Ghislain Loiselle

Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d’autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

BLOGUE Le chemin de fer au Témiscamingue : une histoire joyeuse… et une triste histoire!

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La Chambre de commerce de Ville-Marie a bataillé dur pour gagner et ne pas perdre des services au Témiscamingue.

L’histoire du chemin de fer au Témiscamingue est un mélange de joie et de tristesse. C’est comme si la région témiscamienne avait pu profiter des avantages d’une époque alors qu’elle accédait peu à peu à un autre temps.

Par Ghislain Loiselle, blogueur

ghislainloiselle.blogspot.com

Le 10 mars 1924, le Canadien Pacifique inaugurait sa voie ferrée débouchant à Angliers, au pied du lac des Quinze, où une gare était construite. Quel bonheur!

Mais dès les années 1930, la même compagnie projetait d’enlever le service de transport de marchandises sur sa ligne Témiscaming-Kipawa-Angliers. Quel malheur!

Déjà, dans ces années-là, avant la Deuxième Guerre mondiale, le transport longue distance par camions était en plein essort et faisait concurrence aux rails. Oh, le service régulier a finalement été maintenu, mais les années du chemin de fer étaient déjà comptées. Dans les années 1950, c’était le service de transport des voyageurs qui était cette fois remis en question. Oh, en 1957, le CP a bien décidé de poursuivre cet autre service. Mais pour combien de temps? Au début des années 1970, la ligne menant à Angliers était abandonnée et en 1977 c’était la fin de l’exploitation de la ligne Témiscaming-Laverlochère que le CP demandait. L’entreprise allèguait le faible achalandage et la non-rentabilité. Les affaires sont les affaires. Quoique, pour des services publics… En tout cas, en 1985, des audiences publiques ont eu lieu à Ville-Marie sur la question. Cette même année, la Commission des transports du Canada rendait son verdict et donnait le feu vert pour l’abandon de l’exploitation des tronçons. En 1986, le Canadien Pacifique abandonnait définitivement le transport par chemin de fer au Témiscamingue et enlevait ses rails posées à compter de 1922.

Dire que le Témiscamingue, que le CP avait commencé à conquérir peu à peu après être entré à Témiscaming (Long-Sault à l’époque) en 1899, aurait voulu être relié par chemin de fer à Rouyn-Noranda, en Abitibi, et à l’Ontario, au Temiskaming ontarien, de l’autre côté du lac.

Une autre époque, pleinement vécue, au Témiscamingue.

En 1927, Rouyn et Noranda, qui avaient obtenu leurs statuts de villes l’année d’avant, avaient vu le train y effectuer son entrée. Deux compagnies différentes la même année en plus. Mais même à Rouyn-Noranda, le transport de personnes par train a pris fin avant 1980. Pour le transport de marchandises, ça continue toutefois, à cause notamment de la fonderie Horne qui reçoit du concentré et de la matière à traiter à son complexe sidérurgique et qui expédie des anodes de cuivre et de l’acide sulfurique, par train. Le camionnage a bel et bien supplanté le train, au Témiscamingue. Et même en Abitibi. Pour le transport des voyageurs, l’autobus s’en est chargé. Et tout le monde a des autos aujourd’hui. Sauf que la ligne d’un océan à l’autre passant par Senneterre est toujours maintenue. Des veines ont été sacrifiées, mais pas l’artère principale. S’il fallait. Le Canada en perdrait un peu sa devise.

Jadis, il y avait des gares, des locomotives, des wagons à Témiscaming, Kipawa, Fabre (1922), Béarn, Lorrainville, Ville-Marie (1923), Laverlochère, Angliers (1924). Lorsque le train avait débouché à Témiscaming, depuis Mattawa, après les chemins à lisses de 1880, 1890, c’était extraordinaire. Finis les portages. Finie l’attente de l’été pour voyager sur les cours d’eau. Dès 1885, l’Église et la population témiscamienne demandaient la construction de la ligne Matawa-Long-Sault, eux qui avaient déjà installé des chemins de fer artisanaux pour contourner les rapides sur la rivière Outaouais. Si je pouvais voyager dans le temps, j’aimerais vraiment beaucoup aller me promener au Témiscamingue dans ce temps-là, à la fin du 19e siècle et au début du 20e.