Quand Dieu s’en mêle. …suite

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J’ai encore les exploits de mon acrobate de travers dans la gorge, quand un coup de fil de Tina vint me réconforter.

-Slim est chez son frère Peter… Il y était tout à l’heure et tout essoufflé.

La chance veut que Tina achète sa coke chez Peter que l’on surnomme Hammer, il parait qu’il frappe fort. Ma petite peste d’indic y a laissé une montre et quelques chaînes en or qu’elle a chapardée dans le secteur. Comme elle me doit un petit service, elle acquitte sa dette.

-Bonne chance Dad!

De la chance, j’en ai, ça s’appelle avoir des indics.

-Nick, ramènes ton cul en vitesse.

L’excitation est à son maximum! Cette fois, s’il y est, il ne va pas me glisser entre les pattes. Le temps de remplir un mandat et faire signer le juge, l‘affaire se conclut. Deux policiers pour couvrir l’arrière, Nick et moi prenons l’avant. Je frappe fièrement chez Hammer, le frère de Slim.

Comme il n’y a rien de facile dans la vie, Hammer m’envoie naturellement promener, pire, le mastodonte esquisse un geste d’attaque. Il s’aperçoit très vite qu’il n’est pas le seul à frapper fort. Le temps de lui marcher dessus, je fais le tour de l’appartement, mais rien n’y fait. Le grand Slim s’est encore évanoui et je cache assez mal ma frustration. La jolie compagne de Hammer me jette un regard noir, pendant que son homme se relève péniblement et que les policiers en uniforme lui passent les menottes.

Je fais le tour des cachettes habituelles mais il n’y a que peu de choses. Nick retrouve les chaînes et la montre dans l’aquarium. Mais pour Slim, il faudra attendre encore un peu.

Pour plusieurs jours encore, se sera une infructueuse et frustrante partie de chasse. Un soir, alors que je sillonne le quartier, un appel me fait sursauter : Un homme blessé sur la rue Grand. D’instinct, je sais que Slim y est pour quelque chose. Dès que j’arrive sur les lieux, je me retrouve devant une situation frôlant le désastre. Entouré de cinq policiers criants des ordres tout en pointant leur revolver, j’ai devant moi un homme armé d’un long couteau. Le forcené crie sans arrêt et je reconnais immédiatement le nouvel ami de cœur de ma victime.

-Ok Max, it’s Aubin. Écoutes ma voix.

L’homme est trop paniqué pour m’entendre et ce n’est qu’à la troisième reprise, qu’il commence à comprendre.

-Aubin.. Je ne vois plus rien!
-Ok, je suis là, laisses tomber ton arme.

Max s’exécute lentement, mes gars sont encore un peu nerveux. Je m’approche tout en lui parlant doucement et le calme revient. Nous partons immédiatement pour l’hôpital. En cours de route, Max explique que Slim lui a lancé du MACE à la figure. Cette affaire aurait pu tourner au drame. Je dois redoubler d’ardeur.

Pourtant les jours passent et toujours rien. J’en suis à ma dernière journée de travail avant les vacances et cette histoire m’envahie. Personne ne va prendre ce dossier pendant mon absence et ça risque de tourner mal. Je suis encore perdu dans mes pensées, quand le téléphone résonne.

Tiens donc, la copine de Candy Man, le pauvre revendeur doit être écœuré de mes visites.

-Ton gars est de retour sur la rue Girouard, au même appartement.

Pendant que je ramasse mes affaires, Marty arrive à toute vitesse. lui aussi, il le veut ce bonhomme. Ils se sont engueulés au téléphone et maintenant, Slim le menace de mort.

J’ai mes hommes et cette fois, pas de risques inutiles. Il y aura deux gars à l’arrière et si mon grand singe veut faire de la désescalade, il aura une surprise.

Nous réinvestissons le bloc. Je grimpe encore une fois les escaliers pendant que mes hommes prennent les ascenseurs. À bout de souffle, je frappe à la porte et encore une fois mon idiot de village, joue son rôle d’idiot de village. Je le repousse vivement, mais je dois admettre qu’il n’y a pas traces de Slim.

Désespéré, je m’écrase par terre, face aux ascenseurs. Marty n’ose dire un seul mot, pas plus que les trois policiers qui m’entourent. Dans un geste de frustration, je lève les yeux vers le plafond et à voix haute, j’exprime ma colère au créateur..

-Si tu ne m’aides pas, j’aimerais bien que tu ne me nuises pas non plus! Merde! Je ne fais pas ça pour moi, je le fais pour cette fille. Moi, j’te demande rien!

Coup de théâtre! J’ai à peine terminé cette phrase, que les portes d’ascenseurs s’ouvrent. Une chose incroyable se produit alors. Le grand Slim en sort et une coupe de vin rouge à la main, il passe lentement devant nous. Marty tout comme moi, en demeurons pantois. Nouveau regard vers le ciel :

-Heu… Merci!

En quelques secondes, Slim se retrouve entouré par mes hommes. C’est comme si par magie, il venait d’être déposé là sans qu’il s’en aperçoive.

-Hey Paul…
-Je ne suis pas Paul!

Je lui montre alors une photo, vous savez, celle ou il y a des chiffres en dessous! Il regarde bêtement et hausse les épaules. Il est cuit et il le sait.

-Ho Slim, je te présente mon ami Marty.
-Hum…

Je pouvais donc partir en vacances l’esprit tranquille.

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