Diplômé d’un baccalauréat en littérature française (Université du Québec à Trois-Rivières) et d’un certificat en journalisme (Université Laval), Olivier Kaestlé a commencé à s’exprimer dès 2006 dans les tribunes d’opinion sur une pléthore de sujets. C’est en créant son blogue en 2009 qu’il a choisi de se consacrer presque exclusivement à la condition masculine et à la dénonciation des injustices et iniquités vécues par les hommes et les garçons, tout en se vouant à la lutte à l’intégrisme religieux, qui menace de plus en plus les femmes et les filles ayant la chance de vivre selon les valeurs civilisées du Québec. Olivier co-anime également avec Lise Bilodeau l’émission « Tant qu’il y aura des hommes…  » sur les ondes de Radio Média Plus.ca.

BLOGUE En 2016, Stockholm était paralysée par le « déneigement féministe »…

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En Suède, même le déneigement est féministe...

Il y a des nouvelles, comme ça, qui ont le don d’arracher un sourire. Pas forcément un sourire content, joyeux, mais plutôt un rictus ironique devant l’absurdité ou l’aveuglement idéologique qu’elles trahissent. On dit que l’enfer est pavé de bonnes intentions. En voici un exemple, survenu en novembre 2016, mais qui est passé sous nos écrans radars nord-américains.

Il s’agit de cette trouvaille suédoise appelée « déneigement égalitaire » que ses détracteurs ont aussitôt appelé « déneigement féministe », devant le capharnaüm suscité par cette initiative à Stockholm dès que cette municipalité en a tenté l’implantation.

Selon les instigateurs de cette innovation, les femmes seraient deux fois plus nombreuses que les hommes à utiliser les transports publics, véhiculeraient plus souvent les enfants à l’école à pied ou à vélo, et se retrouveraient plus fréquemment à l’hôpital avec une fracture après une chute.

Comme les hommes seraient majoritaires à utiliser l’auto, il a été jugé que de prioriser le déneigement des rues était sexiste. Il fallait dorénavant, au nom de l’égalité homme femme, commencer par les trottoirs et les pistes cyclables empruntés par une majorité féminine.

Une ville paralysée

C’est en 2015, sur les conseils éclairés de sociaux-démocrates, d’écologistes et de féministes, que Stockholm se dotait de cette politique avant-gardiste. Le Monde décrit ainsi la totale déroute qui devait s’ensuivre en novembre 2016 :

« Début novembre, le système a été mis à l’épreuve par les premières chutes de neige importantes dans la capitale suédoise. Les voitures ont été bloquées sur le périphérique pendant des heures, des écoles ont été fermées faute de bus en circulation, des habitants appelés à rester chez eux…

« Tandis que la ville était plongée dans le chaos, les pourfendeurs du jämställd snöröjning lui ont vite trouvé un petit surnom : le feministiskt snöröjning, ou « déneigement féministe ». Et s’en sont donné à cœur joie sur les réseaux sociaux. La patronne des conservateurs, Anna Kinberg Batra, s’est fendue d’un tweet grinçant, constatant que « tout n’est pas question de sexe. La neige, par exemple ». Avant de se demander : « En quoi la Suède est-elle plus égalitaire quand les bus n’arrivent pas à rejoindre les écoles ? » »

Je veux bien reconnaître que les risques de chute sont plus grands à pied qu’en auto, mais il faudra qu’on m’explique en quoi ils le demeureraient dans les transports en commun surtout empruntés par les femmes. Qui plus est, si les autos sont bloquées par des routes enneigées, lesdits transports en commun suédois se composent-ils d’une flotte d’hélicoptères permettant à la gent féminine de surmonter cet obstacle ? Bloqué pour bloqué, on l’est tout autant en voiture qu’en autobus…

Au fait, quand les femmes traversent des routes enneigées ou glacées, il n’y a plus de risque de chute ? Pas de danger de glisser sous les roues d’un automobiliste qui aurait du mal à freiner sur une étendue glacée ?

Faut dire que dame Nature s’est montrée particulièrement antiféministe cette année-là en infligeant à la ville sa plus sévère tempête en 111 ans avec 40 centimètres de neige tombés en quelques heures seulement.

Ne s’avouant pas vaincus pour autant, les défenseurs du « déneigement égalitaire » ont affirmé que les accidents d’auto auraient diminué quand les routes ne sont pas déneigées immédiatement, les conducteurs faisant preuve, croient-ils, d’une plus grande prudence. Les automobilistes suédois sont sûrement plus disciplinés que nous, au Québec, où les accidents augmentent de 30 % en hiver, sans doute parce que nos routes sont trop bien déneigées…

Depuis la totale déroute de 2016, aucune nouvelle sur le « déneigement féministe » n’est venue nous informer sur l’évolution de ce dossier sensible. Pourquoi ai-je l’impression qu’un succès ou même, qu’un vague redressement de la situation, aurait été déjà médiatisé ?