Cold Heimatlos, c’est un chroniqueur à la plume irrévérencieuse, aux commentaires cinglants et à l’humour qui fait grincer des dents. Enseignant au niveau professionnel, auteur d’un roman noir, sa plus grande préoccupation est l’état lamentable dans laquelle se trouve la relation entre l’Homme et la liberté. C’est sous cet angle qu’il aborde ses sujets : le rétrécissement constant des libertés doit être expliqué et compris par le citoyen avant d’être dénoncé. Il s’insurge devant la douce et thérapeutique dictature de l’État et du dressage sensitif de l’Homme. Cette citation reflète sa pensée :
« Les êtres humains n’ont pas grandi en même temps que les institutions issues de leur cerveau. Ce sont surtout la faiblesse intellectuelle et morale des chefs et de leur ignorance qui mettent en danger notre civilisation. »
– Alexis Carrel in L’Homme, cet inconnu

BLOGUE Quand la sécurité devient un problème de rentabilité

Obéir aux lois, c’est nuire à l’État !

Ma nuit a été courte, très courte et mon réveil brutal. Ce n’est pas ça le pire, le café de l’hôtel est mauvais, mais encore là je peux faire avec. Il y a un Journal de Québec de libre sur la table d’à côté, je suis attiré par un titre : « Les revenus des radars photo en chute libre ».

J’avale une gorgée de travers et je m’étouffe. Je manque d’air, j’ai l’impression que je vais crever… Ce n’est pas le café qui m’étouffe, mais l’État !

La raison d’être des radars photo n’est-elle pas la sécurité routière ?

Pffffff… Ils n’en n’ont rien à foutre !

Je prône une façon sécuritaire de nuire à l’État, d’une façon toute simple : respecter le code de la sécurité routière ! Quand ces vaches à lait modernes, pour subvenir à l’appétit financier vorace du monstre, ont été mises en service, nous savions tous que ce n’était pour la sécurité des usagers de la route. Ce n’est pas d’hier qu’existent les fameuses « trappes à tickets » et ça, ils s’en sont servis pour vous taxer indirectement.

Dans l’article de M. Bellerose, on peut lire : « L’an dernier, les cinémomètres de la province ont rapporté à peine plus de 2 millions $, contre quelque 32 millions $ l’année précédente. » Et ce serait en raison d’un jugement (Cimon) qui a déclaré la preuve « inadmissible et illégale ». D’accord, c’est possible – pour une fois qu’un jugement tourne en faveur du citoyen, pouvons-nous dire merci ? Mais si tous les citoyens avaient écouté mon conseil et avaient pris conscience de l’importance d’utiliser le réseau routier de façon sécuritaire, en bouclant leur ceinture, en n’utilisant plus leur téléphone cellulaire au volant et surtout en respectant le code; en circulant selon la vitesse indiquée, ces mêmes chiffres seraient à la baisse, ne devraient-ils pas s’en réjouir ? Ils n’auraient personne à accuser…

Respecter le code de la sécurité routière (ou ne pas se faire prendre !), c’est rendre déficitaire un gadget à soutirer de l’argent net – après impôts – de vos poches.

La réaction première de nos imbéciles en charge est de déplorer le manque à gagner financier du projet… c’est pour vous dire l’hypocrisie derrière toute mesure établie par l’État pour votre protection, pour la sécurité que vous exigez et qu’il s’empresse de mettre en place avec de lucratives contraventions.

Je suis subjugué par le paradoxe suivant : obéir aux lois, c’est nuire à l’État !

C’est comme pour l’économie d’essence. J’étais propriétaire d’un gros Ford F150. Je l’ai changé pour une voiture économique, non pas par idéologie verdoyante, mais par ras-le-bol de la taxation. Il n’y a pas si longtemps, je me moquais de la « journée sans voiture », cette journée de propagande écolo-gauchiste et de pédaleux… Quand on sait que la moitié du prix d’un plein d’essence sert à maintenir l’État, nous devrions être plus nombreux (quelques centaines de milliers, un million ou deux) à participer à cette journée, une à deux fois par mois… Nous avons, ma femme et moi, coupé notre kilométrage de 60% et consommons sur Internet autant que faire se peut. Nous ne fumons pas. J’imagine que nous ne sommes pas de bons citoyens. L’État finira par se venger, j’en suis certain !

Alors chers amis, si vous voulez retrouver une certaine liberté (et je sais que ça peut vous sembler bizarre) il vous faut obéir à la loi pour que le projet des radars photo devienne un si gros boulet financier pour l’État, qu’il finisse par l’abandonner… Désobéir c’est financer votre propre prison, c’est payer vous-mêmes pour leur gadget liberticide. La seule façon de s’en prendre à l’État, c’est cesser de participer à son gavage financier, mais vous ne le faites pas.

Gargantuétat le sait, il ouvre la gueule : « Encore !… » et vous, vous empressez de lui fournir sa pelleté de fric !