Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d’autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

Il y a 410 ans, Champlain fondait Québec, 1re ville d’Amérique du Nord

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Il y a 410 ans, le 3 juillet 1608, Samuel de Champlain fondait la première ville d’Amérique du Nord, Québec!

Par Ghislain Loiselle

Le célèbre géographe et explorateur français a officiellement établi la capitale de la Nouvelle-France dans ce détroit en raison justement de l’étroitesse du fleuve à cet endroit qui s’ouvre sur le golfe Saint-Laurent et pour la facilité de défense des lieux offert par le cap Diamant, de grands avantages que présentait ce site aux yeux des Français pour la traite des fourrures.

Champlain avait établi des contacts avec les Indiens lors de son premier voyage où il avait reconnu le site jusque là connu sous son nom iroquois de Stadacona, en 1603, lors d’une expédition de traite à Tadoussac conduite par le marchand de Saint-Malo, François Grave du Pont ou Pontgravé, qui avait remonté la  »rivière du Canada », le fleuve Saint-Laurent.

De retour en France, il avait publié le récit de son séjour dans son ouvrage intitulé Des Sauvages. Champlain avait même ramené dans la France royale le chef iroquois Donnaconna. Il était ensuite revenu en Amérique pour explorer la côte jusqu’à Cap Cod.

Québec, le rétrécissement ou détroit, avait été découvert trois-quarts de siècle plus tôt par Jacques Cartier, mais personne avant Champlain n’avait cherché à s’implanter à cet endroit. Alors que les commerçants ne s’intéressaient qu’au commerce de la fourrure, Champlain, lui, envisageait de se consacrer au contrôle, à l’administration, par la France, de toute la région.

Champlain a approfondi les contacts avec les Indiens en commerçant avec les Montagnais, le long du Saint-Laurent, avec les Hurons, sur les Grands Lacs dont la baie Georgienne du lac Huron, à l’Ouest, avec les Etchemins de la Rive-Sud… Alors que les Iroquois s’installaient au sud du lac Ontario et au sud du fleuve Saint-Laurent, où on retrouve dans l’État de New York aujourd’hui, l’impressionnant lac qui portera le nom de Champlain, les Algonquins occupaient de plus en plus le territoire au nord du fleuve et dans l’ouest de l’immense péninsule du Labrador, le Québec d’aujourd’hui. C’est incidemment près du lac Champlain qu’un premier accrochage a eu lieu, en 1609, avec les Iroquois, ennemis des autres tribus en grande partie à cause de la fourniture de fourrures. Pour garantir de bonnes relations avec les Amérindiens amis, Champlain leur confiait des jeunes gens comme élèves-interprètes. Étienne Brûlé en a été un. Il a exploré d’immenses territoires. En 1615, Champlain lui-même a entrepris un grand voyage d’exploration vers l’Ouest. Il a pour ce faire atteint le lac Nipissing (North Bay se trouve sur les rives de ce lac). Il a ainsi pu reconnaître la partie orientale du lac Ontario. Champlain a aussi vu de ses propres yeux 80 kilomètres de la région du Témiscamingue, depuis  la rivière Dumoine dans le canton Aberford (frontière du Témiscamingue en A.-T. et du Pontiac en Outaouais) jusqu’à l’embouchure de la rivière Matawan. Le fondateur de la première colonie (blanche) nord-américaine et donc fondateur du Canada devait naviguer sur le fleuve et sur la rivière Outaouais pour rejoindre les Grands Lacs. Il s’était rendu à l’île aux allumettes, sur la rivière Outaouais, en 1613, et il a été le premier à connaître les limites du Témiscamingue lorsqu’en 1615, il a remonté la Grande rivière un peu plus haut pour aller découvrir la  « mer d’eau douce », le lac Huron. Pour ce faire, il était passé par la rivière Mattawan, où campe Mattawa, aujourd’hui.

Le Témiscamingue commence en effet quelque 80 kilomètres avant cette rivière stratégique. Champlain a ainsi pu voir autant de kilomètres des côtes de la région témiscamienne avant de s’engager dans la rivière qui devait le mener au lac Nipissing puis, par la rivière des Français, jusqu’à la baie Georgienne du lac Huron, en pleine Huronie. Les Hurons ont, comme les Algonquins, été très en contact avec le Témiscamingue, de par leur proximité du royaume algonquin. Ils ne faisaient toutefois pas partie de la même famille linguistique. Eux étaient de la famille iroquoienne, les Algonquins de la famille algonquienne. Champlain a passé l’hiver 1615-1616 chez les Nipissingniens et a servi de médiateur entre quelques-unes des tribus algonquines et les Hurons. Jusqu’à la construction du chemin de fer Transcontinental du Canadien Pacifique, en 1880, la rivière Outaouais, la rivière Mattawan, le lac Nipissing et la rivière des Français ont servi de grand route vers les Grands Lacs et les Prairies. On retrouve le parc provincial ontarien Samuel-de-Champlain sur la rivière Mattawa.

Jusqu’à sa mort à Québec, le 25 décembre 1635, Champlain a accompli de nombreux voyages en France pour y recruter de nouveaux colons et rendre compte des besoins de sa colonie. Nommé lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-France en 1619, il a ramené avec lui sa jeune épouse, Hélène Boullé. Il a organisé l’installation des nouveaux venus en faisant construire des habitations, des maison, des forts.

Il faut savoir que la colonie de Champlain a été perdue pour un temps. Profitant de l’état de guerre entre la France et l’Angleterre en 1627, la flottille anglaise dirigée par les frères Kirke s’est emparée du poste de traite de Tadoussac, a intercepté la flotte de Roquemont et ses 400 nouveaux colons, a organisé à Québec un blocus qui a mis la colonie au bord de la famine, ce qui fait que le 19 juillet 1629, Québec a dû se rendre. Mais, en France, le siège de La Rochelle s’était terminé par la reddition des protestants et le traité de Suse, signé en avril 1629, avait mis fin aux hostilités entre la France et l’Angleterre, soit trois mois avant la prise de Québec qui s’était donc faite en temps de paix. Champlain l’a appris en se rendant en France. Il a débattu sa cause à Londres et a gagné. Québec lui a été restituée par le traité de Saint-Germain-en-Laye, le 29 mars 1632.