L’art de se faire des ennemis (Première partie)

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Mon nouveau lieutenant détective, mon ami Maurice était mort. Quelle mauvaise idée d’aller se noyer à la chasse. Nous recevions donc un nouveau, nouveau lieutenant détective. Gilles, un bonhomme que je connaissais déjà pour avoir travaillé avec lui pendant les olympiques de 1976.

-Allô monsieur Aubin.
-Salut Gilles.

Les officiers aiment bien donner du monsieur pour faire comprendre qu’ils sont d’un grade supérieur. Mais Gilles je le connais assez pour donner sa marque de Gin préférée et avoir expérimenté son allergie au travail. Alors le ‘’monsieur’’, il sait déjà ou il peut se le mettre.

Je passe donc quelques minutes dans son bureau, histoire de comprendre comment fonctionne la boîte et quels seront les changements. C’est drôle, tous les lieutenants arrivent avec ‘’des changements ‘’ et repartent ayant laissé la boîte exactement comme elle était. Ils ont l’illusion d’avoir fait quelque chose d’important, c’est comme ça! Mon vieil ami Jean Marie dit toujours, des boss comme ça, les chameaux en ont deux. Paul, on l’appelait le poisson ou queue de veau, Gilles se sera gras double. En fait ils seraient tous les deux du pareil au même, mais avec plus de français cette fois.

En sortant du bureau, je reçois un appel de mon vieil ami Preacher, celui-là même que j’ai du faire déménager en catastrophe avec sa famille. Il est de retour en ville, caché chez une amie et il a une bonne information pour moi. Un truc sur Ragga notre revendeur national. C’est donc dans un resto minable de Verdun que je rencontre ma source. Preacher, a comme toujours besoin d’un peu d’argent. Je lui refile donc un vingt dollars plus le repas.

-Ragga va recevoir un bon arrivage de coke et ça serait bien que tu puisses le sauter quand le stock sera dans le resto.

L’info semble bonne comme toujours, il me reste à convaincre mon patron, le directeur.

Dès le repas terminé je me lance chez le directeur pour lui demander une équipe qui saura faire la filature et les arrestations.

-On prendra le S.I.R.O. ( section filature ouest.) et quatre constables du groupe. C’est facile, ma source saura exactement qui, quoi, ou et la frappe se fera avec les stups.

Le directeur me regarde avec une profonde indifférence avant de lancer de façon banale.

-Faites moi un rapport détaillé la dessus et on verra.

Fin de la conversation. J’en reste abasourdi, je lui apporte une affaire qui est de l’or en barre et lui, il est là à me regarder sans même sourcilier. C’est un va te faire foutre flagrant. Cette fois, je sent qu’il me prépare un sale coup. Le capitaine et lui n’ont pas digérés d’avoir perdu la dernière bagarre avec les jeans.

Perdu dans mes pensées, je retourne lentement à mon bureau quand mon gros partenaire Nick, vient me montrer un truc intéressant. Penché sur une tonne de rapports de police, il croit avoir compris qui sont les malfrats. Ce petit groupe de jeunes qui taxent dans les deux stations de métro de Notre Dame de Grâce, nous les connaissons bien,  »The Rebels », un petit gang de rues qui deviendra un des plus dangereux gang connu. Quand je lui montre toutes les plaintes, Gerry le lieutenant de relève se dit prêt à mettre quatre gars la dessus.

-Ce serait bien de ramasser ces canailles.
-You bet mon boss!

Gilles mon nouveau L/D n’a rien à dire, il est même tout heureux de se débarrasser de son encombrant sergent détective. Je crois que mon capitaine lui a déjà donné l’ordre de me casser, mais Gilles n’a pas les couilles pour ça. Alors ce moment de répit vient à point.

Finalement, au bout de quatre jours d’enquête, quatre des jeunes apaches sont ramassés en pleine action. Marty mon policier spécial de Shawbridge est comme toujours appelé à ramasser sa bande de petits monstres et tout le monde est heureux.

Gilles vient voir les résultats et je sais qu’il est épaté. Il a déjà compris comment ça se passait ici. En fait, tu donnes tout à Aubin et tu le laisse tranquille. Alors que je comptabilise les arrestations et le nombre de plaintes réglées, Gilles mon lieutenant détective sort de son bureau.

-Hey ti-cul Aubin, le directeur te demande à son bureau.

Gilles venait de laisser tomber le monsieur, il avait compris que ça n’irait pas avec mon style.

-Il veut quoi notre chef suprême?
-Sais pas, peut être te féliciter pour tes arrestations.
-Ça me surprendrait! Ho… je vais aller chercher trois autres kids, mes morveux ont jasé avec Nick. On devrait fermer deux ou trois autres plaintes.

Gras double hausse les épaules, si le directeur veut me voir, il ne va pas s’en mêler. Alors je me dirige vers le bureau, en passant je remarque que celui de Gerry est vide et alors que j’arrive devant le bureau du directeur, je constate qu’il m’attend avec le capitaine et Gerry. À voir la face d’enterrement qu’ils font, ça ne va pas être du gâteau.

À suivre…

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