Samuel Fillion Doiron

Étudiant en Enseignement de l’univers social et de l’éthique et culture religieuse au secondaire, vice-président régional de la Capitale Nationale et de Chaudière-Appalaches au Parti conservateur du Québec.

Petite pensée pour la rentrée des classes

Chef a domicile


Je cherchais cette semaine de quoi j’allais vous parler, alors je suis allé faire un tour sur les sites des différents médias du Québec et quelle ne fut pas ma surprise de tomber sur un article vantant le retour des tests de Q.I. à l’école. Article qui a malheureusement passé sous le radar puisque, à sa sortie, nous étions en pleine période des Fêtes et personne ne se préoccupait de l’actualité (je plaide coupable également).

Je pense que c’est un sujet qui mérite d’être débattu, car il est directement lié au décrochage scolaire et qu’au Québec, nous avons un sérieux problème avec cela. En effet, comme je l’ai dit par le passé, c’est environ la moitié des garçons qui n’obtiennent pas leur DES en temps régulier. Qu’est-ce que les tests de Q.I. ont à voir avec le décrochage scolaire, me demandez-vous?

D’abord, il faut savoir qu’un test de Q.I. ne mesure pas l’intelligence d’une personne, mais seulement sa capacité à s’adapter au monde scolaire. Il s’agit donc d’un outil très pertinent pour savoir quel élève peut potentiellement être en difficulté d’apprentissage. C’est pour cela que je pense que chaque élève devrait passer un test de Q.I. au moins 3 fois dans tout son parcours scolaire dont au moins une fois dès l’entrée au secondaire… avec quelques bémols.

Un test de Q.I. n’est pas le seul outil qui doit être utilisé; ce serait en fait plutôt idiot de se baser uniquement sur cela pour adopter un plan d’intervention auprès d’un élève en difficulté. De plus, le résultat du test de Q.I. ne devrait en aucun cas être donné à l’élève.

Pourquoi?

Parce que l’une des raisons principales du décrochage scolaire est le manque de motivation et, pour un élève en difficulté d’apprentissage, se sentir stigmatisé et rangé dans la catégorie des « moins bons » ne l’aidera pas à se dire qu’il peut s’améliorer, performer et finalement obtenir son diplôme. C’est sans compter les « j’ai un meilleur Q.I. que toi » qui risquent de devenir des pommes de discorde entre les élèves et de rejeter assez vite les élèves les moins doués.

Quand même tes amis et les activités parascolaires ne te donnent plus envie de rester à l’école et qu’en plus, tes notes ne sont pas suffisamment hautes pour obtenir ton diplôme, dis-moi quelle raison il te reste pour demeurer sur les bancs d’école?

Pour garder nos jeunes à l’école, il faut des bons enseignants qui arrivent à susciter l’intérêt auprès des élèves qui détestent sa matière (vos enseignants les plus marquants sont souvent ceux qui enseignent bien, indépendamment de la matière, n’est-ce pas?). Il faut des outils pour contrer et identifier les difficultés d’apprentissage et, une fois qu’elles sont identifiées, des spécialistes disponibles pour travailler avec les élèves en difficulté, mais surtout, il faut de la motivation.

En cette nouvelle année 2018 qui commence et avec la rentrée des classes dès lundi, je souhaite que les parents aient assez de motivation à transmettre à leurs enfants et qu’ils les soutiennent à travers leurs potentielles difficultés scolaires. Je souhaite également que nos enseignants soient capables d’aller chercher leurs élèves et leur donner envie de venir à l’école.

Finalement, si vous n’avez pas compris où je m’en allais avec cette chronique, sachez que j’ai commencé en parlant d’un outil spécifique et que j’ai utilisé un effet d’entonnoir inversé pour remonter vers la motivation en passant par le décrochage scolaire, les ressources dans les écoles et même la famille. Parce que oui, l’éducation demande une vision globale et ce n’est pas en ajoutant de temps en temps un petit outil ou quelques millions de dollars que tu règles tous les problèmes.

Bonne année 2018!!