Éternel étudiant mais surtout lecteur assidu souffrant d’une insatiable faim de boulimique pour la littérature française. Toutefois, ce n’est que sur le tard, qu’il résolut de devenir le plus grand écrivain de sa génération ; depuis, il y travaille d’arrache-pied mais ne pousse pas la chose au point de se les casser bien qu’il lui arrive, encore, d’écraser ceux de ses partenaires lors des soirées dansantes et mondaines.

BLOGUE | Quessé tu veux?

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Je suis peut-être, après Nietzsche, la personne la moins comprise de ses contemporains. Voilà quelques textes que je publie ici, un nombre incalculables de débats que je livre et toujours on me pose la même question : quessé tu veux?

Et bien, pourquoi ne pas tirer profit de l’habituelle pauvreté de l’actualité québécoise afin d’offrir à mes quelques lecteurs des explications?

D’abord, j’ai cette naïveté de croire que le futur de la droite est à droite. Ainsi, il est inutile de me chercher du côté des ralliés, des défenseurs du « réalisme » électoral penchés sur des cartes de comtés ou des timorés du centre toujours prêts à édulcorer. Ma démarche est droitière et comme il ne m’est pas encore arrivé d’avoir à rougir de ne pas professer les mêmes positions que messieurs Trudeau, Nadeau-Dubois ou Scheer, je n’ai pas l’intention d’en changer.

Il me semble qu’ayant dit cela, il me faut maintenant expliquer ce qu’est la droite.

Je n’ai pas l’intention de me perdre dans des théorèmes économiques ou d’exposer des mesures concrètes. Cela n’a pas d’intérêt et ce n’est pas mon sujet. Je dirai simplement, que j’appelle de droite quiconque vit sa vie avec un certain souci du style et de gauche quiconque le lui envie.

Par voie de conséquence, je suis contraint au libre-marché puisque je n’ai jamais eu ouï-dire qu’on s’habillait de manière recherchée à Cuba ou en Corée du Nord et que là où règne l’uniforme, seul le tyran se permet des extravagances — souvent malheureuses. Je reconnais que suivre la mode est aussi une autre façon de porter un uniforme. Mais, comme nul ne me contraint à cet opium, j’en déplore les ravages sans l’interdire — voilà un principe essentiel!

Je ne quitte pas un camp que je juge mauvais pour entrer dans un autre que je jugerais pire encore. Le désir d’unicité et le libre-marché pouvant mener à un certain « plouquisme » de « m’as-tu-vu » et à de bien discutables combinaisons, l’esthétisme est d’une absolue nécessité. Or, le sens du Beau ne saurait exister sans la culture et cette dernière n’étant que fille de transcendance, me voilà aussi national. Ce bien vilain mot qui ne fait que désigner — et c’est beaucoup — la communauté de ces gens qui ont un passé commun et le désir de continuer d’accomplir de grandes choses encore, comme disait Renan.

Ainsi, à quessé tu veux? je réponds que je veux une droite de liberté, mais qui n’en demeure pas moins nationale ; qui réprouve le totalitarisme des masses pour ne pas se fondre dans celui de l’atomisation ; qui préfère le seigneur du tenir lieu et feu à l’aristocrate jouisseur et sans entraves ; et qui ne se désintéresse pas des haillons bohèmes pour enfiler les culottes courtes d’incultes libertariens — je termine sur ce pléonasme.

Ou plutôt, je termine en faisant part de ma satisfaction d’avoir défini en si peu de mots un si vaste programme et à ceux qui m’en seront gré, qu’ils le soient plus encore en prenant connaissance des risques car comme le disait le cardinal de Retz : On ne sort de l’ambiguïté qu’à ses dépens. »

Et aux autres : À moy que chault!