Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d’autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

Angliers : première base d’hydravions de la région

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Un hydravion Curtiss HS-2L de la Laurentide Air Service. Source: Musée canadien de l'histoire

C’est à Angliers, sur les rives du lac des Quinze, au Témiscamingue, qu’a été créée la toute première base d’hydravions de l’Abitibi-Témiscamingue!

Par Ghislain Loiselle, blogueur

C’était en 1924 et elle était opérée par la compagnie Laurentide Air Service, peut-on lire dans l’Express, un document sous forme de journal que le Groupe PAT avait publié en 1984.

Cette base assurait la liaison entre Haileybury, Ontario, et les villes-soeurs naissantes, dans le nord du comté de Témiscamingue d’alors, sur les bords du lac Osisko, en sol québécois.

Un hydravion sur les rives du lac Osisko aux débuts de Noranda et Rouyn.

Aussi ne faut-il pas être grand sage pour imaginer qu’au cours de ces premières années où Rouyn-Noranda était approvisionnée depuis Angliers, une sous-base se mettait automatiquement en place au lac Osisko. Pas le choix. Comment sinon aurait-on pu accueillir les hydravions, les pilotes, les passagers, dans un minimum de confort?! Il fallait au moins un quai, un bâtiment à tout le moins, un entrepôt, etc.

Angliers au coeur des transports

Quoi qu’il en soit, Angliers, ce centre agricole, connaissait alors ses heures de gloire avec sa base d’avions sur flotteurs, ses voies de pénétration terrestre et sa gare de chemin de fer! Car la ligne du Canadien Pacifique (CP) débouchait depuis peu à Angliers, tout comme à Ville-Marie, le chef-lieu situé un peu plus au sud, au lac Témiscamingue. Beaucoup de marchandises pouvaient ainsi être acheminées jusqu’à Angliers, sans soucis de poids, les locomotives et les wagons étant faits pour transporter le lourd comme le léger.

Dommage qu’on n’ait pas misé sur le fret pour continuer la voie ferrée jusqu’à Rouyn-Noranda. Celle-ci n’avait pas été développée plus avant, en effet. Au contraire du service aérien qui ne nécessitait que la base et les « machines volantes ». Mais la masse transportable avait une limite… Et le train avait doublement atteint Rouyn-Noranda, en 1927, deux compagnies ferroviaires se faisant compétition. Pour le plus grand bien des villes jumelles qui n’avaient connu leurs fondations qu’au début des années 1920 avec la découverte par Edmund Henry Horne d’un gisement majeur d’or et de cuivre.

Angliers a profité du développement minier

Curieusement, c’est le développement minier ayant cours plus au nord qui a fait qu’Angliers a pu développer son service aérien. On parle d’une première ligne aérienne. Mais il y en a eu plusieurs autres par la suite. De 1925 à 1950, ce transport aérien était organisé principalement pour répondre aux besoins des mines. Ce n’est qu’au début de la décennie 1950 que Val-d’Or et Rouyn-Noranda vont être dotées d’aéroports permettant à l’Abitibi d’être desservie par des lignes aériennes commerciales, bref, destinées au commerce, aux industries, à la population et non juste pour l’industrie minière.