Olivier Kaestlé

Diplômé d’un baccalauréat en littérature française (Université du Québec à Trois-Rivières) et d’un certificat en journalisme (Université Laval), Olivier Kaestlé a commencé à s’exprimer dès 2006 dans les tribunes d’opinion sur une pléthore de sujets. C’est en créant son blogue en 2009 qu’il a choisi de se consacrer presque exclusivement à la condition masculine et à la dénonciation des injustices et iniquités vécues par les hommes et les garçons, tout en se vouant à la lutte à l’intégrisme religieux, qui menace de plus en plus les femmes et les filles ayant la chance de vivre selon les valeurs civilisées du Québec. Olivier co-anime également avec Lise Bilodeau l’émission « Tant qu’il y aura des hommes…  » sur les ondes de Radio Média Plus.ca.

Californie : deux hommes accusent une élue féministe d’inconduites sexuelles…

Cristina Garcia, de militante à accusée...

Bizarre, tout de même, qu’une nouvelle concernant un événement survenu chez nos voisins du Sud fasse la manchette en France et reste totalement ignorée par nos médias québécois. Gageons qu’un homme politique aurait connu une plus grande visibilité médiatique… Je serai – encore une fois – le seul à en parler au Québec. Normal, je suis un méchant, méchant, antiféministe…

Le plus ironique est que l’accusée en question, Cristina Garcia, est une féministe qui a signé en octobre dernier une lettre ouverte dénonçant le harcèlement sexuel qui sévirait selon elle au sein du milieu politique californien. Militante active de #metoo, elle a de plus contribué à faire en sorte que les délais de traitement de plaintes d’inconduites ou d’agressions sexuelles deviennent plus courts. Elle s’en mord peut-être les doigts…

Je souligne ici que la présomption d’innocence de plus en plus menacée en ce qui concerne les accusés masculins doit être tout autant préservée envers une accusée féminine, peu importe la sympathie qu’elle inspire. Ou pas.

Dans le cas de Garcia, deux hommes ont porté plainte contre elle pour harcèlement sexuel. Que ces accusations soient fondées ou non, il est à parier qu’il aura fallu à ces plaignants encore plus de culot que pour des victimes féminines si l’on considère le peu de sensibilisation sociétale existant, aux États-Unis comme ailleurs en Occident, en ce qui concerne les victimes masculines d’inconduites sexuelles.

Le fait de devoir accuser une femme qui, par-dessus le marché, est une élue très en vue, n’a certainement pas facilité leurs sorties publiques.

C’est en février que le magazine Politico publiait la nouvelle à l’effet que Christina Garcia faisait l’objet d’une enquête interne pour « mauvaise conduite sexuelle ».

Un premier plaignant, Daniel Fierro, assistant d’un autre élu californien, a accusé la politicienne de lui avoir mis la main aux fesses avant de tenter d’en faire autant à ses organes génitaux au cours d’une partie de baseball à Sacramento, il y a quelques années. Il serait parti sans demander son reste et a déclaré avoir craint de porter plainte en raison de l’influence politique de la démocrate, devenue depuis vedette nationale avec son soutien publique à #metoo.

Un lobbyiste d’un important secteur industriel aurait été victime du même modus operandi, quand Garcia, éméchée, aurait tenté de lui attraper l’entre-jambe après lui avoir fait des avances dénuées de toute ambiguïté. Étant en pourparlers réguliers avec des élus californiens, l’homme d’affaires a désiré garder l’anonymat.

Or, il devait préciser à Politico que ce n’était pas la première fois que l’élue démocrate lui faisait des avances et qu’il craignait que ses refus nuisent à son industrie. C’est le fait d’avoir vu son agresseuse présumée se présenter comme porte-parole de #metoo qui l’aurait décidé à porter plainte.

Une soixantaine d’hommes ont démissionné ou ont été congédiés à la suite d’accusations d’inconduite, de harcèlement ou d’agressions sexuelles, dans la foulée de l’affaire Harvey Weinstein. Du côté féminin, hormis Cristina Garcia, une seule femme, Andrea Ramsey, dont nos médias n’ont, bien sûr, pas davantage parlé, a dû interrompre sa campagne visant l’obtention d’un siège au congrès du Kansas.

Une poursuite judiciaire, datant de 2005, est venue hanter son présent. Elle y était accusée d’avoir congédié un homme qui aurait refusé ses avances alors qu’elle était vice-présidente exécutive aux ressources humaines d’une compagnie appelée LabOne. La poursuite, qui visait la compagnie et non madame Ramsey, a donné lieu à une entente en 2006. L’ex-candidate, tout en admettant avoir supprimé le poste de l’employé, a nié les accusations.

Il est possible que l’ancienne femme d’affaires ait été la cible de fausses allégations de la part d’un ancien employé désireux de se venger comme il l’est tout autant que les accusations soient fondées. Si la première hypothèse est vraie, madame Ramsey aura été la première personnalité féminine à devoir subir les conséquences d’atteintes injustifiées à la réputation.

Pour ce qui est de Cristina Garcia, il faudra suivre le cours des événements pour avoir – éventuellement – l’heure juste. Les médias américains, moins frileux, et français nous aideront, espérons-le, dans cette tâche. Pendant ce temps, nos limiers québécois poursuivront leur petit roupillon…