Éternel étudiant mais surtout lecteur assidu souffrant d’une insatiable faim de boulimique pour la littérature française. Toutefois, ce n’est que sur le tard, qu’il résolut de devenir le plus grand écrivain de sa génération ; depuis, il y travaille d’arrache-pied mais ne pousse pas la chose au point de se les casser bien qu’il lui arrive, encore, d’écraser ceux de ses partenaires lors des soirées dansantes et mondaines.

BLOGUE | La droite n’existe pas

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À une époque où même le pape est de gauche, on voudrait me faire avaler la fable — en plus de l’Immaculée Conception — que la droite existe. Eh bien, je vous dis de raconter cela à un autre!

Je vous vois venir, vous allez m’assurer que la droite existe, qu’elle est parmi nous, que le Québec est encerclé par des hordes de barbares dretisses qui, le gun non-enregistré entre les dents, s’apprêtent à fondre sur la sociale démocratie afin de nous ramener à la primitive libarté originelle telle que théorisée par, de non moins barbares, érudits de l’Institut Économique de Montréal.

Haussement d’épaule. Du vent! De la fable!

Pourtant, lorsque j’affirme la non-existence de la droite au Québec, j’admets qu’il y ait deux groupes qui ne seront pas d’accord avec moi : la gauche et la droite. Messieurs les gauchistes, mon propos ne s’adresse pas à vous et soyez rassurés, ne possédant pas le quart de la cruauté de l’ex-URSS, je ne compte aucunement vous priver d’un ennemi aussi commode.
Messieurs les dretistes, c’est à vous que je souhaite parler afin de vous démontrer une bonne fois pour toutes votre non-existence d’ectoplasmes ; vous êtes Bruce Willis, je suis Cole Sear.

D’abord, si vous n’étiez pas qu’un spectre hantant le pays comment expliquez-vous que celui-ci se trouve dans un tel État alors que nous sortons de 10 ans de votre gouvernance? Car, oui, double oui, triple oui, dix fois oui! nous sortons de 10 ans de règne de la droite. Or, nous voilà en plein régime libéral. Vous me direz que le pouvoir vous le reprendrez et je vous répondrai que peut-être mais que cela n’a aucune importance. Et pourquoi? Eh bien! Parce que le pouvoir vous l’avez eu et nous avons bien vu ce que vous en avez fait. Rien.

Pendant toute la décennie Harper, les idées dont se pare le trudeauisme et que vous professez arborer, mais que votre parti ne conteste plus prenaient racine dans la société. En fins stratèges, vous avez laissé les hauts plateaux des idées, du sociétal et de la morale à vos adversaires qui se sont empressés d’aller les occuper et de s’y fortifier. Pendant ce temps, votre Harper, en bas de la colline, se flattait d’enterrer le Parti libéral et de refaire le Canada à son image. Plusieurs y ont cru. Des salons de coiffure ont fermé. Mais dans les faits, alors que le très albertain premier ministre du Canada réformait le système politique, bataillait côté justice et imposait ses vues économiques, il ne faisait que bâtir un château de cartes qu’allait complètement balayer le premier leader libéral un peu dans le vent.

La suite, vous la connaissez.

Maintenant, vous n’êtes plus au pouvoir et vos adversaires occupent les hauts plateaux des idées, du sociétal et de la morale. Il ne vous reste rien. Certes, vous pourriez reprendre le pouvoir par la simple alternance du pouvoir démocratique, mais vous n’en seriez que des dépositaires temporaires dans l’attente du prochain leader libéral qui viendrait vous le reprendre. Car que cela plaise ou non, le Parti libéral est le parti du pouvoir au Canada. Et, Justin Trudeau est l’enfant que le Canada a eu avec une bipolaire. Dans ce pays, dans cette fédération, il est le sous-monarque légitime.

Alors que vous, vous n’existez pas de par votre absence totale de légitimité. Or, celle-ci vous ne pourriez l’acquérir qu’en reprenant les hauts plateaux où vos adversaires se sont fortifiés et du haut desquels, ils vous indiquent — ce qui revient à imposer — les limites du débat démocratique, ce qui est convenable ainsi que ce qui doit être la norme — ou son absence — en société. Malheureusement, il n’est pas besoin d’être fin tacticien pour savoir qu’on ne prend des hauteurs et des fortifications qu’au prix d’âpres combats, d’énormes pertes et sacrifices. Connaissant un peu ce spectre qu’on appelle la droite, je doute que vous en n’ayiez ni la volonté ni la patience. Il est davantage probable que vous essaierez de vous en tirer en rusant ou en truquant et qu’au lieu de vous lancer dans le nécessaire combat vous ne préfériez, quitte à ne rien en faire, à reprendre le pouvoir de par l’usure ou la promesse d’un pour cent de moins sur une taxe de vente ; en somme, que vous persistiez à ne pas exister!

Peut-être que je surprends plusieurs personnes par le propos de ce texte et pour espérer être bien compris, je pourrais conclure en le résumant par une phrase d’une vulgarité qu’égalerait sa véracité : il est temps que la droite se mette le nez dans sa m…. , mais ce n’est pas mon style et je vous citerai plutôt Gramsci : « Il faut allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté. »

Ainsi, je parle durement à la droite, car je la trouve gravement fautive, mais aussi parce que je la préfère quand même à la gauche. Il est temps de se relever les manches, de réfléchir et d’agir afin de reprendre le terrain perdu et non pas que le pouvoir.