Ghislain Loiselle

Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d’autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

Il y a 100 ans, la grippe espagnole frappait!

Chef a domicile

La grippe espagnole, de triste mémoire.

2018… 1918… Cent ans se sont écoulés depuis la terrible guerre que les microbes ont déclaré à l’humanité, un conflit qui a fait en deux ans plus de morts chez les humains que les deux Guerres mondiales réunies.

Par Ghislain Loiselle

On estime que la grippe espagnole, comme on l’a erronément appelée, croyant qu’elle provenait d’Espagne parce que ce pays était le seul au monde à pouvoir parler ouvertement de cette maladie, n’étant pas en guerre, a fait 40 millions de victimes sur la planète.

C’est ce qui lui a valu le surnom de grande tueuse. En comparaison, la Première Guerre mondiale a fait plus ou moins neuf millions de victimes. Au Canada, au moins deux millions de personnes auraient contracté le virus de la grippe espagnole et plus de 50 000 d’entre elles en seraient décédées. On évalue à 14 000 le nombre de décès de la grippe espagnole au Québec. Le premier cas aurait été signalé à Québec le 26 septembre 1918 où il y aurait eu 500 morts. Sherbrooke était touchée le 27, puis, le 30, à Montréal, où les décès se seraient chiffrés à 3500. Peu de familles ont été épargnées à l’époque. Le Témiscamingue et l’Abitibi n’y ont pas échappé. Combien de témoignages ont circulé! Combien d’histoires ont été contées dans nos régions sur cette horreur!

La grippe espagnole était une pandémie, c’est-à-dire une épidémie à l’échelle mondiale. En 1918, le virus de l’influenza – c’est son nom aujourd’hui – gagnait donc l’Amérique pour y faire des milliers de victimes.

Il est probable que des militaires canadiens aient contracté le virus dans les tranchées de Vimy ou ailleurs pendant la Première Guerre mondiale. Il n’y a qu’à penser à ce que peuvent générer des cadavres, jour après jour, semaine après semaine, mois après mois. La première vague de pandémie de grippe espagnole, au printemps 1918, aurait, dit-on, pris naissance en Chine ou aux États-Unis.

Le microbe qui s’agrippe

La grippe puise ses origines dans l’Antiquité. Elle a été décrite pour la première fois par Hippocrate, 412 ans avant notre ère. Depuis, la maladie a connu plusieurs appellations. Elle a été nommée influenza au XIVe siècle et folette en 1733. En italien, le mot influenza évoque l’influence des astres et du froid. Le terme grippe provient du francique grippen, signifiant saisir.

La première pandémie de maladie d’allure grippale que l’on connaisse remonte à 1580. Depuis cette époque, 31 ont été recensées, dont trois au XXe siècle : en 1918, 1957 et 1968.

Aujourd’hui encore, la grippe touche une part importante de la population chaque année. Sa létalité (qui donne la mort) provient du fait que le virus peut subir des mutations rapides qui produisent de nouvelles souches contre lesquelles l’homme n’a pas d’immunité.