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23 octobre 2018
Actualité Blogues Russel-Aurore Bouchard

BLOGUE | « Monsieur » et « madame » : bravo Justin, tu viens de te surpasser !

Russel-Aurore Bouchard

Russel-Aurore Bouchard (née Russel Bouchard le 4 octobre 1948 à Chicoutimi) est une écrivaine et historienne québécoise habitant la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Elle s'est spécialisée dans l'histoire de cette région et a produit de nombreuses publications sur ce sujet. Ses derniers ouvrages sur l'ethnogenèse du Peuple métis de la Boréalie québécoise lui valent, aujourd'hui, d'être reconnue comme une spécialiste en ce domaine ainsi que le lien de mémoire de son peuple.

Les employés de Service Canada doivent maintenant « utiliser un langage neutre au niveau du genre » : terminés les mots « monsieur », « madame », « père » et « mère » lors d’une première interaction avec les clients.

En tant que membre du cercle très restreint des femmes trans, je trouve cette décision complètement débile ! Il faut vraiment n’avoir aucun projet de société à proposer à notre pays pour en être rendu là !

Après avoir déclaré à la face du monde que le Canada était le premier pays de l’histoire de l’humanité à ne pas avoir d’identité. Après avoir fait un fou de lui en s’affublant comme un clown partout où il se produit. Voilà que le gamin pas très futé que nous avons élu comme premier ministre s’applique à réduire notre humanité à un monde peuplé de licornes, désincarné, sans genre et asexué. Pour cultiver la confusion et ajouter un étage de plus de la tour de Babel, c’est la recette parfaite.

Permettez que je vous dise : vous l’avez voulu, vous lui avez donné les clés du Parlement, vous l’avez adulé comme un phénix alors qu’il n’y avait rien entre les deux ailes. Ne vous en prenez qu’à vous ! En deux ans et demi, ce gamin a fait reculer le Canada comme jamais un gouvernement n’avait réussi à le faire avant lui.

Progrès pour les trans

Comprenez-moi bien. Les trans ne sont même pas un pour cent dans ce pays et ont avancé, au chapitre de l’acceptation sociale à cet égard, comme aucun pays au monde. Pour le confort de tous, nous avons socialement accepté les changements de genre dans les actes de l’État civil.

Depuis 2011, le Québec défraie les opérations de rétribution de sexe et s’enorgueillit d’avoir l’une des meilleures cliniques du genre au monde. Nous avons réglé l’épineuse question des toilettes publiques et protégeons les droits de tous ceux et celles qui affirment une différence, quel qu’elle soit. Ce n’est pas rien. Ce que nous avons accompli est énorme. La société a fait un pas de géant et c’est admirable. Nous (les trans) sommes maintenant normalisés dans l’ensemble de la société, qu’on vive à Terre-Neuve, au Nunavut ou à Vancouver. Il faut, en cela, nous féliciter et éviter de pousser le bouchon trop loin.

Mon avis

Commençons par apprécier ces avancées révolutionnaires et félicitons-nous que tout se passe si bien. Maintenant que nous avons gravi ensemble ce sommet de l’Everest sociétal, laissons-nous un peu de temps pour digérer tout ça et considérons qu’il y aura toujours, dans nos sociétés, autant d’hommes que de femmes, des mamans et des papas, des grands-mamans et des grands-papas qui travaillent dur pour laisser un « patrimoine », et il y a, parmi tout ça, une infime proportion de gens qui auront à faire un effort supplémentaire afin de rendre leur genre conforme à leur sentiment d’être dans le groupe humain.

Pour ma part, le plus important, c’est d’avoir réussi à donner le meilleur de moi-même à ma société dans le temps que j’habitais le monde des hommes et depuis que je partage celui des femmes. Je n’ai pas fait tout ces sacrifices, tous ces efforts pour me faire dire que le genre n’est qu’une illusion. Ceux qui voudront vous faire croire cela sont soit des menteurs soit des idiots. Et dans le cas présent qui nous occupe, je crois que c’est le second qui en est la cause…

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