Olivier Kaestlé

Diplômé d’un baccalauréat en littérature française (Université du Québec à Trois-Rivières) et d’un certificat en journalisme (Université Laval), Olivier Kaestlé a commencé à s’exprimer dès 2006 dans les tribunes d’opinion sur une pléthore de sujets. C’est en créant son blogue en 2009 qu’il a choisi de se consacrer presque exclusivement à la condition masculine et à la dénonciation des injustices et iniquités vécues par les hommes et les garçons, tout en se vouant à la lutte à l’intégrisme religieux, qui menace de plus en plus les femmes et les filles ayant la chance de vivre selon les valeurs civilisées du Québec. Olivier co-anime également avec Lise Bilodeau l’émission « Tant qu’il y aura des hommes…  » sur les ondes de Radio Média Plus.ca.

BLOGUE | Eh oui, une femme peut faire arrêter un homme pour des « niaiseries » !

On parle du cas d'Antoine Trépanier parce qu'il est journaliste, mais combien d'hommes vivent la même réalité dans le plus total anonymat ?

Dans une récente chronique dénonçant les accusations sexistes de Manon Massé envers les hommes politiques, Joseph Facal n’hésitait pas à affirmer que les femmes aussi pouvaient dire des niaiseries. Un fait divers, ayant mené à l’arrestation sans motif d’un journaliste de Radio-Canada, vient de prouver qu’elles peuvent aussi en faire, et plus souvent qu’on veut bien le croire.

La « niaisante », en l’occurrence, s’appelle Yvonne Dubé. Elle est directrice de l’organisme Grands Frères Grandes Sœurs (GFGS) de l’Outaouais. Après des études en droit et un stage dans le cabinet d’un criminaliste d’Ottawa, elle a réussi… à ne jamais devenir avocate, on ne sait pourquoi.

Le journaliste accusé par Mme Dubé, Antoine Trépanier, avait révélé que le Barreau de l’Ontario avait obtenu une injonction permanente contre elle pour pratique non autorisée du métier d’avocat. Cette femme avait néanmoins trouvé le moyen de représenter des accusés dans des procès criminels entre septembre 2011 et mars 2012…

Or, Mme Dubé s’est bien gardée de mentionner ce douteux exploit lors de son entrevue d’embauche pour son poste actuel, ce qui allait entraîner ses problèmes judiciaires.

Après avoir découvert ce pot aux roses impliquant une personnalité publique locale, le journaliste Trépanier lui offre, au cours d’un entretien téléphonique enregistré, de s’expliquer lors d’une entrevue télévisée. Elle accepte, mais ne se présente pas. Il envoie donc, le lendemain, un courriel réitérant son invitation. Il s’agirait, selon Radio-Canada, du troisième contact du journaliste avec son accusatrice, après deux appels téléphoniques. En incluant un appel de Mme Dubé elle-même, quatre prises de contact en tout auraient été effectuées en deux jours.

Le soir même du courriel, Mme Dubé ne trouve rien de mieux à faire que de porter plainte contre le journaliste pour harcèlement criminel, rien de moins, et la police, de procéder instantanément à l’arrestation du journaliste, aussitôt relâché sur promesse de comparaître.

Facile de faire arrêter un homme

Dans un topo assez bien ficelé sur cet événement, le chroniqueur de La Presse, Patrick Lagacé, avoue candidement son étonnement devant une arrestation aussi arbitraire qu’injustifiable. S’il s’informait davantage sur certaines mesures étatiques quasi inquisitoriales comme la politique gouvernementale d’intervention en violence conjugale, il serait à même de constater à quel point il est facile pour une femme de faire arrêter un homme, qu’il soit son conjoint ou non, d’ailleurs.

Les corps policiers et notre magistrature ne l’admettront jamais publiquement, mais il y a belle lurette que la présomption d’innocence n’existe plus dans les cas d’accusation de violence conjugale, sexuelle ou de harcèlement. Du moment qu’un homme est impliqué, il peut se voir arrêté sans motif sur simple accusation de la part d’une femme. C’est là qu’on est rendu…

Lagacé écrit d’ailleurs : « Un avocat, hier, m’a dit : « On en parle parce que c’est un journaliste. Mais la vérité, c’est que chaque jour, des citoyens sont traités de cette façon-là par la police. La police ne veut plus faire d’enquêtes pour des causes semblables – je parle de chicanes de voisins, de harcèlement, de bousculades de stationnement : on arrête et on laisse la Couronne décider… »

Ce qui n’est pas clair dans la chronique de Lagacé, et qui gagnerait à être approfondi, c’est de déterminer à quel point l’arbitraire des arrestations vise surtout les hommes, du moment que les accusations sont portées par une femme.

Imaginons la même situation, mais avec une journaliste de Radio-Canada et une personnalité publique masculine qui aurait pratiqué le droit illégalement. Pensez-vous, ne serait-ce qu’une seconde, qu’il aurait suffi à cet homme de porter plainte pour que la journaliste soit automatiquement arrêtée pour harcèlement criminel ? Si vous croyez ça, c’est que le pot est déjà légal et que vous en avez fumé du bon.

Saluons tout de même ce moment de lucidité de Patrick Lagacé : « Ce n’est donc pas comme journaliste que je suis stupéfait par la saga Dubé-Trépanier. Oui, comme journaliste, c’est insultant. Mais Antoine Trépanier a l’appui moral, professionnel et juridique de Radio-Canada. C’est comme citoyen, d’abord et avant tout, que je suis inquiet. »

Et vous pourriez préciser, M. Lagacé, « comme citoyen de sexe masculin »…