Réalités astronomiques: ma mise au point

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Je constate en lisant différentes publications que, visiblement, certains rédacteurs scientifiques ne comprennent pas bien le fonctionnement de certaines réalités astronomiques. Je fais référence à des cycles et aux effets de ces paramètres sur les climats de notre planète. J’ai nommé la précession des équinoxes, la nutation, l’axe de la Terre et son orbite (sa révolution autour du Soleil).

Par Ghislain Loiselle, blogueur

Je vais expliquer le plus brièvement possible la fonction de chaque paramètre. En même temps, les erreurs que trop de vulgarisateurs font ressortiront, bref, seront à lire entre les lignes.

La précession des équinoxes

La précession des équinoxes est le grand cercle que décrit la Terre dans le ciel sur une période de 26 000 ans en pointant son axe de rotation vers le Nord céleste. Comme s’il s’agissait d’un crayon qui dessinerait ce cercle prenant l’aspect de la grande ouverture d’un cône depuis sa pointe de départ au sol.

Ce cycle n’a strictement aucun effet sur les saisons. Il oriente juste la Terre ailleurs dans le ciel de millénaires en millénaires. Ceci fait que dans 13 000 ans, Polux ne sera plus l’étoile polaire. Sirus la remplacera. Aussi, l’été ne sera plus le 21 juin dans l’hémisphère Nord, mais le 21 décembre. Et l’hiver sera le 21 juin.

Dans l’hémisphère Sud, l’été surviendra le 21 juin. Et l’hiver le 21 décembre, comme chez nous maintenant. Ce mouvement circulaire n’a aucun effet sur l’inclinaison de l’axe de la Terre. Et il n’a pas rapport.

Il y a d’autres causes à cette précession. Elle est attribuable au fait que le Soleil fait le tour de la Voie lactée en suivant un trajet hélicoïdal, comme un ressort étiré. Avant de revenir à une même position, il s’écoule toujours 26 000 ans.

Parmi les autres réalités astronomiques: la nutation

Le nutation est la pointe que créée la Lune 12 fois par année dans le cercle de précession des équinoxes. C’est parce qu’elle exerce une attraction sur la Terre même si sa masse est très inférieure à notre planète. Ce cycle n’a aucun effet sur les climats, ni sur l’axe de la Planète bleue et sa révolution.

Obliquité de l’axe de la Terre

Le 1er janvier 2018, l’inclinaison de l’axe de la Terre était de 23 degrés, 26 minutes et 13,022 secondes d’angle. À ma naissance, en 1957, l’obliquité était pratiquement la même. Mais celle-ci n’est pas stable pour autant. Elle évolue, mais très lentement.

De 10 000 ans en 10 000 ans, elle passe de moyenne (23,44 degrés), comme aujourd’hui, à faible (22,1 degrés en 12 018). Puis elle revient à moyenne en 22 018. Et elle va à forte (24,5 degrés en 32 018). Et de nouveau à moyenne (en 42 018). L’axe de la Terre agit comme un pendule, finalement.

Et ces changements-là ont des effets sur les climats! Lorsque l’obliquité est moyenne, on connaît ce qu’on appelle en climatologie des étés frais et des hivers doux aux latitudes plus nordiques. C’est ce qu’on vit en 2018, comme c’est le cas en règle générale depuis quelques millénaires. Et c’est ce que nous connaîtrons au cours des prochains millénaires si nous n’entravons pas le cours des choses. Quand l’obliquité est faible, il y a moins de différences entre l’été et l’hiver. Quand elle est forte, les hivers sont plus marqués, les étés aussi. Le cycle est de 40 000 ans.

Orbite de la Terre

L’orbite de notre planète va d’oblique à circulaire. On parle d’ellipse, car le dessin de la révolution n’est jamais parfaitement circulaire. L’ellipse est à son maximum d’excentricité lorsque le facteur est à 0.058. Elle est à une excentricité presque nulle à 0.0051.

Ce paramètre-là influe également sur les climats! Tout comme l’inclinaison de l’axe terrestre, quel qu’en soit le degré.

Lorsqu’une orbite est ovale ou elliptique, la Terre a un périhélie et une aphélie, bref, un point le plus proche du Soleil et un point le plus éloigné. Sur une période de 100 000 ans, l’orbite terrestre passe d’une excentricité maximale à une excentricité qui se rapproche du cercle.

Le périhélie survient actuellement l’hiver, plus précisément le 3 janvier pour le top, dans l’hémisphère Nord. L’aphélie se produit présentement l’été, plus précisément le 3 juillet, dans l’hémisphère Nord. Dans 10 000 ans, ce sera l’inverse, à cause de la précession des équinoxes. Mais, je le rappelle, cela entraîne juste un changement d’alignement de l’axe de la Terre sur le cercle qu’il décrit dans le ciel. Cela n’a aucun effet sur les climats.

Par contre, à l’aphélie, la Terre est privée de 7% de l’énergie provenant du Soleil. C’est un fait. Ça entraîne des étés frais. Au périhélie, elle a 7 % de plus d’énergie solaire. Ça entraîne des hivers doux. L’hémisphère Sud connaît le périhélie en même temps que nous. Mais dans cette partie de la Terre, c’est l’été. Ses étés sont donc plus chauds. Et l’hémisphère Sud a son aphélie au même moment que nous. Mais dans cette demie du Globe, c’est l’hiver. Les hivers y sont donc plus froids qu’ici.

Quand l’orbite terrestre est  »circulaire », l’été et l’hiver se trouvent mixés, aux plus hautes latitudes, tout comme lorsque l’axe de la Terre est moins incliné. Cela crée du temps doux à travers le temps froid, ce qui provoque de l’enneigement, aux latitudes plus élevées, dans le Nord. Le climat nordique s’installe alors plus au sud, repoussant le climat tempéré de plus en plus au sud. Le climat arctique prend plus de place avec tout ce que cela entraîne: toundra plus au sud, taïga plus au sud…

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