Ghislain Loiselle

Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d’autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

Les États-Unis auraient-ils dû tirer d’abord un coup de semonce sur le Japon?

On peut voir sur cette carte l'emplacement des villes atomisées.

Compte tenu de la force phénoménale de la bombe atomique, les États-Unis d’Amérique auraient-ils dû tirer un coup de semonce, bref, faire exploser une de leurs bombes nucléaires sur le Japon, mais dans une zone inhabitée plutôt que de lancer celle du 6 août 1945 sur Hiroshima, une ville de 340 000 habitants, incluant des enfants, des femmes, des hommes, des bêtes?

Par Ghislain Loiselle

Un coup de semonce, ai-je besoin de le préciser, c’est un avertissement appuyé par un coup de feu.

Est-ce qu’un coup de semonce de cette ampleur aurait amené le pays nippon à capituler? Sinon, une menace ajoutée à l’effet de viser cette fois une ville fortement peuplée, sans la nommer? Cela aurait-il contraint le Japon à la reddition?

Il me semble que, compte tenu du fait que des civils étaient impliqués, il aurait été fortement de mise de tirer un coup de semonce. C’est mon analyse. Une bombe larguée après coup sur Hiroshima aurait été plus justifiée advenant une persistance du pays du Soleil levant à poursuivre la guerre contre les États-Unis. Et peut-être que celle lancée ensuite, le 9 août 1945, sur une ville de 195 000 habitants, Nagasaki, n’aurait pas eu à l’être, devenant inutile après la levée d’un drapeau blanc.

Donc, un coup de semonce, d’abord. Ensuite, une autre bombe.

Au lieu de cela, le Japon a eu droit à une bombe sur Hiroshima (95 000 à 166 000 morts) et à une autre sur Nagasaki (60 000 à 80 000 morts).

La bombe d’Hiroshima.

Hiroshima était le siège de la 5e division de la deuxième armée générale du Japon et le centre de commandement du général Shunroku Hata.

La bombe de Nagasaki.

Nagasaki a été choisie, elle, pour remplacer la cité historique de Kyoto.

Dans la mesure où les dirigeants japonais avaient rejeté les conditions de l’ultimatum de la Conférence de Postdam, les États-Unis ont souhaité imposé au Japon un traité de reddition sans conditions comportant l’éviction de l’empereur Hirohito et l’adoption d’un régime politique démocratique. Selon certains auteurs, le gouvernement américain souhaitait aussi, puisque ses deux armes nouvelles étaient opérationnelles (l’une à l’uranium, l’autre au plutonium, un  »déchet » de l’uranium), tester ces dernières en vraie grandeur et montrer ainsi aux autres pays, en particulier à l’URSS, la supériorité de feu décisive qu’elles donnaient aux États-Unis. Ces bombardements, que d’aucuns ont placé au rang des crimes de guerre des Alliés, ont été l’acte inaugural de la Guerre froide, mais sont restés la seule utilisation des armes nucléaires durant un conflit. C’est finalement le 14 août 1945, à la suite de ces bombardements, mais aussi après l’invasion soviétique de la Mandchourie à compter du 8 août, et de la reddition de l’Armée japonaise du Guandong, le 10 août, que le gouvernement impérial japonais a cédé. Moins d’un mois plus tard, la signature de l’acte de capitulation du Japon, le 2 septembre 1945, mettait fin à la Deuxième Guerre mondiale.

 

Un survivant de Nagasaki.