Raphaël Fiévez, travailleur social belge, arrivé au Canada en 2011. Blogueur sur différents sites de médias, intéressé par le domaine de la politique et de la philosophie. Libre penseur et auteur indépendant. Intéressé aussi bien par l’actualité au Québec, Canada ou encore en Europe. Étudie la philosophie en autodidacte.

Le contenant au lieu du contenu ou le culte de l’apparence

Si vous en doutez, il suffit de regarder notre premier ministre du Canada.

Tout va trop vite. Nous n’arrêtons pas de nous plaindre de ne pas avoir assez de temps. Et malheureusement, ce sentiment nous entraîne vers des pratiques de vie néfastes. Quand nous n’avons plus le temps, nous nous arrêtons très peu sur les détails. En soi, nous regardons, mais nous n’observons pas. Nous entendons sans écouter. Nous passons de chimères en chimères, de paroles vaines en paroles oubliées, de gestes en gestes sans y penser la signification.

En faisant simple, nous vivons dans un monde d’apparences. Nous ne prêtons plus attention aux raisons d’un discours, à la pensée derrière les mots et l’intention du geste. Non, nous jugeons, ou pire, nous jugeons par procuration.

Personne n’échappe à ce culte de l’apparence, ni même les politiciens. Peu importe l’idée si elle paraît bonne. Faisons tout ce que nous pouvons pour bien paraître. Le paraître a pris la place de l’être. Une belle absurdité et défaite pour l’humanité.

 Savons-nous la raison de ce voyage de notre premier ministre ? Non, ou très peu. Apparence, quand tu nous tiens.

Si vous en doutez, il suffit de regarder notre premier ministre du Canada. N’est-il pas beau dans ses magnifiques vêtements aux mille couleurs, aux reflets dorés ? Et les paysages, ne sont-ils pas beaux en Inde ? Si vous ne le savez pas, ouvrez un journal ou la télévision. Les photos et les vidéos font fureur auprès de quelques journaux et chaînes d’informations. Mais savons-nous la raison de ce voyage de notre premier ministre ? Non, ou très peu. Apparence, quand tu nous tiens.

Une autre information est apparue récemment. Les femmes voilées pourront désormais se présenter aux prochaines élections. Et voilà que quelques acharnés du web s’énervent. Ils jurent qu’ils ne voteront jamais pour des femmes avec un voile. Le voile est-il le seul motif de ne pas voter pour elles ? Ne faudrait-il pas écouter les idées des personnes, et ce, en dépit de l’apparence ? Il me semble qu’il est préférable une femme voilée avec un sens du bien commun qu’une femme sans voile pensant uniquement à assouvir un besoin de pouvoir. Je préfère une candidate voilée avec la volonté de lutter contre les inégalités à une candidate voulant une politique libérale d’austérité. Mais non, beaucoup vont se limiter à l’apparence avant même d’écouter, lire et discuter avec la personne. Malheur, apparence, quand tu nous tiens!

 Sous un beau sourire se cachent, parfois, une perversité et une soif de pouvoir.

À Montréal, n’était-il pas merveilleux de voir le beau sourire de madame Plante en lieu et place de l’air aigri de monsieur Coderre ? Oui, en voyant le sourire de madame Plante, les gens ont pensé au renouveau et à la joie. N’en est-il pas différent aujourd’hui ? Si vous aviez le sourire avant les élections, celui-ci a laissé place au visage fermé. Une fois de plus, l’apparence a eu raison. Sous un beau sourire se cachent, parfois, une perversité et une soif de pouvoir.

Regardons nos actions, nos habitudes ou nos réactions face aux autres. Nous avons tous tendance à agir en fonction d’une première impression. Certes, l’apparence n’est pas que négative. Elle permet de se faire une idée, mais nous devons aller au-delà d’elle. Nous ne devons pas nous limiter à cette impression pouvant se révéler trompeuse. Nous ne devons pas élever l’apparence en un culte, une vérité inaliénable et absolue. Non, nous devons prendre le temps d’observer, d’écouter et de lire. Nous devons prendre le temps, voilà la solution.

Entre contenant et contenu, nous devons choisir le contenu.

Favorisons l’être au lieu de l’avoir.

Si nous prenons conscience de cela, nous vivrons mieux et nous envisagerons le monde d’un autre œil en créant d’autres projets. L’avenir dépend de notre vision du monde, une vision truquée sur une impression ou une vision basée sur une vérité, une réalité.