BLOGUE | Les Fédérés de l’acceptance

Guy Morin

Guy Morin

Propriétaire de AGM Sécurité, Président du collectif Tous contre un registre québécois des armes à feu (TCRQ), candidat du Parti conservateur du Québec, formateur en maniement des armes à feu, passionné par les questions de sécurité publique et tout ce qui a trait à défense légitime avec arme à feu et ce qui l'entoure. Prône les valeurs de liberté et de responsabilité individuelles et qualifié d'anarchiste par le Ministre Martin Coiteux
Guy Morin

De nos jours, il est difficile au Québec de se battre contre la machine gouvernementale et ses tentacules bien subventionnées.

Je n’ai jamais fait de demi-mesure quand je suis dans un combat de droits et libertés face à une machine maternante et endoctrinaire.

Il y a quelques semaines, j’ai félicité les sorties de Martin Bourget, Pierre Lefebvre et Stéphane Monette. Les trois ont trouvé qu’il était primordial de ne pas sauter immédiatement dans le registre. Leurs raisons : mettre de la pression sur les partis politiques pour l’élection d’octobre et évidence que 100 000 armes enregistrées sur une possibilité de 1,7 million ne donnent aucune légitimité à un futur gouvernement de mettre en force une loi controversée. J’ai bien aimé le fait qu’ils ne veulent pas nuire aux personnes qui travaillent présentement dans le dossier.

Au début de la semaine dernière, les gens de l’industrie (Magasin Sentier Chasse et Pêche, Aventure Chasse et Pêche et plusieurs signataires) sont sortis pour soutenir l’acceptabilité sociale de la FédéCP sur l’immatriculation des armes à feu du Québec.

Certains ont eu du mal à comprendre pourquoi d’un côté, je félicitais les gens de l’industrie et de l’autre je tapais sur les doigts de la FédéCP.

Tout d’abord, je remercie les gens de l’industrie d’être enfin sortis publiquement. Comme plusieurs, nous aurions bien aimé vous voir plus volubiles pendant que l’immatriculation n’était qu’un projet pour justement mettre de la pression sur l’Assemblée unanime. Je sais très bien que vous avez des entreprises à gérer et qu’une prise de position peut facilement vous nuire auprès de certaines clientèles ou commanditaires. Le pourquoi je souligne votre sortie, tout en me contentant de dire qu’elle n’est pas à la hauteur de ce que les propriétaires attendent de vous. Comme on dit : « Il n’est jamais trop tard pour bien faire » en espérant que ça ne sera pas votre dernière.

Pour ce qui est de la FédéCP, je leur sers la même recette que je sers à la Fédération de Tir du Québec (FQT) quand il s’agit de défendre les propriétaires d’arme à feu. Elles sont 2 organisations qui ont pour mandat de développer, favoriser et encadrer les activités entourant la chasse, la pêche et le tir sportif, le tout dans les règles établies par notre bon gouvernement québécois. Les 2 organismes ont trop à perdre pour offusquer le gouvernement et ne protéger aucunement les droits des propriétaires d’arme à feu.

Pour la protection de ces droits, allez voir la NFA-CCFR-CSSA, ils se feront un plaisir de vous prendre comme membre et de vous représenter chacun au meilleur de leurs compétences.

Les gens qui combattent fortement sur le sujet des armes à feu sont souvent incompris par les simples chasseurs. Nous passons pour des révolutionnaires, des anarchistes. Nous sommes simplement des gens qui comprennent la multitude de restrictions apportées par le Canada et rajoutées par le Québec pour rendre l’achat, la possession et la pratique entourant les armes à feu, plus contraignants pour réduire le nombre d’armes en circulation dans les mains de gens honnêtes. Mais qu’à cela ne tienne! Un jour, il restera les arcs et les flèches, ainsi la FédéCP et le FQT survivront. Pour ce qui est de l’industrie… On verra!

Dans la réalité, Il y a toujours quelqu’un qui a trop à perdre pour se mouiller ou pour aller jusqu’au bout. Surtout quand un FéDéré menace de retirer ses commandites, si on persiste à donner de l’importance à une grande gueule qui n’a pas l’intention d’abandonner.

Dans l’histoire de PL64, le burinage n’était qu’un attrape-nigaud. Martin Coiteux avait prévu de l’enlever en commission parlementaire pour le rendre plus acceptable. Tous les intervenants le savaient, même si un de ceux qui doivent vous représenter a eu la bonne idée de crier victoire à l’adoption de la loi. Malgré cela, la hargne des propriétaires n’a qu’augmenté.

Ne vous en faites pas, les mesures concernant le « 15 jours » et la longueur de canon ont sûrement déjà prévu de tomber. Si ça peut rendre plus acceptable l’immatriculation avant la date butoir, question que la vaguette d’immatriculation soit plus imposante à minuit-une… De toute façon, le système informatique du SIAF n’arrive pas à gérer tant de données.

L’obligation du NUAF, ce petit collant à appliquer sur votre arme, ne risque pas de tomber. Une arme à feu, c’est comme une auto, ça lui prend sa plaque. Les policiers qui auront la sale tâche de vérifier vont se fier au « NUAF » collé de façon indélébile et permanente sur votre arme qui ne vaudra plus rien sur le marché de la revente.

