J’ai abordé le marché du travail avec des idées préconçues, à l’effet que les patrons étaient des exploiteurs, que les normes du travail étaient instaurées pour protéger les droits des travailleurs et qu’on devait faire valoir ces normes «minimales». Au fil des années, j’ai constaté que ceux qui réussissaient là où j’échouais, tenaient un tout autre genre de discours, et j’ai décidé de m’en inspirer. Ce fut le début de mon virage à droite et, de façon étonnamment rapide, de l’augmentation de mes revenus et de ma qualité de vie. D’où ma devise : Toujours indulgente, jamais complaisante.
Espiègle et polémiste, j’aime le choc des idées.

Je suis impliquée depuis quelques temps dans le Parti conservateur du Québec, mettant ainsi en actions ma principale passion, la politique.

BLOGUE Quand les mathématiques font saliver

Je me souviens de mon prof de maths au secondaire. Jean Durand. Une institution dans l’institution du Séminaire Sainte-Marie. Une machine.

Par Jessie Mc Nicoll

Il vouvoyait les élèves et nous, en retour, on le tutoyait gros comme le bras, ce bon vieux Johnny.

Ceux qui y verraient un manque de respect auraient fort mal compris l’admiration qu’on lui portait. Il avait le don de rendre les concepts abstraits d’une « concrétude » enfantine.

Avant d’introduire une nouvelle notion comme la modulation de fréquence et d’amplitude, il pouvait prendre une heure complète à nous faire parler de la musique qu’on aimait écouter. Puis, il dérivait sur la qualité sonore des ondes FM versus celle des ondes AM. Sur le fait que le son monte à l’approche d’une tour AM et que la qualité augmente à l’approche d’une tour FM.

Bref, il nous abreuvait de préliminaires intellectuels, jusqu’à ce qu’on le supplie de nous transmettre ses précieuses connaissances.

Un jour, alors que la cloche avait sonné, on continuait de parler. Il est resté debout, sans rien dire. Jusqu’à ce qu’on se taise par nous-mêmes.

Puis, il a commencé son cours en disant que si on préférait placoter, il pouvait se taire toute l’heure durant, qu’il serait payé le même prix.

À partir de ce jour, on s’est tu à l’instant même où la cloche sonnait de crainte que Johnny ne mette sa menace à exécution et ne nous transmette pas les précieuses connaissances pour lesquelles il nous avait rendus si avides.

Il n’y avait pas de cellulaires à l’époque. Mais je ne crois pas que Johnny aurait eu besoin d’en saisir.