Diplômé d’un baccalauréat en littérature française (Université du Québec à Trois-Rivières) et d’un certificat en journalisme (Université Laval), Olivier Kaestlé a commencé à s’exprimer dès 2006 dans les tribunes d’opinion sur une pléthore de sujets. C’est en créant son blogue en 2009 qu’il a choisi de se consacrer presque exclusivement à la condition masculine et à la dénonciation des injustices et iniquités vécues par les hommes et les garçons, tout en se vouant à la lutte à l’intégrisme religieux, qui menace de plus en plus les femmes et les filles ayant la chance de vivre selon les valeurs civilisées du Québec. Olivier co-anime également avec Lise Bilodeau l’émission « Tant qu’il y aura des hommes…  » sur les ondes de Radio Média Plus.ca.

#MeToo : vers l’abolition de la présomption d’innocence…

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Aux yeux de nos militantes, la présomption d'innocence demeure un irritant majeur...

Si vous trouvez mon titre alarmiste, considérez ceci : la Suède vient de déposer un projet de loi préconisant l’inversion du fardeau de la preuve dans les causes d’agressions sexuelles, ainsi que l’affirmait récemment son Premier ministre :

« Stefan Lofven, Premier ministre, a déclaré que la « réforme historique », que sa coalition prépare depuis sa prise de pouvoir en 2014, vise à transférer, dans une affaire de viol ou d’agression sexuelle, le fardeau de la preuve, du plaignant à l’agresseur présumé. S’adressant aux victimes, ce dernier a déclaré : « La société est à vos côtés ». Si le projet de loi est approuvé, il entrera en vigueur le 1er juillet. »

Peut-on être plus clair ? Et n’allez pas vous imaginer que ce qui se passe en Suède n’arrivera pas au Canada. C’est la Suède qui a « innové » en légalisant la criminalisation du client de services sexuels en 1999. Le Canada, sous les conservateurs de Stephen Harper, devait lui emboîter le pas en 2014 avant d’être rejoint par la France en 2016. Or, le modèle suédois, bien qu’obstinément défendu par les abolitionnistes, serait un flop :

« En 2013, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU publie un rapport de la Global Alliance Against Traffic in Women qui conclut que « la criminalisation des clients n’a pas réduit le trafic ou le travail lié au sexe, mais a augmenté la vulnérabilité des travailleuses du sexe à la violence, a nui aux réponses au VIH et a empiété sur les droits des travailleuses du sexe ». Cette conclusion a été reprise dans un papier intitulé Pénaliser les clients de la prostitution : un ticket pour la clandestinité publié dans Mediapart par Médecins du Monde, Arcat, Act Up-Paris, le Planning familial et Aides. »

On voit où mène le délire d’une bien-pensance féministe de gauche.

#MeToo : la dérive…

Pas besoin d’un doctorat en sociologie pour situer le contexte particulier à l’origine de la poursuite de l’idée fixe entretenue par nombre de groupes féministes, comme le Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte aux agressions sexuelles (RQCALACS) dont la campagne #OnVousCroit vise, à mots à peine couverts, l’abolition de la présomption d’innocence. Ces militantes se compromettent davantage dans un site dont elles sont membres :

« Malheureusement, encore à ce jour, l’agression sexuelle demeure le seul crime où c’est la victime qui doit prouver qu’elle est victime et non le criminel, mais nous travaillons sans cesse pour voir un jour ce fardeau de preuve se renverser. »

Besoin de davantage d’éclaircissements ? Leur protégée, Alice Paquet, dont ces idéologues n’ont cessé de défendre les accusations les plus indéfendables envers le députe Gerry Sklavounos, reprenait leur mantra en octobre dernier :

« La présomption d’innocence, c’est le mur qui sépare les survivantes de l’espoir d’une quelconque justice : et si l’on décidait qu’une victime dit la vérité jusqu’à preuve du contraire, plutôt que de déculpabiliser l’agresseur et de lui accorder le bénéfice du doute ? »

Psychose collective

Encore ce matin, je lisais la triste histoire de Patrick Brown, ce chef conservateur ontarien, renié par les siens sur la « foi » d’accusations non prouvées et qui, si elles l’étaient, relèveraient davantage de l’inconduite sexuelle que de l’agression, sa première « victime » ayant été consentante, et l’accusé ayant cessé tout attouchement dès que la seconde accusatrice l’eut enjoint d’arrêter. Ce genre de lynchage médiatique, sans autre forme de processus judiciaire ou de procédures policières est en passe de devenir la norme.

Imaginez ce qui arrivera si, ou quand, la présomption d’innocence sera abolie. Notre appareil judiciaire deviendra avant longtemps l’ambassadeur institutionnel de la paranoïa et de la vindicte hystériques des réseaux sociaux pour qui un homme accusé est automatiquement coupable. Comme le délire collectif qui s’abat en ce moment sur l’Occident ne semble pas près de s’apaiser, il y a gros à parier que la présomption d’innocence, à la base même de notre justice, n’en a plus pour longtemps dans les causes d’agressions sexuelles…