Annie-Eve Collin

Annie-Ève Collin a étudié en philosophie à l’Université de Montréal. Sujet de son mémoire de maîtrise : les relations entre le multiculturalisme et l’égalité hommes/femmes. Co-auteure du livre L’islamophobie, paru aux éditions Dialogue Nord-Sud, elle est une ardente défenseure de la liberté d’expression. Elle est blogueuse sur le site justesix.com, auquel elle apporte une contribution notamment en tant que féministe critique du genre. Féministe engagée, elle est membre de Pour les droits des femmes au Québec (PDF-Québec). Elle est également militante anti-théiste. Elle s’intéresse à divers autres sujets, notamment les fondements de l’éthique, l’épistémologie, la définition de la croyance, la laïcité, le voile islamique, notre rapport avec les animaux non humains.

L’effronterie et l’inconséquence de la « gauche »

Qui veut imposer son idéologie à tout le monde?

La capture d’écran que vous voyez ci-dessus a été prise sur le mur de Xavier Camus, blogueur et militant qui s’autoproclame de gauche, suivi par un grand nombre de personnes qui s’autoproclament également de gauche. Il vaut la peine de la mettre en évidence parce qu’elle est très éloquente : selon cette frange soi-disant de gauche, il serait inacceptable pour un professeur d’être de droite!

Aux dernières nouvelles, nous sommes dans une société démocratique, dans laquelle la diversité des convictions politiques est permise. Il est à espérer que les enseignants au cégep en philosophie et en science politique présentent une diversité de théories politiques, des théories de droite, de centre et de gauche. Il est à espérer que dans les départements d’université où il est question de politique, on retrouve des professeurs de droite et des professeurs de gauche, ou au moins que les professeurs présentent une diversité de théories politiques aux étudiants.

Voici une autre capture d’écran plutôt éloquente :

Monsieur Camus serait-il en train de suggérer que le multiculturalisme, l’immigration, les communautés ethniques, l’islam, le voile et l’islamisme sont des sujets sur lesquels on ne devrait pas écrire (sans compter le fait d’identifier Facal comme faisant partie de la droite identitaire) ? Il a même l’audace de parler d’obsession. Puis-je rappeler que Monsieur Camus a lui aussi des sujets préférés dont il parle tout le temps dans ses billets? Peut-être s’imagine-t-il que seuls ses sujets favoris valent la peine qu’on écrive dessus ? Pour davantage d’exemples de cette conviction, chez une frange de gauche, d’avoir la vérité et que les autres devraient se taire, vous pouvez aller voir notamment les commentaires d’internautes sur les pages Facebook de Xavier Camus, ainsi que le site onjase.org.

Les fausses accusations d’intimidation

Monsieur Doyon a bel et bien exprimé l’intention de se présenter au cours de l’UPop et de poser des questions. Il n’a jamais exprimé l’intention d’embarrasser Monsieur Camus. Il y a lieu, d’ailleurs, de se demander qui est censé former « le cercle de de François Doyon ». Une seule personne devait l’accompagner à ces cours : moi.

Nous avons finalement décidé de ne pas y aller. La semaine dernière, nous nous interrogions à savoir s’il était sécuritaire de nous y présenter. Nous avons questionné la police à ce sujet et la réponse que nous avons obtenue nous a convaincus qu’il valait mieux laisser tomber. Depuis que le premier cours a eu lieu, hier soir, nous avons eu vent qu’il y a bel et bien eu du grabuge. C’est aux personnes informées à ce sujet qu’il revient de donner des informations. C’est plutôt la réaction des militants qui suivent Xavier Camus qui sera commentée dans ce billet.

La poutre dans notre oeil? Pfff, la paille dans celui de l’Ennemi est bien plus importante

Revenons au projet de Monsieur Doyon d’aller assister au cours de l’UPop sur l’extrême-droite : est-ce cela qui est désigné par les militants autoproclamés de gauche comme de l’intimidation ou comme du harcèlement? Ce n’en est pas!

