Cold Heimatlos est un chroniqueur à la plume irrévérencieuse, aux commentaires cinglants et à l’humour qui fait grincer des dents. Enseignant au niveau professionnel, auteur d’un roman noir, sa plus grande préoccupation est l’état lamentable dans laquelle se trouve la relation entre l’Homme et la liberté. C’est sous cet angle qu’il aborde ses sujets : le rétrécissement constant des libertés doit être expliqué et compris par le citoyen avant d’être dénoncé. Il s’insurge devant la douce et thérapeutique dictature de l’État et du dressage sensitif de l’Homme. Cette citation reflète sa pensée :
« Les êtres humains n’ont pas grandi en même temps que les institutions issues de leur cerveau. Ce sont surtout la faiblesse intellectuelle et morale des chefs et de leur ignorance qui mettent en danger notre civilisation. »
– Alexis Carrel in L’Homme, cet inconnu

BLOGUE | Je hais les années électorales

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Cold Heimatlos

« Il faut beaucoup d’indisciplinés pour faire un peuple libre. »

Georges Bernanos

J’éprouve un profond dédain pour la démocratie. Pour moi, voter est un acte abject auquel doit se rabaisser le citoyen, afin de choisir parmi d’ambitieux bouffons, celui à qui il donnera carte blanche lui permettant de faire toutes les jocrisseries dont il a envie. La démocratie fait miroiter au citoyen souffrant d’un ras-le-bol virulent le pouvoir magique de changer les choses : il peut librement se débarrasser d’un bouffon et le remplacer par un clown, afin de l’amuser sur Facebook pour les quatre années à suivre !

Une année électorale, c’est une année où le gouvernement en place attrape une gastro-entérite aiguë : il chie de l’argent huit fois par jour… la crampe libérale de 2018 distribue des milliards comme le nauséeux se vide dans la cuvette.

Malgré ce dégoût, j’éprouve une certaine affection pour un tout petit parti politique : le PCQ. Le Parti Conservateur du Québec… Ça ne vous dit rien ? Hum… Adrien Pouliot ?… Non plus ? Mouais, bon…

Disons que c’est le seul parti de « droite«  au Québec. (Remarquez que j’ai mis de gros guillemets, et en gras !) Et qui dit droite dit désir : de liberté individuelle, de responsabilisation citoyenne, d’austérité économique, de cure d’amincissement de l’État, de coupures dans le subventionnisme à outrance et d’une plus grande place au privé dans les institutions québécoises. Moi, ça me rejoint ; peut-être que vous aussi. Le hic, c’est que nous sommes à peu près 2% de la population totale à espérer une gouverne aussi sévère. Demander au 98% restant la permission d’implanter une telle politique, c’est se claquer soi-même la porte au nez ! Alors, il faut convaincre la population : vaste programme et douce espérance.

Ce tout petit parti politique se plaint d’un manque de visibilité médiatique… Hello les amis ! Soixante ans de sociale-démocratie appliquée, ça te pourrit un peuple jusqu’à l’os ! L’État Providence fait vivre directement et indirectement plus du tiers de la population, l’État Protecteur garantit la réconfortante sécurité au citoyen inquiet… L’État, c’est la nourrice adorée, c’est le lit douillet le soir pour un jeune peuple qui ressent encore le besoin de sucer son pouce !

Ce matin, le PCQ présente un nouveau candidat. Sûrement un très chic type, compétent et rempli de conviction. Aucune raison de douter. Sauf que sur Facebook, il pose sa première mauvaise question :

« J’aimerais connaître vos opinions/solutions sur l’état actuel de la politique au Québec ? »

Permettez-moi de répondre à ce gentil monsieur :

Qui songerait à changer de mère ?

Cher candidat,

Voici quelques pistes de réflexion, non pas dans le but de vous décourager, mais de vous donner les armes nécessaires pour combattre ce monstre gargantuesque qu’est l’État, et sa maladie honteuse : la sociale-démocratie.

