Ghislain Loiselle

Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d’autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

BLOGUE | Il y a 60 ans, un premier être vivant était mis en orbite

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C'était une expérimentation, mais il n'en demeure pas moins qu'un descendant du loup s'est trouvé à devancer l'homme dans l'espace, selon la volonté même de l'homo sapiens sapiens.

Il y a 60 ans, le 3 novembre 1957, un mois après la mise en orbite réussie par la Russie (alors URSS) du premier satellite artificiel de la Terre, Spoutnik1, un premier être vivant hormis des insectes était envoyé dans l’espace et mis en orbite autour de la Terre. C’était une chienne, Laïka, que les Russes avaient lancée dans la capsule du Spoutnik-2.

Par Ghislain Loiselle, blogueur

ghislainloiselle.blogspot.com

Ce canin a péri par asphyxie une semaine après sa satellisation. Puis, cinq mois plus tard, le 14 avril 1958, après avoir effectué 2570 rotations autour de la Planète bleue, son corps se volatilisait en rentrant dans l’atmosphère terrestre au-dessus des Antilles, avec l’habitacle qui le renfermait.

C’est en raison de l’intention de la Russie d’envoyer éventuellement un homme dans l’espace que ce pays a expédié cet animal dans la haute atmosphère.

L’étude du comportement de cette chienne et de ses fonctions vitales lors du lancement et de sa mise en orbite, puis pendant la phase d’apesanteur, a apporté une contribution précieuse aux connaissances de l’humanité sur le vol spatial. La réalisation de ce projet a aussi abrégé sensiblement le délai qui devait s’écouler avant qu’on puisse procéder à la satellisation de l’humain.

On l’aurait laissé mourir de toute façon.

Destinée à mourir

Mais la mission Spoutnik 2 ne prévoyait aucune récupération de Laïka. La chienne était donc condamnée à mourir dans l’espace. En pleine Guerre froide, la forte concurrence entre Russes et Américains dans la conquête spatiale a éclipsé un certain temps la question du sort de Laïka. Comme le montrent les coupures de journaux de 1957, la presse était davantage préoccupée par les perspectives politiques, alors la possibilité d’une survie de l’animal était à peine mentionnée. Ce n’est que plus tard qu’ont eu lieu des discussions sur le sort de Laïka. L’expérience a aussi déclenché un débat international sur la question de la maltraitance animale et de l’expérimentation sur les bêtes en général pour les besoins de la science. Il y a eu des protestations d’organismes de défense des animaux en France et au Royaume-Uni. En Russie, la polémique a été plus faible. Ni les médias, ni les livres des années suivantes, ni le public n’ont remis en cause la décision d’envoyer mourir un chien dans l’espace. Pas publiquement en tout cas. Il faut dire qu’on était alors sous la botte du communisme.

Ce n’est qu’en 1998, après l’effondrement du régime soviétique, qu’Oleg Gazenko, l’un des scientifiques responsables de la mission, a exprimé ses regrets d’avoir condamné la chienne à mourir : « Plus le temps passe, plus je suis désolé à son sujet. Nous n’aurions pas dû le faire… Nous n’avons pas appris suffisamment de cette mission pour justifier la mort de Laïka », a-t-il dit. En octobre 2002, le docteur Dimitri Malachenkov, un des scientifiques responsables de la mission, a révélé que Laïka a péri environ cinq à sept heures après le lancement. Elle est morte du stress et d’une défaillance dans le système de régulation de température de l’habitacle. On peut lire dans un rapport que M. Malachenkov a présenté au Congrès mondial de l’espace (World Space Congress), à Houston, Texas : « il s’est avéré pratiquement impossible de créer un système de régulation de température fiable en si peu de temps ». Il y avait nettement compétition entre les deux super puissances. Le temps pressait.

Comment elle a fini par mourir

Il n’était donc aucunement prévu de sauver la chienne. Mais on peut tout de même dire que, techniquement, lorsque Spoutnik II a atteint son orbite, la coiffe protectrice a été larguée avec succès. Cependant, le dernier étage du lanceur ne s’est pas séparé comme prévu, empêchant le système de régulation thermique de fonctionner correctement. Une partie de l’isolation thermique s’est déchiré, ce qui a élevé la température de la cabine à 40 degrés CelsiusAprès trois heures en apesanteur, le pouls de Laïka était revenu à 102 battements par minute. Le retour au rythme cardiaque normal a pris trois fois plus de temps que lors des essais au sol, signe du stress enduré par la chienne. Les premiers relevés ont indiqué que Laïka était agitée, mais qu’elle mangeait sa nourriture. Cependant, au bout d’approximativement cinq à sept heures de vol, la bête n’a plus donné aucun signe de vie. 

Le premier homme dans l’espace

Le 12 avril 1961, Youri Gagarine, commandant aviateur soviétique, devenait la premier humain mis en orbite. Force est de constater qu’on avait alors mis au point un bon système de régularisation de la température en capsule.

Il faut préciser que des insectes ont été envoyés dans l’atmosphère à bord d’un V2 qui avait été capturé et modifié par les États-Unis en 1947.