Olivier Kaestlé

Diplômé d’un baccalauréat en littérature française (Université du Québec à Trois-Rivières) et d’un certificat en journalisme (Université Laval), Olivier Kaestlé a commencé à s’exprimer dès 2006 dans les tribunes d’opinion sur une pléthore de sujets. C’est en créant son blogue en 2009 qu’il a choisi de se consacrer presque exclusivement à la condition masculine et à la dénonciation des injustices et iniquités vécues par les hommes et les garçons, tout en se vouant à la lutte à l’intégrisme religieux, qui menace de plus en plus les femmes et les filles ayant la chance de vivre selon les valeurs civilisées du Québec. Olivier co-anime également avec Lise Bilodeau l’émission « Tant qu’il y aura des hommes…  » sur les ondes de Radio Média Plus.ca.

BLOGUE Éliane Gamache-Latourelle, étrange ambassadrice de « la cause des femmes »…

Chef a domicile

Jusqu'à quelles extrémités invoquera-t-on encore « la cause des femmes » ?

S’agit-il d’un signe des temps, d’une époque troublée où, sous la poussée émotionnelle de #metoo et de #balancetonporc, les femmes sont plus que jamais présentées comme des victimes millénaires de méchants hommes oppresseurs ? Toujours est-il que nous avons pu récemment assister à une nouvelle dérive de ce qu’on va finir par appeler de plus en plus ironiquement « la cause des femmes ».

Dans un papier assez remarquable signé Nathalie Petrowski, Éliane Gamache-Latourelle, la présumée millionnaire dont la réussite apparente suscitait l’admiration dès 2014, a vu son étoile pâlir au point de s’éteindre sous le souffle vengeur d’une douzaine de témoignages lapidaires répertoriés par la chroniqueuse de La Presse. En voici un :

« Ariane Leduc, qui a racheté en avril 2017 L’Activatrice, l’entreprise de coaching d’affaires de la pharmacienne, est tombée des nues en ouvrant ses livres. Selon les états financiers consultés, l’entreprise avait enregistré une perte nette de 52 196 $ en 2015, un an après sa création. » Une question, tout de même : madame Leduc n’aurait-elle pas pu consulter ces livres avant le rachat ?

Les femmes, ses principales victimes…

Soulignons que madame Gamache-Latourelle ciblait une clientèle féminine en misant sur son image de jeune femme d’affaires ingénieuse et conquérante : « La « jeune millionnaire » en a profité pour attirer l’attention d’une clientèle féminine, jeune, inexpérimentée, mais enthousiaste et prête à débourser 5000 $, le prix d’entrée pour un an de coaching à L’Activatrice. Quant à celles qui manquaient de moyens, mais pas d’ambitions, elles pouvaient toujours s’inscrire au programme EDR – Entrez et devenez riche – offert par la femme d’affaires au prix de 150 $ pour la journée. »

Éliane Gamache-Latourelle tablait sur l’insécurité de ses « pigeonnes » : « La clientèle de la jeune millionnaire était constituée, entre autres, de jeunes femmes, en période de transition et souvent vulnérables. Selon sept d’entre elles, la pharmacienne jouait sur leurs faiblesses, leur répétant qu’elles étaient « capables », mais se fâchant si elles ne suivaient pas ses conseils. »

Une ex-cliente, qui tenait à rester anonyme mais qui ne s’est pas laissé avoir, s’exprimait ainsi : « Éliane est une femme très convaincante et très convaincue. […] Son grand talent, c’est de repérer des gens qui traversent des périodes difficiles et d’exploiter leur vulnérabilité. »

« Tout faire pour arrêter les abus et les agressions faites aux femmes ».

Comment, à la lumière de ces extraits du reportage détaillé et minutieux de Nathalie Petrowki, ne pas sursauter en lisant, dans le Huffington Post, les déclarations d’Éliane Gamache qui se dit victime de la chroniqueuse :

« En après-midi, Éliane Gamache-Latourelle a d’abord écrit un long message dans lequel elle réagit à sa façon au tollé médiatique la concernant. Elle y exprime avoir passé « des moments extrêmement difficiles » mais être « de retour », affirme être « résiliente » et détaille son désir de désormais « porter une cause et tout faire pour arrêter les abus et les agressions faites aux femmes ».

Vous avez bien lu. Si tout ce que Nathalie Petrowski a consigné dans son reportage est exact, il est pour le moins déconcertant de lire les propos d’une femme qui aurait abusé de la confiance de jeunes « entrepreneuses » affirmer en retour vouloir faire arrêter les abus et les agressions sur la gent féminine… La douzaine de témoignages divulgués par la chroniqueuse seraient-ils tous sans fondements ? Ces gens qui se disent floués seraient donc tous des menteurs ?

Poursuivant sur sa lancée, Gamache-Latourelle s’adresse ainsi à Nathalie Petrowski : « Je tenais à vous dire que j’ai toujours eu de l’admiration pour vous… sauf à partir du moment où vous avez sauté la clôture… Le moment où votre éthique a été en distorsion avec vos côtés d’écoutes [sic] ainsi que vos revenus personnels …Vos agressions gratuites sont une honte pour les femmes du Québec.»

« Une honte pour les femmes du Québec ! » Jusqu’à quelles extrémités invoquera-t-on la « cause des femmes » pour défendre le hasardeux, voire l’indéfendable ? Depuis l’affaire Ghomeshi et celle d’Alice Paquet, nous avons eu affaire à des ambassadrices dont l’imposture a été démontrée. Les femmes ont-elles besoin de telles porte-parole pour défendre les problématiques qui leur sont propres ?