Raphaël Fiévez, travailleur social belge, arrivé au Canada en 2011. Blogueur sur différents sites de médias, intéressé par le domaine de la politique et de la philosophie. Libre penseur et auteur indépendant. Intéressé aussi bien par l’actualité au Québec, Canada ou encore en Europe. Étudie la philosophie en autodidacte.

BLOGUE Salaire minimum et lutte des classes sociales

Faut-il augmenter le salaire minimum ? Peut-être.

Chef a domicile

La récente hausse du salaire minimum dans d’autres provinces du Canada engendre des réactions, des débats dans la société québécoise. Les experts comme les non-experts y vont tous de leurs théories économiques. Quelques-uns parlent d’un bienfait pour la société avec une augmentation de la consommation et la sortie de la pauvreté. D’autres expriment leurs craintes, car cela aurait des répercussions néfastes sur la viabilité des entreprises. N’étant pas économiste, je ne m’aventurai pas en disant si cela sera positif ou négatif pour l’économie. La seule chose dont je suis certain, c’est que le salaire minimum actuel est en deçà du montant nécessaire pour mener une vie décente.

Trop de gens travaillent et vivent en recevant un salaire minimum. Quand ceux-ci ont fini de payer les frais fixes relatifs au logement, aux achats alimentaires et aux frais de fonctionnement (cellulaire, électricité, etc.), il ne reste plus rien ou très peu pour vivre. Il ne faudrait pas que ces personnes tombent malades. Un seul couac, même anodin, devient un véritable problème à résoudre.

Malheureusement, avec l’avancée des années, nous remarquons que les gens vivent de plus en plus avec un budget restreint en raison d’un salaire minimum ou très petit. À côté de cela, nous avons des personnes millionnaires devenant milliardaires. Les riches s’enrichissent plus quotidiennement, les pauvres s’appauvrissent au même rythme ou plus rapidement. L’écart entre les riches et les pauvres s’agrandit à une vitesse vertigineuse.

L’écart entre les riches et les pauvres s’agrandit à une vitesse vertigineuse.

Les réactions en chaîne face aux idées et aux actions d’augmenter le salaire minimum montrent une réalité, parfois oubliée par certains : la lutte des classes sociales et économiques. Les gouvernements ont voulu nous faire croire que la lutte des classes était terminée. Ces derniers veulent que nous croyions que nous allons de mieux en mieux, que nous ayons tous la chance de pouvoir avoir accès à des systèmes gouvernementaux, que nous sommes tous traités de manière juste et égale devant la justice, et ce, peu importe le portefeuille. Mensonge ! Absurdité !

La lutte des classes est de plus en plus un sujet d’actualité, encore et encore.

Il existe bel et bien des pauvres et des riches. La classe ouvrière est toujours présente comme la bourgeoisie-propriétaire. Regardez ceux qui sont contre la hausse du salaire minimum. Ce sont souvent de grands patrons possédant des millions ou milliards en banque. Ces derniers ne savent même plus quoi faire de leur argent en raison de sa multiplication exponentielle via les banques, les paradis fiscaux, les avantages sociaux et économiques et l’inaction des gouvernements.

La hausse du salaire minimum nous montre, plus concrètement, la lutte des classes de notre époque.

La hausse du salaire minimum nous montre, plus concrètement, la lutte des classes de notre époque. Certes, nous ne parlons plus de prolétaires et de bourgeois, mais nous restons dans cette dynamique du dominé-dominant, du propriétaire-locataire ou du pauvre-riche.

Faut-il augmenter le salaire minimum ? Peut-être.

Doit-on augmenter la capacité citoyenne de participation, d’émancipation et d’autonomisation ? Oui, absolument.

La hausse du salaire minimum résoudra-t-elle les problèmes de l’écart entre les plus pauvres et plus riches ? Non, j’en doute.

Il faut changer et penser un nouveau système de répartition de la richesse.

Il faut changer et penser un nouveau système de répartition de la richesse. Les riches doivent partager en conséquence leurs gains dans le système social. Ils ne doivent plus avoir la possibilité de mettre leur argent dans des paradis fiscaux alors que des gens meurent de faim, de froid ou de soif dans nos sociétés.

Luttons pour plus de justice et d’équité entre les individus.

Créons notre utopie et notre rêve, tout en cultivant les semences d’une lutte contre l’ordre établi des riches milliardaires.

La lutte des classes n’a jamais cessé, elle est encore bien présente.

Le débat et les réactions réfractaires des grands dirigeants sont le symptôme d’un combat qui n’a jamais cessé.