« Si t’as ta plaque, t’es OK, mais si tu l’as pas, c’est louche! On va devoir te punir sale p’tit Québécois qui se croit tout permis comme un bon Canadien. »

Bien sûr, après l’annonce du retrait du « two weeks & barrel length », certains crieront victoire pour avoir réussi à rendre plus acceptable ce ridicule projet. Victoire? Parce que… Parce que quoi au juste?

Parce que vous serez les seuls Canadiens à consentir à un viol sous prétexte que le violeur ne vous a pas battus?

À payer la facture de centaines de millions de dollars pour une loi inutile quand des besoins criants se font sentir, entre autres dans les soins en santé mentale?

À payer les frais de renouvellement, de transactions et d’éco-taxes dans les prochaines années pour satisfaire l’appétit prohibitionniste du lobby anti-armes?

Qui sait, nous pourrions nous réjouir, peut-être qu’une partie de ces futurs frais seront administrés par un organisme déjà bien en place pour les réinvestir dans les activités de chasse…

Avec l’application du C-71 du fédéral, votre plus grande victoire sera d’adhérer au prototype du futur registre pan-canadien fait en passant par les provinces.

En vérité, mettre de la pression pour rendre la loi plus acceptable est égal à la cautionner en y apposant votre signature en espérant une modification avec un genou par terre toute en lançant la serviette.

« Oui je le veux, pour le meilleur et pour le pire »

Après votre sortie pour une meilleure acceptabilité sociale d’une loi imbécile, vous croyez qu’annuler ou simplement la tabletter sera encore une option?

Soit que vous avez anéanti tout le travail que nous avons fait depuis près de 3 ans ou vous avez mis encore plus les propriétaires en colère. Je vais vous rassurer, ma seule option disponible est la deuxième. Savez-vous pourquoi? Plus vous essayerez de me faire traire, plus vous essayerez de me nuire, plus je crierai fort pour me faire entendre et faire monter la colère des propriétaires.

N’oubliez jamais que c’est toujours le Québec qui sème la zizanie au Canada sur les armes à feu. Les Québécois ont honte, se sentent coupables et se cachent de peur d’être jugés. Vous n’êtes pas tannés de passer pour les plus lâches au Canada?

Pour moi, le combat contre l’immatriculation des armes à feu et les modifications apportées par le C-71, n’a rien à voir avec une culture pro-gun américaine provenant de la diabolique NRA.

Je le fais en tant que contribuable dégoûté de me faire rentrer de force des lois coûteuses, inutiles et abrutissantes. Des lois qui n’ont aucune raison valable d’exister, sinon pour plaire à des lobbys victimaires et sécuriser une population apeurée par les mensonges et la désinformation depuis 30 ans.

Ohhh boy! Je pousse les gens à la désobéissance civile, selon un FéDéré…

Expliquons un peu loi sur l’immatriculation :

Depuis le 29 janvier 2018, si vous achetez une arme dans un magasin, vous devez l’enregistrer dans « l’immédiat – le plutôt possible – dans un délai raisonnable » (bien hâte de voir ce que dira le juge à la première contestation). Si vous omettez de l’immatriculer, vous croyez vraiment que vous recevrez une amende par la poste? Non, quand le SIAF aura dégelé, vous recevrez un rappel pour vous conformer dans « l’immédiat-le plutôt possible-dans un délai raisonnable »

SI vous avez déjà une arme en votre possession, vous devez l’immatriculer avant la date limite du 29 janvier 2019. D’ici là, vous n’aurez aucune amende, aucune saisie et personne ne vous empêchera d’aller à la chasse. Si vous omettez d’immatriculer votre arme le 29 janvier à 00:01, vous croyez vraiment que vous recevrez une amende par la poste? Non, ils ne savent pas que vous avez une arme, vous ne l’avez pas encore enregistrée. Vous aurez encore le temps de vous soumettre dans les semaines et mois à venir. Peut-être qu’ils rompront leur promesse d’ivrogne et vous chargeront un frais d’immatriculation. Baaaaa raison de plus pour faire une révolution 😉

Si vous enregistrez vos armes avant la date butoir, vous démontrez votre soumission et acceptation. Vous donnez force à la loi pour qu’elle soit appliquée et renoncez à vous battre.

Pour ma part, « SI et seulement SI » j’ai des armes non-restreintes qui m’appartiennent, je me soumettrai à cette loi le 29 janvier 2019.

Pour les autres propriétaires, je ne vous dirai jamais de ne pas enregistrer après le 29 janvier 2019 et surtout, je ne vous dirai certainement pas de le faire. Vous êtes tous assez responsables pour faire ce choix par vous-même.

L’immatriculation des armes à feu du Québec est une loi coûteuse, inutile, injuste et discriminatoire envers les Canadiens résidant sur le territoire du Québec.

Des lois comme celle-ci doivent être combattues et non être rendues plus socialement acceptable, peu importe raison ou le sujet.

C’est pour ces raisons que je me bats aussi contre mes faux alliés, dont je doute de la sincérité depuis le début.

En terminant, j’aimerais souhaiter un bon registre aux FéDérés de l’acceptabilité sociale et bonne révolte aux gens de conviction.