La FPJQ s’alarme de la poursuite de 2,3 millions de dollars en diffamation intentée contre Radio-Canada

Voici le communiqué de la Fédération Professionnelle des Journalistes Du Québec

Communiqué – La FPJQ s’alarme de la poursuite de 2,3 millions de dollars en diffamation intentée contre Radio-Canada et sa journaliste d’enquête Josée Dupuis. Les policiers du poste de Val-d’Or de la Sûreté du Québec (SQ) disent devoir composer avec un milieu de travail « néfaste et hostile » depuis la diffusion, l’an dernier, d’un reportage de l’émission Enquête sur de présumés abus d’agents de la SQ à l’endroit de femmes autochtones de la région.

Le reportage avait provoqué le déclenchement d’une enquête par le ministère de la Sécurité publique du Québec.

Une poursuite d’un montant aussi astronomique dans un contexte où les médias sont en crise envoie un signal clair que l’on veut faire taire les journalistes d’enquête.

Et pourtant, le public québécois n’est pas dupe. Il sait que l’on ne compte plus le nombre de fois où le journalisme d’enquête, pratiqué dans des conditions parfois extrêmement difficiles et risquées, a eu un effet salutaire sur la société.

Le reportage dont il est question aujourd’hui, intitulé « Abus de la SQ : les femmes brisent le silence », a d’ailleurs reçu en juin le Prix Michener du gouverneur général, le plus grand honneur en journalisme au Canada.

Les médias qui font des enquêtes journalistiques doivent être encouragés plutôt que menacés à coup de poursuites-bâillons, même s’ils écorchent des réputations au passage.

L’enquête sur les agents de la SQ à Val-d’Or, conduite par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) à la demande du ministère de la Sécurité publique, est toujours en cours. Deux policiers ont été blanchis. Six autres policiers, qui ont été suspendus à la suite des témoignages des présumées victimes, attendent toujours de connaitre leur sort.

La FPJQ est par ailleurs extrêmement inquiète d’apprendre que les policiers du poste 144, à Val-d’Or, auraient embauché un détective privé, un ancien policier de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), aujourd’hui à la retraite, pour questionner directement des femmes autochtones qui ont témoigné dans le reportage. Ces femmes n’ont pas encore officiellement porté plainte contre les policiers et l’enquête est en cours.

Or, Radio-Canada affirme que le détective privé, dont les lettres G-R-C figuraient sur la carte d’affaires, a rencontré ces femmes laissant croire qu’il enquêtait sur la journaliste elle-même. Peut-on vraisemblablement imaginer que ces femmes vulnérables iront porter plainte officiellement après une telle visite? Les policiers et leur syndicat (l’Association des policières et policiers du Québec) sont-ils en train d’outrepasser l’autorité des enquêteurs officiels et de tenter de prendre la justice entre leurs mains, insultant au passage le travail de la journaliste?

La FPJQ demande au ministère de la Sécurité publique de faire toute la lumière sur cette affaire troublante. Elle espère par ailleurs que le ministre, Martin Coiteux se positionnera haut et fort sur l’importance de la liberté de presse et du journalisme d’enquête, dans l’intérêt du public.

Source:https://www.fpjq.org/

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