Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d’autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

IL Y A 90 ANS, SIX MEMBRES D’UNE FAMILLE COULAIENT EN AUTO DANS LE LAC TÉMISCAMINGUE!

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Photo tirée du livre Temikami ''eaux profondes'' de Jeannine Gaudet-Brault

Le bonheur comme le malheur font partie de la réalité. Cela relève de la vie. Les faits ne peuvent s’inventer. Ils ne mentent pas. Ainsi, il y a longtemps déjà, le Témiscamingue a été le témoin d’un drame assez épouvantable survenu au lac Témiscamingue, lequel est d’ailleurs inscrit dans des livres!

Dans un volume intitulé TEMIKAMI  »eaux profondes », de la Société d’histoire du Témiscamingue, on parle de ce drame survenu il y a 90 ans cette année et qui a emporté six vies humaines dans le long lac linéaire de cette région du Sud-Ouest du Québec.

Voici les détails et une photo de ce qu’on appelle  »une des grandes tragédies du lac Témiscamingue ».
Le matin du 31 décembre 1927, Aldéric Racicot, 34 ans, résidant au village de la mine Silver Centre, Ontario, au volant d’une Durand, est allé vérifier l’état et l’épaisseur de la glace du  »lac Profond », parce qu’il voulait gagner St-Édouard-de-Fabre ce même jour. La route de glace était bien balisée et tout lui laissait croire que l’eau était suffisamment gelée, qu’il pouvait aller chez Médor et Joséphine Racicot qui préparaient fiévreusement la fête du Jour de l’An. Leur petit-fils, Roméo, 5 ans, se trouvait avec Médor et Joséphine. C’était le fils d’Aldéric R. et Desneiges Racicot, 26 ans. Ils étaient cousin et cousine, mariés avec dispense, ce qui se voyait souvent à l’époque.

Confiant dans l’état de la glace, Aldéric est donc retourné chez lui, pour y cueillir sa femme et trois de leurs quatre enfants, Léo-Paul, 6 ans, Bibiane, 2 ans, et Gérard, 6 mois. Je le rappelle, Roméo, 5 ans, est déjà à Fabre, chez ses grands-parents, le couple hôte. Il y avait aussi le frère de Desneiges, Antoine, 19 ans, et un ami d’Antoine, Horace (on dit Henri ailleurs) Laperrière. À 16 h, tous sont montés à bord, sauf Horace qui a accepté de venir à condition qu’il puisse monter sur la marche-pied dont était équipées les voitures de l’époque, en s’agrippant au capot de toile. Un voisin a déconseillé l’entreprise de cette  »expédition ». Mais fort de son inspection du matin et pressé de fêter le Jour de l’An, Aldéric s’est lancé.

À peine à mi-chemin, une crevasse devait s’ouvrir subitement sous la lourde auto contenant six personnes et celle-ci a aussitôt été entraînée sous la glace. Le fameux Horace, resté en dehors de la voiture, s’est retrouvé à l’eau glacée et a réussi à monter sur la glace solide pendant que l’auto sombrait dans l’abîme avec tous ses occupants. Péniblement, tout trempé, il a pu regagner Silver Center où il a alerté la communauté. Tous se sont noyés, sauf Horace qui, dit-on, a dû être hospitalisé pendant sept mois. Roméo est devenu orphelin et a perdu ses deux frères et son unique soeur en plus de son oncle du côté de sa mère. La compagnie minière de l’endroit a réussi après neuf jours à repêcher l’auto, ceci avec des câbles et des crochets d’acier.