Ghislain Loiselle

Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d’autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

BLOGUE | L’hémisphère Sud a son hiver à l’aphélie…

Les hivers sont plus ressentis qu'ici, dans l'hémisphère Sud, aux latitudes plus polaires.

J’ai réalisé une chose époustouflante, je trouve. Il est possible de vivre dès aujourd’hui un phénomène qui ne se produira, ici, dans l’hémisphère Nord, que dans 10 000 ans. Je parle de l’hiver qui survient lorsque la Terre se trouve à son point le plus éloigné du Soleil, ce qu’on appelle l’aphélie.

Par Ghislain Loiselle, blogueur

Il n’y a qu’à se rendre dans l’hémisphère Sud, aux latitudes équivalant aux nôtres! Trop facile. Et on pourra voir, alors, de quoi il en retourne. À moins qu’on communique avec des gens de là-bas pour leur demander des rapports sur leur hiver.

L’hémisphère Nord a son hiver au périhélie

Ce qu’il faut comprendre, c’est que, dans l’hémisphère Nord, ces millénaires-ci, la Terre se trouve au périhélie (point le plus rapproché du Soleil) pendant l’hiver, plus précisément le 3 janvier. Là, on est porté à se dire, wow, on est chanceux. Ça fait heureusement des hivers doux. Car lorsque ce sera l’aphélie le 3 janvier, là ça va être épouvantable. Il va faire tellement froid. Ça va être invivable le moindrement qu’on va gagner un peu le Nord….

L’hiver en Patagonie, en Argentine.

L’aphélie ne tue personne, mais…

Eh bien non! Il se trouve que des humains vivent cette réalité qui n’est pas aussi terrible qu’on pourrait le croire, notamment en Australie et dans le sud de l’Argentine et du Chili, sans oublier sur le continent Antarctique, ceci le 3 juillet, moment où c’est l’hiver pour eux. Quand c’est l’été, ici, la Terre se trouve à son point le plus éloigné du Soleil (aphélie) et cela survient très précisément le 3 juillet. Or, c’est toute la Terre qui se situe alors à l’aphélie et l’hémisphère Sud se trouve à ce moment précis au coeur de son hiver à lui. Pour la moitié sud du Globe, l’hiver se vit effectivement du 21 juin au 21 septembre…. Et il va sans dire qu’il est quand même plus ressenti que notre hiver.

Les saisons n’ont rien à voir avec la distance du Soleil

Les saisons ne dépendent absolument pas de l’éloignement ou de la proximité du Soleil. C’est l’inclinaison de l’axe de la Terre seule qui fait les saisons. La quantité de chaleur reçue du Soleil est plus grande de seulement 7 % au périhélie, si ce n’est pas moins. Une saison peut être douce, fraîche, chaude ou froide, mais il y aura toujours des saisons, avec une Terre penchée. L’Australie connaît le périhélie durant son été avec son summum le 3 juillet. Ils ont plus de chaleur, oui, mais pas au point de cuire sur place. Mais c’est clairement plus chaud. Ici, le périhélie se produit le 3 janvier et on reçoit un surplus de chaleur à ce moment. On passe juste de froid à moins froid. Comme la demie sud de notre planète accuse un surplus de froid pendant son hiver à l’aphélie. Mais pas au point de geler sur-le-champ.

Dans 10 000 ans, c’est nous qui vivrons la situation que vivent les pays situés de l’autre côté de l’équateur. Et nous aurons alors notre été au moment où la Terre se trouvera à son point le plus rapproché du Soleil (périhélie).

L’éloignement de la Terre nous joue un tour

Les premières fois où je me suis arrêté à essayer de comprendre comment il se faisait qu’on connaissait des glaciations, je m’étais imaginé que la Terre devait, à ce moment, être énormément éloignée du Soleil, ce qui devait générer beaucoup de froid par le fait de l’éloignement des rayons de Soleil. Il n’en est rien, ai-je fini par comprendre, avec le temps, en étudiant. Tout comme les saisons n’ont absolument rien à voir avec le fait que la Terre se trouve plus ou moins loin de l’Astre du jour. Tout est affaire d’obliquité, en ce qui touche les saisons. Le rayonnent solaire est plus direct l’été et plus oblique l’hiver.

L’atmosphère est donc plus ou moins chauffée et l’hiver provoque la formation de plus de condensation dans les couches d’air de la Terre. Pour le périhélie et l’aphélie, ces réalités astronomiques ne provoquent rien d’aussi dramatique ou merveilleux qu’on pourrait l’imaginer. Le pire qui peut arriver, soit une glaciation aux 100 000 ans, ce qui est un cataclysme cyclique, repose sur des causes autres dont je parlerai dans un prochain article. À suivre donc.