IL Y A 100 ANS, 2000 MORTS ET 9000 BLESSÉS DANS L’EXPLOSION DE HALIFAX

Il y a 100 ans cette année, près de 2000 personnes de tous âges trouvaient la mort instantanément ou périssaient des suites de leurs graves blessures dans les jours suivants quand Halifax était littéralement soufflée par l’explosion d’un navire chargé d’explosifs destinés aux champs de bataille de la Première Guerre mondiale, en Europe.

En plus des quelque 2000 morts dont le tiers des enfants qui s’en allaient à l’école, 9 000 personnes étaient blessées dont 300 devenaient aveugles ou estropiées à vie et plus de 30 000 se retrouvaient sans-abri.

C’est arrivé le 6 décembre 1917, vers 9 h du matin, dans le port de la ville, lorsque le bâtiment norvégien Imo quittant le port pour aller se faire charger à New York a éperonné le vaisseau français Mont-Blanc qui entrait pour se joindre à un convoi, chargé de tonnes de benzène, d’acide picrique, de TNT et de fulmicoton.

Il s’agit de la plus puissante explosion causée par l’activité humaine jusqu’aux premières bombes atomiques en 1945.

La partie nord de Halifax appelée Richmond a été anéantie par trois éléments majeurs : la violente conflagration, le tsunami qui a suivi et a déferlé sur le voisinage et l’incendie d’une extrême violence produit lorsque les structures des bâtiments se sont écroulées à l’intérieur sur les lanternes, les réchauds et les fourneaux. Les maisons, les bureaux, les églises, les usines, les navires, les gares de voyageurs et les gares de marchandises ont été rayés de la carte. On parle de 1500 édifices détruits et 12 000 endommagés.

Plus loin de l’épicentre, la Citadelle s’est trouvée à détourner les ondes de choc loin du sud et de l’ouest de Halifax où des fenêtres et des portes brisées constituent l’essentiel des dommages. Dartmouth, de l’autre côté du port, a été touchée moins sévèrement du fait de la faible urbanisation de sa partie nord. L’établissement mic-macde Tuft’s Cove a été entièrement pulvérisé.

Le souffle de l’explosion a détruit des fenêtres à Truro, à 100 km de là, et on a pu l’entendre jusqu’à l’Île-de-Prince-Édouard. L’équipage d’un bateau de pêche, le Wave, qui était en activité à ce moment-là au large des côtes du Massachusetts, aurait entendu le grondement de l’explosion se propageant sur l’océan.

Comme pour lui donner le coup de grâce, un blizzard a déferlé sur Halifax le lendemain.

Les pertes matérielles ont été évaluées à 35 000 000 $ à l’époque.

Halifax est, en 1917, une ville portuaire particulièrement active et son port grouille de navires marchands et de vaisseaux de guerre canadiens et britanniques. La population de la ville s’élève à 50 000 personnes, un chiffre gonflé par les allées et venues permanentes des membres des autorités maritimes ainsi que des marins et des soldats en partance pour la guerre en Europe. L’un des ports libres de glace toute l’année parmi les plus évolués en Amérique du Nord, Halifax constitue une zone d’étape importante pour les convois transatlantiques qui sont rassemblés sur le bassin de Bedford, une zone de mer intérieure bénéficiant de protections naturelles, avant de transporter leur cargaison d’hommes et de matériel pour alimenter l’effort de guerre outremer.

Source : l’Encyclopédie canadienne

Voici un petit film retraçant la tragédie.

 

 

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