J’ai abordé le marché du travail avec des idées préconçues, à l’effet que les patrons étaient des exploiteurs, que les normes du travail étaient instaurées pour protéger les droits des travailleurs et qu’on devait faire valoir ces normes «minimales». Au fil des années, j’ai constaté que ceux qui réussissaient là où j’échouais, tenaient un tout autre genre de discours, et j’ai décidé de m’en inspirer. Ce fut le début de mon virage à droite et, de façon étonnamment rapide, de l’augmentation de mes revenus et de ma qualité de vie. D’où ma devise : Toujours indulgente, jamais complaisante.
Espiègle et polémiste, j’aime le choc des idées.

Je suis impliquée depuis quelques temps dans le Parti conservateur du Québec, mettant ainsi en actions ma principale passion, la politique.

BLOGUE|Les élus-minés : sauver des vies si et seulement si ça conforte l’idéologie

Si les armes de Bissonnette avait été entreposées chez un confrère qui reste près de chez lui ou qui a des habitudes semblables de fréquentation du club de tir, on aurait probablement pu sauver ces pères de famille qui sont tombés sous les balles.

Il y a un agenda. Je ne suis ni paranoïaque, ni adepte de la théorie du complot, je constate. Je ne compte plus les années depuis que j’ai commencé à me taper la documentation scientifique entourant les armes à feu et leur contrôle. Et malgré le temps passé à me documenter sur la question, quand j’ai présenté le mémoire de « Tous contre un registre québécois des armes à feu » devant les élus-minés de l’Assemblée nationale, on n’y a pas accordé le moindre intérêt.

https://jessiemcnicoll.files.wordpress.com/2016/04/memoire-loi-64-tous-contre-un-registre.pdf

Pourtant, je démolissais sans équivoque, preuves à l’appui, les arguments qui servaient à justifier l’instauration d’un registre. Qu’à cela ne tienne, la politique n’est toujours-ben-pas-toé-chose pour commencer à tenir compte des faits! Qu’arriverait-il si les professionnel(le)s du chantage émotif se viraient le cul à la crèche et faisaient passer les politiciens pour des gros-méchants-sans-coeur-pas-gentils-pantoute?

Nanananon! On va prendre les précieux millions – qui pourraient évidemment sauver plusieurs vies s’ils étaient investis ailleurs – et on va les mettre dans un registre. Comme ça, si jamais ça sauvait une seule vie – même si la probabilité est inférieure à la résurrection d’un mort clinique –, ce serait au nom de la sacro-sainte idéologie. Hallelujah!!!

Importation de drames

Le AR-15 est parfait. Parfait pour faire peur. Il est noir, il a l’air méchant et c’est l’arme préférée des maudits Z’Amaricains! Il existe aussi – ô sacrilège! – dans une version qui permet le tir en mode automatique. Parfait pour faire de grossiers amalgames et créer la peur au sein de la population.

Qu’à celA – LENA – ne tienne!

On en parle comme si un Canadien pouvait se procurer un AR-15 automatique de façon légale. Or, les armes automatiques sont prohibées au Canada, et le libre-échange n’y peut rien!

Ce qui veut dire que quelqu’un qui avait une arme automatique légalement achetée et dûment enregistrées en date du 1er décembre 1998, qui en a possédé sans interruption depuis cette date, qui a renouvelé ses enregistrements avant qu’ils n’expirent en date du 31 décembre 2002 peut avoir le droit de posséder une telle arme. Mais ce droit deviendra inexistant par attrition.

Le marché noir, sans discrimination

Bien évidemment, quelqu’un peut se procurer une arme automatique sur le marché noir, puisque le contrôle des armes à feu ne s’effectue que sur le marché légal. Mais les lois canadiennes ne permettent pas à une personne d’acquérir légalement ce type d’arme à feu. Par ailleurs, le AR-15 est bel et bien légal dans sa version semi-automatique. Mais contrairement au discours démagogique largement utilisé dans les médias de masse, la tuerie de la Floride appartient à la Floride.

Il n’y a PAS de libre accès aux armes au Canada.

Même un vulgaire fusil de chasse aux canards ou une carabine .22 ne peuvent être achetés légalement par une personne qui ne détient pas un permis de possession et d’acquisition d’armes à feu. Idem pour les munitions.

