Ghislain Loiselle

Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d’autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

BLOGUE | Apprécions les stalactites de glace

Les glaçons sont comme des stalactites.

Les glaçons, parce qu’ils se forment rapidement par la fonte de la neige et de la glace, nous donnent une occasion de voir comment se bâtissent les stalactites. Et les stalagmites si on a affaire à un glaçon fixé en bas et montant vers le haut.

Par Ghislain Loiselle, blogueur

ghislainloiselle.blogspot.com

L’eau intervient comme pour un glaçon dans l’édification d’un stalactite et d’un stalagmite. La seule différence, c’est qu’en s’écoulant, elle laisse derrière elle son contenu minéral solide. Le dépôt est toujours microscopique, mais, en s’additionnant, le contenu se révèle.

Ce phénomène relève de la géologie.

Il faut plus ou moins de temps

On doit compter des centaines d’années, voire des milliers, pour avoir droit à une construction spectaculaire. Au contraire du glaçon qui fond à la faveur des températures montant au-dessus de zéro degré Celsius, le stalactite et le stalagmite ne répondent pas à ces réalités physiques. Ils ont juste besoin que de l’eau s’écoule et, pour ce faire, les températures chaudes sont le générateur de leur édification.

Il faut ainsi un toit, d’où ils originent, toit qui protège ces structures minérales de la pluie. Celle-ci, sans cela, attaquerait tant les stalactites que les stalagmites comme les agents d’érosion, pluie, neige, vent, en viennent à détruire peu à peu les plus grosses montagnes. Un plancher est aussi nécessaire pour accueillir les stalagmites. Si ce dernier est assez planche, de beaux édifices minéraux pourront se former au lieu que l’eau minéralisée se perde dans des crevasses ou des pentes. Les grottes, les cavernes, sont les meilleurs lieux pour la formation de ces   »dents ».

Pour la formation des glaçons, il ne faut que quelques heures, quelques jours. Des glaçons peuvent se former l’automne, le printemps ou l’hiver. Il faut juste que la fonte se fasse quand l’air est assez froid pour faire ressaisir l’eau à son contact. Cela survient le jour, mais surtout la nuit. Les plus beaux glaçons se forment au printemps, car c’est durant cette saison que surviennent les nuits froides et les journées allant de fraîches à froides et que se produit un rayonnement solaire de plus en plus d’attaque.

Le Soleil, ce canon à rayons

Les rayons du Soleil atteignent, à l’équinoxe de printemps, l’inclinaison idéale de 45 degrés et plus, laquelle permet au soleil d’agir sur la neige comme des projectiles calorifiques.

De la dentelle printanière

Lorsqu’ils rencontrent des surfaces foncées, sur la neige, la chaleur est irradiée tout autour et la neige fond plus vite. Sinon, le rayonnement parvient à attaquer assez efficacement l’élément blanc pour entraîner son effondrement. Plus le temps avance vers le solstice d’été, plus l’arbedo perd son effet. L’air chaud s’allie aussi soleil.

Un des premiers phénomènes qu’on observe lorsque les rayons solaires deviennent tranchants, c’est la formation de dentelle dans la neige et de coupe comme au laser. C’est que la surface de la neige se resolidifie à la faveur de la nuit et, le jour, cette structure transparente laisse passer les rayons sans fondre et c’est la neige dessous qui se liquéfie. Cela forme comme des mini-cavernes dotées de vitres fragiles, ainsi qu’on peut en voir sur la photo ci-annexée. La photo montrant des glaçons révèle que le roc a aidé à la fonte de la neige en captant la chaleur du Soleil de par sa teinte foncée et sa constitution minérale agissant tantôt comme une chaufferette, tantôt comme un réfrigérateur.