine la manchette plus de 24 heures… et encore faut-il que l’acte ne soit pas dans un pays trop loin…

Et ça, le gouvernement le sait… La révolte des claviers n’est qu’une farce qui vous permet de jouer au révolutionnaire dans le confort et la sécurité de votre maison, de mentir sur fond rose (en majuscules) que vous n’irez pas enregistrer votre arme – mais le ferez tout de même en secret –, car ce qui compte sur Facebook, ce n’est pas la vérité, mais l’apparence de vérité…