Ghislain Loiselle

Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d’autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

BLOGUE | Io, la lune « cool » du Système solaire

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Io, la lune-pizza de Jupiter.

S’il est une lune qui est « cool », dans le Système solaire, c’est bien Io, un satellite naturel de la plus grosse planète de notre système stellaire, Jupiter.

Par Ghislain Loiselle, blogueur

C’est que Io constitue le monde volcanique le plus actif du Système solaire. Elle comporte des centaines de bouches de volcans et lors de leur passage aux abords de cette lune, les sondes spatiales Voyager ont pu photographier pas moins de 11 volcans en éruption.

Son plus gros volcan, Pélé, crachait du soufre à plus de 300 kilomètres d’altitude quand Voyager l’a croqué avec ses appareils. Des dizaines de volcans dits noirs font en fait éruption sur Io et crachent leur matière en fusion jusqu’à 200 kilomètres de hauteur en moyenne. Ils dépassent par leur ampleur comme par leur fréquence tout ce qu’on a pu connaître sur la Planète bleue.

Io est le seul astre du Système solaire, hormis la Terre et Triton (un satellite naturel de Neptune), où des éruptions volcaniques ont véritablement été observées.

Volcans : Io devance largement la Terre

Pour le volcanisme, Io est bien en avant de la Terre. Mais elle ressemble cependant à notre planète pour ce qui est des cratères météoritiques ou plutôt leur absence. Il n’y a en effet aucun cratère d’impact sur cette lune jupitérienne parce que sa surface est constamment regénérée par l’activité volcanique. Cette dernière est en bonne partie composée de soufre et de dioxyde de soufre. Son sol est jeune : moins d’un million d’années. Cela ne signifie cependant pas qu’il n’y ait pas d’impacts de météorites sur Io. C’est juste qu’ils sont rapidement « digérés ».

Sur Terre, il y a certes des cratères (Manicouagan, Nouveau-Québec, etc.), mais jamais autant que, par exemple, sur la Lune, laquelle en est littéralement criblée. Et comme il n’y a pas de volcans pour les noyer, sur notre lune, les cratères demeurent toujours visibles.

Concernant notre lune, Io lui ressemble à plusieurs points de vue. Ces deux astres sont sensiblement de la même taille et de la même densité et ils sont situés à des distances comparables de leur planète respective. À la surface de notre planète, les traces de cratères sont souvent effacées par l’érosion, l’eau, le vent, etc., après plusieurs centaines de milliers d’années. Alors que sur Io, c’est par les milliers de tonnes de soufre expulsées par les puissants volcans, souvent à des vitesses d’un kilomètre par seconde ou 3600 kilomètres à l’heure que les cratères sont oblitérés, que la surface est constamment reconstituée, remise à neuf.

Io, la lune-pizza hot!

De plus, Io est « hot » parce qu’elle arbore plusieurs couleurs qui la font tellement ressembler à une pizza. C’est justement à cause de ce que rejettent ses volcans. Elle a des teintes de rouge, d’orange, de jaune, de blanc, de brun, de vert… Des couleurs de piments, de champignons, de fromages et de pepperoni, ma foi!

On aperçoit clairement une éruption volcanique, sur cette photo de Io prise par un des satellites artificiels Voyager.

L’attraction universelle, les forces de marées

Qu’est-ce qui provoque ce volcanisme intense chez Io? Les tensions gravitationnelles générées par Jupiter ainsi que par les lunes Ganymède et Callisto. Elle est la plus rapprochée de Jupiter et se trouve ainsi coincée entre cette planète géante et les septième et huitième plus grosses lunes de celle-ci. Ce tiraillement engendre à l’intérieur d’Io une énorme quantité de chaleur, en raison des forces dites de marées attribuables à la gravitation universelle.

Quelques données sur Io

Io a été découverte par l’astronome Galilée en 1610. Son diamètre est de 3632 kilomètres. Elle est à une distance de 421 600 kilomètres de Jupiter.