Cold Heimatlos, c’est un chroniqueur à la plume irrévérencieuse, aux commentaires cinglants et à l’humour qui fait grincer des dents. Enseignant au niveau professionnel, auteur d’un roman noir, sa plus grande préoccupation est l’état lamentable dans laquelle se trouve la relation entre l’Homme et la liberté. C’est sous cet angle qu’il aborde ses sujets : le rétrécissement constant des libertés doit être expliqué et compris par le citoyen avant d’être dénoncé. Il s’insurge devant la douce et thérapeutique dictature de l’État et du dressage sensitif de l’Homme. Cette citation reflète sa pensée :
« Les êtres humains n’ont pas grandi en même temps que les institutions issues de leur cerveau. Ce sont surtout la faiblesse intellectuelle et morale des chefs et de leur ignorance qui mettent en danger notre civilisation. »
– Alexis Carrel in L’Homme, cet inconnu

BLOGUE | Opinion propre only…

Cold Heimatlos

Je ne suis pas l’écriveux le plus respectueux des conventions. Je sais. J’ai même osé jurer dans mes derniers textes, question de tester les préférences du lectorat. Ça marche… Si j’ai à mettre le nez d’un politicien dans son propre caca, je le fais sans hésiter. J’aime les mots gras, je veux que mes textes provoquent des reflux gastriques chez le lecteur. Ma plume est mon arme. Je me sens plus puissant avec elle qu’avec une AR-15 (ou je ne sais quel calibre) entre les mains. Je bande dur à chaque fois que j’y insert une cartouche d’encre.

Vous aimez mon texte ? Merci… Vous ne l’aimez pas ? Tant pis !

Je suis un billettiste amateur, pas un journaleux. J’écris pour faire réagir, pas pour informer. Je peux avoir tort, oui, mais je ne mens pas : j’écris ce que je pense en essayant d’avoir un point de vue différent de la majorité. Ici, chez Dixquatre.com, tous les blogueurs sont libres. Si vous n’écrivez pas, vous n’avez pas idée de l’importance de cette liberté. Ailleurs, on reprend vos textes, on les adoucit, on les pâlit ; le pastel c’est parfait, le beige aussi… il ne faut pas déranger ! Ils vous font lire des textes prémâchés et déjà digérés, vous lisez ce que nos aînés mangent en CHSLD… Et c’est pas bon.

Pourquoi je vous dis ça ?

Parce que je commence à en avoir ras-le-bol, parce que Facebook est devenu un vidoir qui permet à tous les crétins incultes et malpolis de s’exprimer via les commentaires et leurs réponses. Voilà pourquoi. Nous prenons du temps afin d’écrire un texte en espérant qu’il fera réagir ; on s’attend à des commentaires désapprobateurs, des gens qui réfléchiront et qui se construiront un argumentaire solide contre le nôtre… et puis nous lisons le premier imbécile qui commente : « Ostie dtrou dcul, té dans lchamps câlisse… » Édifiant n’est-ce pas ?

Les gens veulent de l’opinion propre, qui ne remet pas en cause leurs convictions profondes, qui les conforte dans ce qu’on leur a enseigné depuis toujours, dans ce qui acceptable socialement et dicté par la doxa d’une élite socialiste. Lire une opinion divergente déclenche chez plusieurs une diarrhée littéraire foudroyante, ça chie partout et ça n’a aucun contrôle… Ça écrit comme ça sort !

Il importe maintenant de ne pas être fier de ce que l’on écrit, car ce mot-là, justement par ce qu’il entraîne de dignité et de sentiment élevés, est devenu l’un des nouveaux parias de notre vocabulaire… N’allez surtout pas en faire mention à l’imbécile en question, il vous répondra « m’en sacre ostie… » La dignité du langage écrit et la dignité de la personne se confondent trop souvent. Cela explique pourquoi l’on écrit si mal en ce moment… Sur Facebook, on se tutoie, on s’écrit dans un grand dégoulinement de familiarité, qu’on appelle aujourd’hui la convivialité amicale.

Permettez-moi de ne pas en être, au grand risque de vous paraître hautain !

Nous n’avons pas élevé les cochons ensemble… Se  faire apostropher en commentaire par : tu, t’es qui toué, t’as pas… ne m’incite pas à répondre, alors que : vous, qui êtes-vous, vous n’avez pas, dénote une certaine courtoisie, un respect qui, même dans un profond désaccord sur le fond du billet, suscitera une discussion – parfois virulente – mais toujours cordiale. Je ne parle pas de grammaire, de syntaxe ou d’orthographe irréprochable, je parle de POLITESSE et de COURTOISIE ; des mots éteints.

L’image que j’ai de vous se dessine à partir de vos commentaires… Dans mon roman il y a cet extrait :

« Je me souviens des premiers mois, suite à la création de ce réseau, où il n’y avait personne ou presque, que nous n’étions à peine quelques milliers seulement, à discuter politique, à commenter l’actualité… En peu de temps, c’est devenu tout le monde, c’est devenu bête, stupide et insignifiant. Vulgaire. Les utilisateurs de ce réseau, qualifié à tort de social, sont devenus des résidus d’eux-mêmes ; orgueilleux et misérables. Insupportables ! Pénibles… Comme de vieux ânes – seuls au fond de leur champ – ils ne cessent de braire, jour et nuit, sur le fil de ce réseau. »

Voilà… je vous laisse y réfléchir.