Éternel étudiant mais surtout lecteur assidu souffrant d’une insatiable faim de boulimique pour la littérature française. Toutefois, ce n’est que sur le tard, qu’il résolut de devenir le plus grand écrivain de sa génération ; depuis, il y travaille d’arrache-pied mais ne pousse pas la chose au point de se les casser bien qu’il lui arrive, encore, d’écraser ceux de ses partenaires lors des soirées dansantes et mondaines.

BLOGUE | Québec recherche Wagner

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Je suis de ceux pour qui il n’est plus question de savoir si le Québec disparaîtra ou pas, mais plutôt quand. Certains disent que ce sera par noyade suite à une inondation. Cela me paraît peu probable ; je crois plutôt qu’il se dissoudra à sec.

Tenant ce fait pour acquis et le temps n’étant que relatif, il me semble que seul le comment conserve quelque importance.

Je ne veux pas d’une simple fin de soirée, on remballe et on plie les chaises. Non! Je veux une véritable fin. La Nouvelle-France s’est achevée par la Conquête, le Canada français par une farce de boomers, le Québec par le Canada… de Justin Trudeau? Ah non! Un peu de vision, think big sti, pour faire face moins de conservatisme bockcôtien et davantage de cet exaltant goût néronien pour la poésie des désastres — et qui dit poésie interdit de donner sa chance à un Adrien Pouliot dont la soif de destruction n’est que le produit de frustrations et de petitesses, ce qui est courant chez les avocats.

Rien ne sauvera ce qui est et, à défaut de sauver ce qui sera, il nous est encore loisible de sauver ce qu’on en pensera, les qu’en-dira-t-on ; et donc, nous devons lutter contre le haussement d’épaules du contemporain du futur à qui l’on contera notre drôle d’anti-histoire. Et je le redis : la victoire éclatante n’étant plus possible, il nous faut la défaite aux propensions d’apocalypse.

Heureusement, car je sens que l’imagination — comme l’espoir — nous manque, j’ai trouvé dans l’Histoire-pas-trop-lointaine un exemple de peuple qui, ne se constatant plus d’envies de vivre, décida de se jeter à corps perdu dans la mort : l’Allemagne. Rassurez-vous, je ne vous parle pas d’industrialiser le crime, de génocider ou même de parader en chantant — juste de mourir dans la dignité. N’étant pas un moustachu beuglant à des Bavarois en bermudas-salopettes, je me propose de vous épargner l’opprobre de la postérité et la cruauté du présent. Souvenez-vous, simplement, que la Seconde Guerre fut déclenchée par l’invasion allemande de la petite Pologne au sujet de l’encore plus petit couloir de Dantzig. C’est ce qui doit nous inspirer.

Vous me voyez venir?
Voyons, cela.

Ce que je vous propose, c’est l’invasion de la zone que se contestent Québec et Terre-Neuve, au Labrador. Je vous la fait courte : aux petites heures du matin, le premier ministre du Québec annonce à Télé-Québec qu’un état de guerre existe entre nos deux provinces, qu’une armée québécoise a déjà franchi la frontière du Labrador et qu’elle fut accueillie par les acclamations de la foule des locaux en liesse. Une Crimée bien de chez nous. Sauf que nous ne sommes pas les Russes ; et le monde ne sera pas aussi patient avec nous.

Vous pouvez vous imaginer toutes les successions de désastres qui ne manqueront de découler de ce déficit de patience. Rien ne nous sera épargné! Après la défaite de notre vaillante armée aux mains d’une coalition anglo-saxonne défendeuse de la démocratie, nous vivrons l’occupation et la mise en tutelle. On pendra nos chefs. On nous interdira tout plein de choses et on nous en prescrira tout plein d’autres. Puis, nos vainqueurs se pencheront sur notre avenir, décideront que nous n’en méritons pas et nous enlèveront cela aussi. Ce sera enfin la fin! Nous serons arrivés à bon port. Et bien que nous n’existerons plus, la postérité ne pourra qu’être intriguée par cette petite bourgade de peuple nord-américain qui décida d’envahir le Labrador avec le seul droit ancestral, en dépit de tout bon sens et donc, nous ne mourrons jamais — ce qui, pour le moment, n’est aucunement acquis.

Or, pour gagner cette immortalité et lancer ce beau projet de fin de vie, une chose nous manque et elle est essentielle : la musique de Wagner.

Cette divine musique qui donne envie d’envahir la Pologne nous fait cruellement défaut. J’ai beau la chercher partout, tourner la tête de tous les côtés de notre star système québécois, je ne vois pas qui pourrait nous donner les airs qui eux nous donneront l’envie d’envahir le Labrador. C’est en désespoir de cause que j’utilise la visibilité que me donne ce blogue afin de laisser cette annonce d’embauche, au nom des miens : Wagner demandé.