Claude Aubin

Claude Aubin: Sergent détective à la retraite du S.P.V.M., il a travaillé sur les groupes organisés tels la mafia Russe, les groupes Jamaïcains, les Pakistanais et les gangs de rues. Il aura plus de 5,000 arrestations à son palmarès. Puis de 2003 à 2012 il devient chroniqueur au Photo Police, en plus d’écrire trois livres et faire un peu de cinéma. En 2014, il se retrouve blogueur au Huffington Post. Et devient collaborateur au Dixquatre.com

BLOGUE Le contrat social, ça donne quoi?

Si un criminel n'obéit pas à vos ordres, tournez les talons en haussant les épaules, vous ne serez jamais dans le trouble.

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Le contrat social, qu’oss ça donne?

Je ne sais pas quand, mais quelqu’un quelque part a sûrement déchiré le papier où était écrit le contrat social. Vous savez, ce truc où c’était marqué, tu ne tues pas, tu ne voles pas, tu traites les autres comme tu voudrais être traité, tu respectes les règles établies par la société.

Quelqu’un a changé ça pour « les droits et libertés » de la personne. Maintenant, la société ne prime plus; « tu es la personne la plus importante du monde ». La société doit tourner autour de toi et non le contraire. Personne n’a expliqué qu’avec des droits, il y avait des devoirs. C’est simple, un devoir est un acte à accomplir dans le but que la société puisse fonctionner.

Dans ces devoirs, il y a le respect des autres et celui des lois criminelles, pénales, des codes comme celui de la route, des règlements, comme ceux dictés par les villes et tous les autres qui font que le vivre ensemble se passe en harmonie.

Dans un appartement, si nous sommes deux, les règles peuvent être souples. Si d’aventure vous augmentez le nombre, les règles se doivent d’être plus suivies, sinon, c’est le chaos. C’est assez simple à comprendre.

Sachant que des gens ne se conformeront pas aux normes, la société, donc la population, a mis sur pied des mécanismes de protection de cette société. Des policiers, des tribunaux, et même des prisons. Tant que les normes sont assez bien respectées, tout va.

La charte des droits était et est encore une bonne chose.

La charte des droits était et est encore une bonne chose. Mais quand des experts poussent et étirent ces droits, tout en étant fiers d’ajouter leurs noms aux jurisprudences, ils ne comprennent pas que fatalement la société glisse vers une dérive.

Nous assistons à des règles probablement justes (Arrêt Jordan), mais qui auraient pu s’établir autrement.

D’autres maintenant fonctionnent depuis quelques années. Le fameux « mandat d’entrée ». L’homme est recherché pour meurtre, vol ou, peu importe, il y a un mandat pour son arrestation, mais il faut un mandat pour entrer chez lui. S’il vit dans un bloc où sa famille réside, et c’est arrivé, s’il entre chez sa mère, disons… Il faut retourner voir le juge pour un autre mandat. Ça vous tente de travailler?

Des jeunes font la fête dans un parc, ils ont une caisse de bière et jouent aux dés pour de l’argent. Ce n’est pas le crime du siècle, mais si comme policier, tu laisses faire, comment les citoyens vont-ils se sentir? Si le policier demande aux jeunes de s’approcher et qu’ils décident de t’ignorer et que tu laisses couler, alors on n’a plus besoin de policiers.

Quand, lors de manifestations, tes patrons te défendent de sortir du poste, juste pour ne pas envenimer la situation. Plus besoin de flics.

Ceci m’amène à la sentence du policier de la SQ, pour homicide involontaire. Ce policier exemplaire, tirant en direction d’un jeune voleur de voiture ayant pris la fort mauvaise décision de foncer vers lui, se retrouve dans une merde sans nom.

Disons que le gamin, en voyant le policer, décide de ne plus bouger et comprend que la virée est terminée. Rien de tout cela n’arrive.

Désolé, lisez bien le contrat social. Clause 2 : Tu ne voles pas et tu ne tentes pas de tuer. Tu respecteras les règles et l’autorité. Le policier fait un job de protection de société et l’autre a pris une décision stupide. Alors, punissons l’officier de police.

Encore une fois, mercredi à Gatineau, un agent a tiré sur un jeune. Voilà, les réseaux sociaux s’enflamment : MEURTRE commis par un policier. En fait, il faudrait quand même attendre qu’il meure. Mais lisons bien… Le jeune décide d’aller en griller une. L’agent lui demande de rester sur place. Le tout se termine par une bagarre pendant laquelle le garçon aurait enlevé le bâton du policier pour le frapper à la tête.

Oui, le tout aurait pu finir autrement, mais, encore une fois, un individu pour le moins impulsif, se foutant totalement du contrat social, décide de ne pas obtempérer à une demande d’un officier de la loi. Papa dira que son fils a un caractère enflammé, qui faisait de petits mauvais coups, mais qu’il n’était pas un cas perdu. Il dira aussi qu’il avait une révolte de la police depuis qu’un ami proche avait été abattu par la police en 2015. Maman écrit sur les réseaux sociaux que son fils venait d’écoper de 6 mois de détention pour un crime.

J’ai une suggestion pour tous les policiers de la province, j’avais fait celle-ci à l’époque dans l’affaire Gosset. Allez tous porter votre arme aux différents QG des villes et de la Sûreté. Ainsi, vous éviterez de tirer et d’être mis en prison. Si d’aventure vous avez à vous rendre sur un crime majeur, attendez que la scène soit sans danger. Ne poursuivez pas le criminel, il pourrait se blesser, ceci par votre faute. S’il n’obéit pas à vos ordres, tournez les talons en haussant les épaules, vous ne serez jamais dans le trouble.

Quand personne ne t’écoute, contrat social, ça donne quoi?

Libre édition Claude Aubin
Libre édition Claude Aubin