Une arme à autorisation restreinte

Qui plus est, un permis de possession et d’acquisition d’armes à feu standard ne suffit pas à pouvoir acquérir légalement un AR-15. Bah non! Le  »libre accès » canadien aux armes à feu exige que la personne détienne un permis de possession et d’acquisition d’armes à feu RESTREINTES. Plus cher, nécessitant un cours supplémentaire (deux au Québec, CCSMAFR et Loi 9) et des vérifications supplémentaires avant que le permis en question ne soit accordé.

Hors du contrôle des armes, point de salut!

Je me suis tapée une lecture fort bien documentée récemment, qui vient renforcer une conclusion à laquelle j’en étais déjà venue.

« En dépit des milliers d’articles écrits sur la question, aucune étude n’a pu véritablement démontrer et en toute impartialité que les lois entourant le contrôle des armes à feu permettaient de réduire de façon significative le nombre de crimes violents ou de suicides. »

-Philippe Bensimon, criminologue, tiré de la publication suivante : Le registre des armes à feu : cafouillage ou réalité politique ?

Pendant ce temps, je crois qu’on néglige une piste d’action qui pourrait faire une différence : valoriser l’action directe de la communauté des propriétaires d’armes à feu. Certains se rappelleront qu’en soumettant cette idée en Commission parlementaire, ça nous aura valu d’être assimilés à des anarchistes par le libertarien défroqué, Martin Coiteux.

Dangereux anarchistes au bilan plus que brillant

Cette communauté de propriétaires d’armes à feu, qui fait l’objet du mépris des élus, est constituée de gens, il faut le rappeler, qui sont trois fois moins à risque de commettre un homicide dans leur vie qu’un citoyen moyen et qui souhaitent plus que n’importe qui que les armes à feu ne soient jamais utilisées à mauvais escient.

Raison pour laquelle il est commun d’offrir à quelqu’un d’entreposer ses armes chez nous lorsqu’il traverse une période difficile, une séparation, un deuil, etc. Cette pratique a pour effet premier de sortir les armes des maisons où le risque est augmenté tout en marquant l’appartenance à une communauté soutenante et non pas répressive.

Effets pervers du contrôle versus effets protecteurs du soutien communautaire

Certains propriétaires d’armes à feu en détresse hésitent à consulter un professionnel, de crainte de se voir privés de leur passion. C’est un fait bien réel. Aller consulter un médecin pour sa dépression est un coup de dés. Certains médecins vont investiguer de façon bienveillante pour évaluer le risque associé au fait que la personne en détresse possède des armes à feu. D’autres vont systématiquement dévoiler la situation aux autorités policières, le cauchemar numéro un des passionnés de tir sportif ou de chasse.

Pourtant, la communauté des propriétaires d’armes à feu peut se mobiliser autour de ces personnes. Ça se fait déjà à petite échelle, mais si le gouvernement reconnaissait les bienfaits de ce type de pratique au lieu de donner dans la répression à qui mieux mieux, on pourrait faciliter le traitement de la détresse chez les honnêtes propriétaires d’armes et minimiser les risques en attendant que son état de santé s’améliore.

Contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, aucun resserrement du contrôle opéré depuis 1974 n’aurait pu changer quoi que ce soit aux tueries qu’on a connues au Québec.

Par contre, en ciblant les personnes en difficultés et en leur offrant un support direct, tout en leur laissant accès à leur passion, on pourrait sauver des vies.

Gill avait demandé de l’aide au CLSC. Bissonnette était sous anti-dépresseurs, en plus d’être sous l’effet de l’alcool, au moment de commettre le massacre à la mosquée, comme 75% des auteurs d’homicides commis au Canada.

Si les armes de Bissonnette avait été entreposées chez un confrère qui reste près de chez lui ou qui a des habitudes semblables de fréquentation du club de tir, on aurait probablement pu sauver ces pères de famille qui sont tombés sous les balles.

Parce qu’il aurait été relativement facile pour celui qui aurait entreposé ses armes de lui dire : « Pas ce soir, tu as bu. Reviens me voir demain. »

Mais ça, ça ne conforterait pas l’idéologie.