Ghislain Loiselle

Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d’autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

Un composé chimique qui tue des milliers de personnes n’est pourtant pas retiré

ABONNEZ-VOUS À DIXQUATRE.COM PAR COURRIEL!

Saisissez votre adresse électronique afin de vous abonner à Dixquatre.com. Vous recevrez une notification par courriel aussitôt qu’un nouvel article sera publié, vous permettant ainsi de demeurer à l’affût de toutes les dernières nouvelles!

Rejoignez 131 autres abonnés

On retrouve sur Terre une substance chimique incolore et inodore qui cause la mort de milliers de personnes à chaque année. Elle peut entraîner la mort par asphyxie si on la respire. Son ingestion excessive peut causer des effets néfastes : sudation, nausées, vomissements, déséquilibre électrolytique corporel et même la mort. Le contact prolongé de cette dernière à l’état solide sur la peau peut provoquer des lésions des tissus. On l’a détectée dans des tumeurs et des lésions précancéreuses. Elle serait le principal agent à l’origine d’œdèmes. In vitro, elle provoque l’éclatement des cellules humaines.

Par Ghislain Loiselle

Ce composé est pourtant en libre circulation, n’est pas interdit, n’est nullement retiré de l’environnement, depuis le temps.

Il porte plusieurs noms, mais il s’agit dans tous les cas de la même chose : monoxyde de dihydrogène; hydroxyde d’hydrogène ou d’hydronium; acide oxydrique; acide hydroxyque; hydroxyde d’oxonium… Mais on le connaît surtout sous son nom formé de trois lettres : eau. Ou sous son symbole chimique : H2O.

Eh oui. On peut se noyer, s’étouffer à mort, se brûler l’épiderme avec de la glace, etc. Tous ces mots scientifiques pour désigner l’eau ont été à l’origine de canulars monumentaux, sur la planète, au cours des dernières décennies. Des gens se sont bien payé la gueule de plusieurs. Et cela amuse encore lecteurs et auditeurs…

Quand hydrogène et oxygène sont synonymes de mort

Plus sérieusement, il est tout de même curieux que l’eau soit source de vie alors qu’elle est effectivement également symbole de mort. Et il est bizarre que ses constituants en particulier, l’hydrogène et l’oxygène pris séparément, peuvent être sources de décès…

L’hydrogène est le premier élément du tableau périodique et le plus abondant dans l’Univers (75 % de la masse universelle). Son noyau est composé d’un proton. C’est à partir de l’hydrogène que tous les éléments du Cosmos ont pu se constituer.

Il s’agit aussi d’un gaz hautement inflammable et explosif. L’hydrogène est plus dangereux que les carburants traditionnels.

La petite taille de la molécule d’hydrogène lui permet de s’échapper à travers des ouvertures de taille extrêmement faible. Le risque de fuite est donc plus élevé avec l’hydrogène qu’avec les autres combustibles. Lorsqu’une nappe d’hydrogène se forme, le risque d’inflammabilité est nettement plus élevé que pour une nappe d’essence ou de gaz. L’énergie requise pour l’enflammer est environ 10 fois plus faible que pour le gaz naturel. L’hydrogène se disperse plus rapidement que les carburants traditionnels. Il se dilue quatre fois plus vite dans l’air que le gaz naturel et 12 fois plus vite que les vapeurs d’essence. Cette volatilité est toutefois un facteur protecteur limitant la formation de nappes d’hydrogène. La réputation de l’hydrogène pâtit de l’explosion de la navette Challenger en 1986 et du dirigeable Indenburg en 1937. Mais il est toujours utilisé dans l’aérospatial.

L’oxygène est le huitième élément du tableau périodique. Son noyau atomique est composé de huit protons et d’autant de neutrons.

L’oxygène constitue un poison pour les organismes anaérobies stricts. Ces derniers ont dû s’adapter ou disparaître tandis qu’apparaissaient des êtres vivants aérobies nécessitant de l’oxygène pour vivre. En réalité, l’oxygène peut être la meilleure et la pire des choses : il tue les anaérobies stricts, mais aussi les aérobies au-dessus d’une concentration critique. Certains globules blancs du sang l’utilisent d’ailleurs pour former des dérivés toxiques détruisant les microbes qu’ils ingèrent. L’oxygène peut être aussi à l’origine de redoutables pathologies pulmonaires ou inflammatoires et de cancers. De plus, il est très vraisemblablement impliqué dans les processus de vieillissement. L’oxygène peut donc se révéler toxique alors que sous forme gazeuse sa réactivité chimique est faible.