Olivier Kaestlé

Diplômé d’un baccalauréat en littérature française (Université du Québec à Trois-Rivières) et d’un certificat en journalisme (Université Laval), Olivier Kaestlé a commencé à s’exprimer dès 2006 dans les tribunes d’opinion sur une pléthore de sujets. C’est en créant son blogue en 2009 qu’il a choisi de se consacrer presque exclusivement à la condition masculine et à la dénonciation des injustices et iniquités vécues par les hommes et les garçons, tout en se vouant à la lutte à l’intégrisme religieux, qui menace de plus en plus les femmes et les filles ayant la chance de vivre selon les valeurs civilisées du Québec. Olivier co-anime également avec Lise Bilodeau l’émission « Tant qu’il y aura des hommes…  » sur les ondes de Radio Média Plus.ca.

Lettre au Devoir : tir groupé sur Manon Massé !

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Malgré le tumulte, Manon Massé s'entête dans ses préjugés sexistes envers les hommes politiques.

Je ne crois pas qu’une élue féministe n’ait jamais été autant chahutée et dénoncée que Manon Massé, l’étonnante députée de Québec solidaire qui aspire à devenir première ministre du Québec. D’avance, souhaitons-lui bonne chance dans la réalisation de cet objectif plus qu’improbable, le ciel nous en préserve !

Déjà passablement déconnectée des préoccupations des citoyens dits « ordinaires », Massé allait en rajouter une couche, ce 8 mars, avec la parution, dans le Devoir, d’une lettre incendiaire qui accusait vertement les hommes politiques de passivité quant au sort des Québécoises, tout en ignorant délibérément leur contribution déterminante des 30 dernières années. Seules « les Pauline et les Louise » méritaient des félicitations, comme si aucun homme politique ne les avait épaulées.

Des réactions enflammées

Dès le 10 mars, Mathieu Bock-Côté s’insurgeait contre de tels préjugés : « Est-ce vraiment le féminisme dont nous voulons, qui monte les femmes contre les hommes, comme si les unes avaient le monopole du coeur, et les autres, le monopole de l’infamie ? En fait, un certain féminisme très radical carbure à la haine des hommes, maquillée en critique de la virilité. »

Jennifer Drouin, rivale péquiste de Massé dans le comté de Sainte-Marie-Saint-Jacques, allait dans le même sens, le 15 février : « Aveugle à ces alliances nécessaires et fructueuses, Mme Massé exprime envers nos alliés masculins un mépris choquant, motivé par le seul calcul partisan et fondamentalement contre-productif. Elle voudrait nuire à la cause des femmes qu’elle n’agirait pas autrement. »

Dès le lendemain, Sophie Durocher prenait le relais : « Comment quelqu’un qui se prétend féministe, donc pour l’égalité homme-femme, peut-il tenir des propos aussi sexistes que Manon Massé ? Tu veux combattre le sexisme mais tu véhicules les pires préjugés sur les hommes ? Tu pourfends les préjugés mais tu mets tous les représentants d’un même sexe dans le même panier ? »

Le surlendemain, c’était au tour de Joseph Facal de dénoncer les « niaiseries » de Massé : « Manon Massé vient de nous faire une belle démonstration du potentiel de bêtise que recèle l’autre sexe.

« […] Visiblement, c’est trop demander à Mme Massé de reconnaître qu’il y a, ici et là, dans les autres formations politiques, des hommes ni idiots ni bouchés qui peuvent être « progressistes » dans le meilleur sens du terme.

Mme Massé ajoute : « On est toujours mieux servi par soi-même ».

C’est largement vrai, mais en tout respect, je me demande quelles conquêtes réelles les femmes auraient faites et feront si elles ne comptaient pas sur l’appui d’au moins une fraction des hommes. »

Nul doute de la pachydermique maladresse de la députée de Québec solidaire allait irriter le chef péquiste, Jean-François Lisée, déjà écorché par le refus de Québec solidaire de s’associer à son parti pour vaincre les libéraux : «Ce n’est pas en excluant ses alliés, ce n’est pas en refusant ses alliances, ce n’est pas en injuriant ceux qui ont fait en sorte qu’il y ait des avancées pour les femmes qu’on fait avancer la cause des femmes. »

Lisée devait rappeler la contribution de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, « qui ont bataillé pour l’équité salariale et des politiques familiales avec l’appui des parlementaires féminins et les groupes de femmes. »

Aux accusations peu subtiles de camouflage de scandales sexuels et aux fausses allégations du refus de financer la lutte aux agressions sexuelles, la ministre responsable de la Condition féminine, Hélène David, avait elle aussi réagi :

« Je trouve qu’on mélange un peu la partisanerie politique avec les positions féministes, a-t-elle déclaré. Les hommes qui camouflent des scandales sexuels, là quand même, je trouve ça un peu exagéré.

« Le premier ministre Couillard a récemment ajouté 25 millions $ pour lutter contre les agressions sexuelles. « Ce n’est quand même pas rien, a argué la ministre. Le projet de loi que j’ai passé sur les violences dans les collèges et les universités, bien il a fallu que quelqu’un autorise et soit derrière moi dans toutes ces mesures-là, et il s’appelle Philippe Couillard. »

Je rappelle que, depuis la rentrée de 2017, Québec aura annoncé 86,5 M $ dans ses projets de lutte à la « culture du viol ».

Aveuglement volontaire

Manon Massé, apparemment imperméable au tumulte politique et médiatique qu’elle a engendré, devait s’entêter dans ses positions, ce 16 mars, au sujet du « boy’s club ». « Ce sont ceux qui prennent des décisions sans tenir compte de notre bien-être. C’est le cas en environnement, dans les services publics, les normes du travail et, dans le cas qui nous occupe, les droits des femmes. »

Ne comptez pas sur elle pour présenter des excuses ou pour revenir sur ses propos réducteurs et caricaturaux. Une vraie militante…

C’est encore à Joseph Facal que je laisserai le mot de la fin sur ce nouveau psychodrame féministe : « C’est peut-être alors aux hommes, et même – ô horreur – aux hommes à la peau blanche, de ne pas rester muets quand une femme ou quiconque se disant opprimé dit une stupidité. »

Il serait grand temps qu’ils s’expriment, ces hommes-là, sans s’excuser à genou après l’avoir fait…