Un an plus tard : Les dénonciations des femmes autochtone de Val-d’Or

Près d’un an après que des femmes autochtones de Val-d’Or aient dénoncé de la violence et de l’abus à leur endroit par des policiers à l’émission Enquête de Radio-Canada, Femmes Autochtones du Québec (FAQ) revient à la charge et réclame de nouveau une enquête indépendante pour faire la lumière sur les relations entre la police et ces femmes des premières nations.

La FAQ a émis un communiqué à cet effet, jeudi (20 octobre), sous la plume de sa présidente, Viviane Michel, depuis le siège social de l’organisme, à Kahnawake. Ces femmes qui ont déjà fait entendre leur voix il y a près d’un an attendent toujours de savoir si leurs plaintes donneront lieu à des accusations, si leurs dossiers seront déposées au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). Voici de larges extrait du communiqué de FAQ.

 »Nous saluons le courage des femmes autochtones de Val-d’Or ainsi que celui de toutes ces femmes qui ont vécu et qui vivent des abus ou de la violence policière et qui trouvent la force de dénoncer. FAQ souhaite remercier ces femmes qui sont parvenues à ouvrir un discours sans précédent au Québec, tout en sachant que la route qu’elles empruntaient n’allait pas être facile et de tout repos. Aujourd’hui, à l’aube d’un an des dénonciations, il a été annoncé que 41 policiers de la Sûreté du Québec (SQ) poursuivent Radio-Canada pour avoir partagé un contenu qui est, à leur avis, diffamatoire.

FAQ souhaite conscientiser la population sur les violences et les abus que non seulement les femmes autochtones de Val-d’Or ont subi et subissent des corps policiers, mais sur cette réalité partagée à l’échelle de la province et du pays. La violence systémique subie par les femmes autochtones est indéniable et mène malheureusement à des situations où plus de 1200 femmes autochtones sont portées disparues et assassinées au Canada en 2016.

FAQ s’inquiète qu’un discours comme celui des policiers, alors que des femmes parviennent enfin à sortir du silence, n’encourage pas le cycle de guérison de ces femmes et les restreigne encore plus à dénoncer. Récemment, les Services parajudiciaires autochtones du Québec (SPAQ) nous apprenaient avoir acheminé au Service de police de la ville de Montréal (SPVM) seulement 11 plaintes officielles des plus de 75 appels reçus depuis le début de leur mandat en avril dernier. De surcroit, parmi ces plaintes officielles, seulement cinq proviennent de femmes autochtones alors qu’elles ont lancé quatre fois plus d’appels. Ce trop faible taux témoigne de la nécessité d’un meilleur service d’accompagnement pour les femmes autochtones qui désirent porter plainte afin qu’elles se sentent en sécurité et à l’aise de le faire.

L’acceptation des dénonciations des femmes par le DPCP sera déterminante pour celles qui sont indécises à l’idée de porter plainte. FAQ rappelle l’importance de continuer à offrir des services d’accompagnements aux femmes qui dénoncent ou qui veulent dénoncer, ce qui est d’autant plus vrai suite aux poursuites entamées par la SQ contre Radio-Canada.

Pour FAQ, ces dénonciations n’étaient que la pointe de l’iceberg. Malgré les efforts du gouvernement qui tente de recoller les pots cassés en finançant des projets et en offrant des formations à ses fonctionnaires, FAQ rappelle que l’enjeu central demeure les abus et la violence qui subsistent au sein de la relation entre les femmes autochtones et les policiers. C’est pourquoi nous réitérons nos position et revendications, encore à ce jour ». Voilà ce qu’écrit Mme Michel

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