Samuel Fillion-Doiron

Étudiant en Enseignement de l’univers social et de l’éthique et culture religieuse au secondaire, vice-président régional de la Capitale Nationale et de Chaudière-Appalaches au Parti conservateur du Québec.

BLOGUE | La face cachée du sexe chez les jeunes

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Samuel Fillion Doiron

– Genèse 1, 27-28

Faux tabou

Quand je vois des gens s’opposer à un cours d’éducation sexuelle dans nos écoles, la seule chose dont j’ai envie, c’est de leur balancer ces deux versets au visage. Pourquoi cette pensée par rapport au sexe? Pourquoi penser que c’est tabou?

En fait, et je le dis souvent, les Québécois sont des catholiques qui ne s’assument pas et qui ne pratiquent plus. Leurs valeurs sont encore fondamentalement chrétiennes. La preuve, c’est que si vous énumérez vos valeurs, elles se retrouveront presque toutes dans la Bible.

Cependant, le Moyen Âge (qui ne s’appelle pas Dark Ages pour rien en anglais) a laissé des traces sur notre culture. Je vous annonce que votre perception voulant que le sexe soit tabou est erronée, car elle a été mise en place par les institutions catholiques et non la Bible. Elles se sont certes inspirées du chapitre 38 de la Genèse et du chapitre 7 du premier Épître de Paul aux Corinthiens pour justifier ces interdits, mais je vous invite à aller les lire puisque vous en avez la chance, contrairement aux gens du Moyen Âge qui ne savaient pas lire et qui, de toute façon, n’avaient accès qu’à des bibles en latin.

Le sexe aujourd’hui

La plupart des opposants à ce cours sont des parents qui ont tous leurs raisons, mais qui, je le crois, vivent à une autre époque ou ne sont simplement pas au courant de ce qui se passe réellement quand ils ont le dos tourné. Je vais donc me permettre quelques histoires.

D’abord, ceux qui me connaissent savent qu’au secondaire, je n’avais pas vraiment de succès avec les filles. J’étais plutôt maigrichon (beaucoup), j’avais une baby face, bref, j’avais l’air très jeune et non d’un adulte en devenir. Cependant, j’ai toujours eu un don pour le dialogue et ça m’a valu l’honneur d’être le confident par excellence de tous mes amis, filles comme garçons (aussi connu sous le nom de friendzone).

Je vais donc vous présenter quelques faits appuyés par des statistiques.

La moitié des adolescents auront eu leur première relation sexuelle avant 17 ans et 10% l’auront avant l’âge de 14 ans.

PAR CONTRE

La découverte de notre corps et de celui des autres se fait bien avant cela. D’ailleurs, connaissez-vous le jeu de la « pipe arc-en-ciel ».

Non… oui? Je suis sûr que le titre à lui seul vous donne une très bonne idée de ce que c’est, mais je ne crois pas que vous vous attendriez à assister à une séance dans un autobus scolaire… Pourtant, je vous suggère de vous y préparer parce que c’est déjà arrivé.

La masturbation commence à quel âge selon vous? 13, 14, 15 ans?

FAUX!

Le plus jeune que j’ai vu, c’est 9 ans, mais en moyenne, cela commence à 11-12 ans.

Avez-vous déjà joué au docteur quand vous étiez petits? Avez-vous déjà joué avec vos frères, sœurs, cousins, cousines, amis, amies à ce jeu qui implique de découvrir des parties du corps du sexe opposé? Si vous me dites non, vous êtes menteur ou vous êtes d’une autre génération.

Pour finir, une anecdote personnelle : à mon école primaire, il y avait des livres sur le sexe dédié aux enfants et je les empruntais sans le dire à mes parents.

La morale de toutes ces histoires est simple : les jeunes sont curieux et si ce ne sont pas les parents ou l’école qui les éduquent sur la sexualité, ils vont découvrir eux-mêmes. Mais qui sait où cela peut les mener?

École ou parent?

Là est la véritable question à se poser, car le cours est tout à fait correct en lui-même et je pense qu’il met le doigt sur les bonnes choses à enseigner, notamment en matière d’agression sexuelle, de prévention des maladies et de reproduction.

Il y a 36 périodes par cycle de 9 jours dans nos écoles (en général), alors il faut malheureusement faire des choix.

Est-ce que la sexualité est suffisamment une priorité sociale pour qu’on lui concède du temps? La réponse est définitivement oui.

Est-ce que la sexualité est un enjeu suffisamment important pour y consacrer du temps à l’école?

Idéalement, ce serait aux parents de s’occuper de l’éducation sexuelle de leurs enfants, mais encore faut-il qu’ils prennent en charge cette responsabilité. Au Québec, la responsabilité individuelle n’est pas trop de mise, mais avec l’État providence, il n’y a pas de quoi se surprendre.

Chose sûre, il faut que ce sujet soit abordé avec les jeunes, car à l’heure actuelle, les questions reliées au sexe sont les plus nombreuses parmi les appels chez Tel-Jeunes. Même si je préférerais que les parents prennent en charge ce dossier, je sais qu’ils ne le feront pas sous prétexte qu’ils sont mal à l’aise d’en parler, mais également parce que les ados ne parlent généralement pas de ce genre de choses avec leurs parents, mais plus avec leurs amis. Manquer d’éducation sexuelle peut entraîner beaucoup de bouleversements psychologiques chez nos adolescents, particulièrement dans un monde hypersexualisé.

Ma position personnelle par rapport à cela est que l’éducation sexuelle doit être vue à l’école, car c’est ce que notre contexte social exige. Cependant, le cours devrait être divisé dans deux cours existants. Le volet biologique devrait être vu en sciences et le volet éthique/prévention devrait être vu en éthique et culture religieuse.

À l’heure actuelle, cela se fait déjà dans certaines écoles, mais avoir un programme écrit qui guide davantage les enseignants serait, selon moi, une bonne chose.

Voir l’étude pour vérifier les statistiques.

Le visage des jeunes d’aujourd’hui: leur santé physique et leurs habitudes de vie