Le GRAND meurtrier minier

Le meurtrier minier par Pierre Frigon

Ce sont 104 victimes en Chine, en 2009; en Russie, plus d’une centaine, en 2007; en 2010, aux États-Unis, 29 morts; et ce n’est là qu’un aperçu des ravages du plus grand meurtrier de l’industrie minière mondiale. Dans toute l’Histoire, soit depuis le 16e siècle à nos jours, c’est au total plus de 40 000 mineurs qui sont décédés, victimes de ce meurtrier qu’est le GRISOU ou, comme on l’appelle, le « coup de grisou’ ».

La France et la Chine sont les principaux pays touchés, mais l’Ukraine, la Russie, l’Allemagne, les États-Unis et aussi le Canada figurent parmi la liste des dizaines de pays ou le « coup de grisou’ » a fait des victimes. Chez nous, au Canada, on dénombre 38 morts en 1956 et plus de 60 en 1873. Cela demeure tout de même loin des 361 victimes en 1866 en Grande-Bretagne ou encore des 1099 en 1906, en France. Le « coup de grisou » le plus meurtrier s’est produit en 1940, en Chine, alors qu’il a fait, au total, 1549 morts.

La recette meurtrière

Le « coup de grisou » se forme principalement dans les mines de charbon. Le grisou est le gaz que produit le charbon lorsqu’il est fracturé dans les galeries comme à la surface. Il s’accumule, et ce, sans que les mineurs ne puissent s’en apercevoir. La moindre étincelle provoque alors une forte explosion, ne laissant aucune chance aux travailleurs des mines de charbon. Il est, la plupart du temps, mortel donc très redouté des mineurs. Jusqu’en 1950, on ne connaissait pratiquement rien de ce phénomène, ce qui le rendait d’autant plus difficile à prévoir.

La ventilation

La faible ou inexistante ventilation dans les mines de charbon permettait au grisou de s’accumuler en plus ou moins grande quantité et, lorsque ce gaz était suffisamment concentré et mélangé à l’oxygène, la plus petite friction de métal produisant une étincelle provoquait l’explosion. Rien ne permettait de détecter la présence de ce gaz ce qui ne donnait aucune chance aux mineurs sous terre qui exploitaient le charbon, plus populaire à l’époque qu’aujourd’hui. Une trop grande accumulation pouvait être mortelle. Le plus grand risque était, bien sûr, l’explosion; pourtant, le gaz pouvait également tuer les mineurs par asphyxie. L’accumulation de grisou pouvait tout aussi bien se produire à la surface, ce qui rendait l’explosion moins meurtrière, mais tout aussi puissante, dû à la grande quantité d’oxygène.
Certains mineurs, par précaution, descendaient dans les galeries avec un canari, qui cessait de chanter lorsque l’accumulation du gaz devenait trop importante.

Sir Humphry Davy, qui a étudié l’atmosphère grisouteuse en 1815, avait développé une lampe à l’huile qui permettait de savoir lorsque le grisou se trouvait en trop forte présence. Lorsque le gaz atteignait 17% de présence dans l’oxygène, la flamme à l’intérieur de la lampe, constituée d’un très mince maillage de métal, s’éteignait par manque d’oxygène, avertissant ainsi les mineurs de l’accumulation de grisou.

En 2005, on estimait à 42 614 le nombre de personnes ayant été victimes du plus grand tueur de l’Histoire des mines à travers le monde.

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