Olivier Kaestlé

Diplômé d’un baccalauréat en littérature française (Université du Québec à Trois-Rivières) et d’un certificat en journalisme (Université Laval), Olivier Kaestlé a commencé à s’exprimer dès 2006 dans les tribunes d’opinion sur une pléthore de sujets. C’est en créant son blogue en 2009 qu’il a choisi de se consacrer presque exclusivement à la condition masculine et à la dénonciation des injustices et iniquités vécues par les hommes et les garçons, tout en se vouant à la lutte à l’intégrisme religieux, qui menace de plus en plus les femmes et les filles ayant la chance de vivre selon les valeurs civilisées du Québec. Olivier co-anime également avec Lise Bilodeau l’émission « Tant qu’il y aura des hommes…  » sur les ondes de Radio Média Plus.ca.

Une éditrice du Huffington Post appelle à « tuer tous les hommes »…

Appeler au génocide des hommes serait-il devenu acceptable d'un point de vue féministe ?

Évidemment, il ne fallait pas s’attendre à ce que nos frileux médias québécois traitent cette nouvelle pour le moins explosive, mais il n’en demeure pas moins qu’Emily McCombs, éditrice sur les questions familiales (sic) au très féministe Huffington Post USA, a jugé pertinent de présenter, sur son compte Twitter, les deux résolutions de Nouvel An suivantes :

« 1- Cultiver les amitiés féminines (Cultivate female friendships.)

« 2- Se réunir afin de tuer tous les hommes (Band together to kill all men.) »

Devinez quoi ? Aux dernières nouvelles et malgré cet appel au génocide mondial de la gent masculine, Mme McComb travaille toujours au Huffington Post. Bien sûr, elle n’a pas tardé à retirer un tweet aussi incriminant que violemment fanatisé, mais il n’en reste pas moins que de nombreuses captures d’écran en ont été faites et circulent allègrement sur Facebook.

Un tweet pour le moins inquiétant…

Comment expliquer pareil silence ?

Considérons seulement le point de vue de nos médias sociaux, dont les médias officiels se font de plus en plus les échos. Avez-vous constaté une quelconque indignation comparable à celle suscitée par Guy Nantel à propos de son sketch anodin sur Alice Paquet, par exemple ?

Avez-vous eu vent de montées de lait similaires ? De déchirement de chemise frénétiques sur la place publique ? De menaces de mort par un déséquilibré décidé à liquider Mme McComb ? Sait-on si, comme l’humoriste controversé, l’éditrice du Huffington Post a vu sa mère bouleversée, son conjoint ou sa conjointe terrorisée, son garçon (imaginez, elle en a un !) menacé d’agression sexuelle ?

Et maintenant voici la question inévitable : imaginez si un éditeur du Huffington Post USA, de sexe masculin, avait commis l’étourderie mortifère de présenter comme résolution de Nouvel An de « se réunir afin de tuer toutes les femmes. » Croyez-vous un instant que la planète entière n’aurait pas été sur le point d’exploser ? Pensez-vous qu’il aurait gardé son emploi ? Imaginez vous qu’il n’aurait pas fait l’objet d’une enquête policière ?  Toutes ces conséquences ont été épargnées à Emily McCombs.

Comment ne pas constater la puissance d’un double-standard médiatique, qui n’est que le reflet de l’état comateux de nos sociétés occidentales sur le sexisme omniprésent pourtant remarquable dont les hommes sont les cibles ? Est-ce à dire que les campagnes #metoo et #balancetonporc aient pu contribuer, en plus de tirer aveuglément sur tout ce qui bouge, à banaliser jusqu’à des menaces de génocide ?

J’ai moi-même été blogueur au Huffington Post Québec pendant plus de deux ans avant que sa direction ne ferme sauvagement mon blogue du jour au lendemain en invoquant pour motif qu’il voulait « se retirer du débat masculinisme vs féminisme ». Apparemment, la section québécoise de ce média avait cédé aux pressions des féministes que mes billets indisposaient.

Je veux bien croire que le Huffington Post Québec est, selon l’expression consacrée, une société distincte de sa grande sœur américaine, mais je n’en demeure pas moins convaincu que si une éditrice québécoise de ce média se permettait le même écart éthique et humaniste grossier et mortifère que celui de McCombs, elle resterait à son emploi et continuerait sa petite bonne femme de chemin.

En 2018, même les féministes les plus haineuses sont devenues intouchables. Ma résolution personnelle pour 2018 : ne les tolérons plus et dénonçons-les !