« Vous savez que l’État existe sans Gouvernement. Mais il faut aussi savoir que ce dernier sans l’État est inapte, qu’il n’est capable de rien. Le Gouvernement a un certain pouvoir de surface, mais il a surtout besoin de l’État, et c’est pourquoi il se rabaisse à jouer la nourrice bienveillante, celle qui acquiesce à toutes les demandes, ne voulant en rien offenser ou pire déclencher la colère du monstre. Quand le peuple en a contre les décisions du Gouvernement en place, par une élection, peut en changer quelques joueurs et/ou l’équipe au complet. Contre l’État, le peuple ne peut rien, sinon le subir. C’est pourquoi le Gouvernement voit à prendre grand soin de l’État en lui permettant bien des largesses, en échange d’une certaine protection. Le Gouvernement a compris qu’il ne doit pas chercher à contrôler l’État, mais à être à son service ; un genre d’esclave volontaire ! Afin d’éviter que l’État se sente menacé par la colère du peuple, le Gouvernement a cessé de répondre aux préoccupations sociales et économiques de la généralité (à ne pas confondre avec majorité) pour se mettre à l’écoute des minorités, plus bruyantes certes, mais aussi plus inoffensive dans un suffrage universel.

« Le Québécois veut à ce point être entendu ; il croit tellement que son opinion arrivera à influencer la machine, qu’il ne demande qu’à demeurer emprisonné (dans sa propre province) afin de pouvoir expliquer à ses codétenus qu’il faut absolument trouver une façon de s’évader… il parle beaucoup, mais dit n’importe quoi.

« Le Québécois cherche avant tout à n’être responsable de rien, ni de ses actes ni de sa pensée. Il choisit volontairement la sécurité au détriment de sa liberté. Il se couvre d’assurances de toutes sortes qui le limitent dans la prise de risques et qui annihilent bien des fantaisies de la vie, il recherche la protection par le troupeau ; l’individualisme maudit l’obligerait à prendre en charge sa propre vie.

« En exigeant une loi ou même un simple règlement, l’Homme ne fait pas que se priver d’une liberté, il la transforme en un élément de pouvoir pour l’État, à qui il demande protection pour tous. L’État Protecteur – devenu l’État Providence – ne demande pas mieux que de contrôler sa population… L’obligation est la nouvelle forme d’interdiction. Mais de penser, d’écrire, de mettre en application, d’en surveiller l’obéissance et de pénaliser les contrevenants, implique des frais. Beaucoup d’argent. Vous savez que l’État ne génère rien. Il prend dans vos poches via les divers frais de services, les taxes et l’impôt, tout l’argent dont il a besoin pour vous protéger de vous-mêmes. Le contribuable voyant son salaire ainsi amputé d’un montant substantiel (et comme il baigne dans la douce illusion que la multitude de choix dans la consommation est un signe de liberté), doit travailler encore plus. Il étouffe sa propre liberté par le travail afin de nourrir son sentiment de sécurité et préserver son accès au divertissement ; qui n’a d’autre utilité que détourner son attention du problème réel qu’est la perte de sa liberté.

« Au Québec, le développement des processus bureaucratique et l’alourdissement de la réglementation sociale se nourrissent justement de ce besoin de sécurité des citoyens.

« En régime totalitaire, l’État impose ses interdits et ses lois au peuple… En démocratie, c’est le peuple qui exige des interdits et des lois à l’État.

C’est con comme ça, cher candidat… on ne s’en sortira pas ! Je sais que vous me demanderez :

« Alors, Cold, quelle est la solution ? »

Je vous l’ai dit, la démocratie me dégoûte… le gouvernement est – et sera – toujours à l’image de son peuple !

Croyez-moi, les gens ne sont pas encore prêts pour ma solution.

Cordialement, et en vous souhaitant bonne chance.

(H)