Diplômé d’un baccalauréat en littérature française (Université du Québec à Trois-Rivières) et d’un certificat en journalisme (Université Laval), Olivier Kaestlé a commencé à s’exprimer dès 2006 dans les tribunes d’opinion sur une pléthore de sujets. C’est en créant son blogue en 2009 qu’il a choisi de se consacrer presque exclusivement à la condition masculine et à la dénonciation des injustices et iniquités vécues par les hommes et les garçons, tout en se vouant à la lutte à l’intégrisme religieux, qui menace de plus en plus les femmes et les filles ayant la chance de vivre selon les valeurs civilisées du Québec. Olivier co-anime également avec Lise Bilodeau l’émission « Tant qu’il y aura des hommes…  » sur les ondes de Radio Média Plus.ca.

BLOGUE #metoo : serons-nous un jour accusés d’agression sexuelle par omission ?

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Ce billet est à lire au second degré. Bien que...

Ne riez pas. Ça pourrait arriver. Avant longtemps, à part ça. Après tout, si vous vous placez d’un point de vue féministe voulant que les femmes soient victimes de tout et de n’importe quoi, pourquoi de telles dénonciations ne seraient-elles pas encouragées ? Imaginez l’impact psychologique dévastateur, pour ne pas parler de violence psychologique inouïe, résultant du refus d’un rapport sexuel sur la si vulnérable psyché féminine. Les femmes ne sont-elles pas des êtres fragiles qu’un tout petit souffle de vent patriarcal suffit à jeter à terre ?

Après tout, elles sont déjà les proies de tant de fléaux que leur énumération pourrait mener au burn out. Récemment, on découvrait que leur plus petite taille résultait du patriarcat du steak qui les avait privées des protéines nécessaires à leur développement depuis la nuit des temps. Elles sont aussi victimes du langage sexiste, de l’air conditionné sexiste, des changements climatiques sexistes, de cinéma sexiste, de publicité sexiste, de milieux de travail sexistes, de sexualité sexiste, de taxes sexistes, de Grammy Awards sexistes, et de tant d’autres calamités tout aussi sexistes.

En janvier dernier, la très sérieuse BBC rendait compte d’un débat public survenu sur Twitter à la suite d’une opinion, exprimée par un participant à une émission de télé-réalité, à l’effet qu’il refuserait d’avoir un rendez-vous galant avec une femme transsexuelle. Croyez-le ou non, mais les réactions étaient très partagées entre celles qui approuvaient le « transphobe » présumé et celles qui jugeaient son geste « discriminatoire ».

En dehors de la perspective de retrouver entre les jambes de votre partenaire un pénis qui ne vous appartient pas, n’est-il pas normal, pour tout homme platement hétéro, d’aller vers une femme, transgenre ou non, selon son penchant pour la personne en question ? En se fichant de toute norme idéologique ?

Et si l’on commence à voir – timidement, mais tout de même – de la discrimination dans le fait, pour un méchant homme blanc hétérosexuel, de refuser un rancart avec une femme transgenre, le prochain pas vers l’absurde ne pourrait-il pas devenir la réprobation sociale pour avoir refusé la même faveur à une femme cisgenre et hétérosexuelle ?

Or, messieurs, lequel d’entre vous n’a pas été l’objet d’attentions non désirées de femmes qui ne les branchaient pas particulièrement ? Ces représentantes de la gent féminine qui, dès l’enfance, s’entendent dire « Ce que femme veut, Dieu le veut ! » ou « L’homme propose, la femme dispose… », ne pensez-vous pas qu’elles pourraient sentir monter en elles l’expression d’un « juste » courroux devant votre indifférence ?

Imaginez d’ici quelques années, une représentante du Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte aux agressions à caractère sexuel s’exprimer ainsi : « De plus en plus d’hommes s’en prennent à des femmes de tout âge en les blessant cruellement dans leur féminité profonde, dans leur identité la plus vulnérable, par leur refus sciemment exprimé de tout rendez-vous galant, pire, de tout contact sexuel, à seule fin de les traumatiser d’une façon irrémédiable. Il faut désormais criminaliser cette forme de violence discriminatoire. #NonAuRejet»

Bon, j’admets que je pousse le bouchon un peu loin, et qu’une telle dérive reste plus qu’improbable. Du moins, je l’espère. Enfin, je pense. À moins que…