Il y a quelque chose de fascinant dans la manière qu’ont ces militants de reprocher aux autres ce qu’ils font eux-mêmes (surtout qu’il n’est pas rare que ceux à qui ils font des reproches ne font même pas ce qu’ils leur reprochent). Ainsi, cela les émeut que  Monsieur Doyon ait voulu se présenter au cours de Monsieur Camus? Puis-je rappeler à ces militants qu’un dénommé Eric Emond, qui fait partie de leur cercle, s’est présenté à un colloque organisé par Djemila Benhabib en septembre dernier, après que Messieurs Camus et Emond s’en soient donnés à coeur joie pour dénigrer l’organisatrice et les conférencières sur les réseaux sociaux ? Leurs contacts ne se sont pas non plus gênés pour renchérir avec des commentaires injurieux, parfois grossiers, sur Madame Benhabib et sur d’autres personnes impliquées dans le colloque.

Monsieur Emond a profité de la période de questions. On peut soupçonner que sa première question avait pour objectif d’embarrasser l’organisatrice, puisqu’elle n’avait rien à voir avec le contenu du colloque et qu’il savait certainement que la réponse était confidentielle. Mais c’est surtout le compte rendu mensonger qu’il a publié sur le déroulement du colloque qui laisse soupçonner que son objectif était d’embarrasser l’organisatrice et les conférencières. N’ayant pas réussi à le faire, il a prétendu y avoir réussi dans son compte rendu mensonger.

Monsieur Camus, qui n’était pas présent à ce colloque, a pourtant lui aussi écrit un billet de blogue sur le sujet, en se fiant à la parole de Monsieur Emond (il va donc sans dire que son billet était également mensonger). Même après que plusieurs personnes présentes au colloque aient rectifié les faits, ni Monsieur Emond, ni Monsieur Camus ne se sont rétractés. Leurs fans n’ont jamais semblé douter de leurs écrits non plus.

C’est un peu fort que ce soient ces gens qui s’émeuvent que François Doyon ait simplement voulu se présenter au cours de l’UPop pour poser des questions ! Yves Claudé, qui est également mentionné dans le statut en capture d’écran ci-dessus, a simplement émis des réserves quant à la qualité d’un cours donné par Xavier Camus, ce qui ne représente pas non plus de l’intimidation, ni du harcèlement. La formulation de Monsieur Camus (« faire pression sur la librairie ») représente d’ailleurs très bien l’habitude qu’il a de présenter les choses de façon provocante et même fallacieuse, de façon à se poser en victime ou de façon à faire passer les autres pour des bourreaux. Il est à noter qu’il passe sous silence qu’il a déjà sali publiquement Yves Claudé (aucun de ses fans ne lui a jamais reproché non plus, mais ils sont rapides pour reprocher à Monsieur Claudé d’exprimer des doutes sur la compétence de Monsieur Camus pour parler de l’extrême-droite).

Comme disent les enfants : « Fais ce que je dis, fais pas ce que je fais. » Mais ce n’est pas tout. Si Messieurs Doyon et Claudé n’ont jamais fait subir d’intimidation ni de harcèlement à personne, on ne peut pas en dire autant de tous les militants qui suivent Xavier Camus ! Certains d’entre eux ont exprimé à plusieurs reprises l’intention de chercher à nuire à l’emploi des professeurs et enseignants qu’ils ont identifié comme des ennemis, notamment en raison de leurs convictions politiques. Ils se mettent à plusieurs pour aller sur les sites Internet et sur les pages Facebook de leurs « ennemis » pour leur écrire des commentaires agressifs, grossiers, des menaces de nuire à leur réputation. Ils mentent publiquement à leur sujet (la prétention que François Doyon s’est déjà rendu coupable d’intimidation, et même d’intimidation en groupe, en est un exemple). Ils font à répétition des publications sur les réseaux sociaux pour les ridiculiser. Ils cherchent à les censurer. Voilà qui représente de l’intimidation et du harcèlement ! Mais pas la peine de leur faire remarquer : ils ne se remettent jamais en question. Je ne me fais pas d’illusions sur l’effet que ce billet aura sur eux s’ils le lisent : ils y verront encore un exemple « d’intimidation » envers Xavier Camus.

Cette façon de se croire détenteurs de la Vérité et de la Vertu, de se prendre pour les Bons à qui tous les coups sont permis pour combattre le Mal (la violence verbale, le mensonge, la cyberintimidation en groupe, les tentatives de censure), voilà qui rappelle beaucoup plus le comportement d’une secte que celui d’une gauche sérieuse.