Éternel étudiant mais surtout lecteur assidu souffrant d’une insatiable faim de boulimique pour la littérature française. Toutefois, ce n’est que sur le tard, qu’il résolut de devenir le plus grand écrivain de sa génération ; depuis, il y travaille d’arrache-pied mais ne pousse pas la chose au point de se les casser bien qu’il lui arrive, encore, d’écraser ceux de ses partenaires lors des soirées dansantes et mondaines.

BLOGUE | Qui s’assumera, enfin?

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Peut-être est-ce parce que je suis encore jeune, mais je déteste les compromissions : mon héros de théâtre préféré est Cyrano de Bergerac et hors les planches, je ne vois personne qui lui arrive à la base du nez.

Si parmi ce qui compte dans notre actualité canadienne ils s’en trouvent pour avoir du pif, ce n’est généralement que celui de Pinocchio et non pas « ce roc, ce cap, que dis-je, cette péninsule » de la pièce de Rostand.

Mais d’où nous vient cette médiocrité que sécrètent nos grands personnages et que traient puis distribuent, sans le moindre quota, nos gros consortiums d’information? Incompétence? Abus de mensonges? Basses intelligences? Oh non, ou peut-être que cela joue en effet, mais à mon sens, il me semble que l’insipidité présente dans tous les discours publics du moment nous vienne qu’ils ne se trouvent plus personne pour réellement les assumer.

J’élabore… et je serai généreux, en prenant des exemples à gauche et à droite et même dans ce cloaque de nullité appelé le centre. Allons-y!

Monsieur et madame

Commençons par le plus récent, notre très cher et honorable ministre Jean-Yves Duclos et qu’on ne saurait soupçonner d’être stupide — pensez, un professeur d’économie à l’Université Laval! Eh bien, toute l’intelligence contenue entre les deux oreilles de cet ô combien estimable homme ne l’empêche pas de nous expliquer que si l’on retire, aujourd’hui, les mots monsieur et madame du vocabulaire — déjà bien limité — des fonctionnaires de Service Canada, c’est par respect.

Ainsi, notre doctorant ministre ne voit qu’une mesure visant à augmenter le respect des rapports entre citoyens et fonctionnaires lorsque les seconds se voient interdire l’usage des marques de respect et de courtoisie dans leurs dialogues avec les premiers. Voilà un discours qui nous paraîtra d’un ridicule consommé! Maintenant, si l’honorable Duclos nous avait dit : « voyez-vous, c’est que nous courtisons sans aucune retenue le vote de la communauté LGBTQ+2 et que nous savons que nos électeurs n’y appartenant pas ne nous laisseront pas tomber pour si peu », tout de suite, c’est beaucoup moins con! J’aurais applaudi l’honnêteté et la prise de position sans complexe de notre ministre, en plus de ne pas avoir à vivre la désagréable situation de sentir qu’on me prend pour un idiot. Hélas! ce dernier a préféré ne pas s’assumer et nous dire « c’est une question de respect ».

Le discours de la gauche

La gauche québécoise, celle que je connais et qui semble avoir trouvé en QS son avatar politique, nous explique qu’elle compte vaincre les forces du marché, du grand capital et l’avidité de tout un chacun simplement en se retrouvant au pouvoir par l’élection. Vaste programme! Pour se faire, elle nous pond un programme que ses membres votent ligne après ligne dans des congrès de fins de semaine, se tenant dans de minables salles louées pour l’occasion. Peu importe l’épaisseur que pourront prendre ses programmes, vous n’y verrez jamais la moindre allusion à la violence nécessaire à leurs débuts d’application Pourquoi? Sans doute que l’on ne trouverait pas les gens assez téméraires et conséquents pour voter un tel point de programme. Sans doute que cela pourrait refroidir un électorat-à-prendre et qui ne lit, pour ainsi dire, pas les programmes électoraux.

Remarquez que GND pour tout révolutionnaire qu’il passe aux yeux des rangs de la droite, n’a jamais assumé la violence du mouvement de 2012. Il se contentait de ne pas la condamner et se cachait, commodément, derrière l’absence d’une volonté votée par un de ces congrès, décrits plus haut, pour n’assumer aucune position sur la question. Pour peu, on en viendrait à regretter les révolutionnaires d’avant qui assumaient la violence de leur démarche dont le made in china Mao « le pouvoir politique est au bout du fusil » Zedong.

La Meute

Ce manque de — osons le mot!– virilité va si loin, que même parmi des groupes comme la Meute, on nous tient un discours macronien : « On n’est pas contre les musulmans, juste contre une certaine forme d’islamisme. » « On n’est pas contre l’immigration, juste contre celle qui est illégale ». Mais qui pensent-ils berner avec ce discours timoré? Espèrent-ils que Xavier Camus voit enfin la lumière et qu’il les invite à boire le thé en sa compagnie? Pensent-ils recevoir le soutien d’un des grands partis politiques qui appréciera leur douce modération dans le propos, leur nuance dans le positionnement? Mais, mes petits louveteaux, ni Xavier Camus ni l’État canadien ou québécois ne seront jamais vos amis, et ce ne sont pas vos échanges d’amabilité avec les policiers lors de vos manifestations que viennent déranger les méchants antifas de 30 kilos qui n’y changeront quoi que ce soit!

Que n’assumez pas plutôt d’avoir pris le loup comme animal totémique? Le loup, certes, défend sa meute, mais surtout il chasse avec cette dernière afin de dévorer ce qui peut l’être et qui n’est pas lui. Le loup ne dit pas « je ne suis pas contre le gibier, seulement … » — non, il l’attrape et le dévore et puis, c’est tout!

Quant à nos beaux partis souverainistes hérités de la Révolution tranquille ou de vieilles chicanes portant des noms de lacs, est-il réellement nécessaire d’élaborer sur l’incapacité de phaser avec leurs discours de ces gens qui se mettent à trembler, à imploser lorsqu’il prend l’envie à leurs chefs de vouloir parler souveraineté?

Au final, il n’y a que peut-être que les groupes pro armes à feu qui s’assument au Québec. Pensons-y, ces derniers ne voulaient-ils pas organiser leur manifestation contre le registre sur le lieu commémoratif de l’attentat de Concordia, en ce qui à trait à être conséquent et à tout assumer, on ne peut faire mieux.