Cold Heimatlos est un chroniqueur à la plume irrévérencieuse, aux commentaires cinglants et à l’humour qui fait grincer des dents. Enseignant au niveau professionnel, auteur d’un roman noir, sa plus grande préoccupation est l’état lamentable dans laquelle se trouve la relation entre l’Homme et la liberté. C’est sous cet angle qu’il aborde ses sujets : le rétrécissement constant des libertés doit être expliqué et compris par le citoyen avant d’être dénoncé. Il s’insurge devant la douce et thérapeutique dictature de l’État et du dressage sensitif de l’Homme. Cette citation reflète sa pensée :
« Les êtres humains n’ont pas grandi en même temps que les institutions issues de leur cerveau. Ce sont surtout la faiblesse intellectuelle et morale des chefs et de leur ignorance qui mettent en danger notre civilisation. »
– Alexis Carrel in L’Homme, cet inconnu

BLOGUE | Justice sociale et compte de banque

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Cold Heimatlos

Une nouvelle passée presque inaperçue m’a fait réfléchir. Le coureur automobile Kimi Raikkonen (F1) porte plainte au SPVM contre une Montréalaise pour extorsion et harcèlement. Si vous êtes une personnalité connue ou riche, quelques phrases dans l’article ont de quoi vous glacer le sang.

« Le Finlandais soutient que la femme le menaçait depuis quelques mois de parler publiquement des attouchements sexuels que lui et un de ses amis auraient commis, s’il ne lui remettait pas un montant « près des sept chiffres », selon une source près du dossier. [… ] Même deux ans après les faits, elle se dit « effrayée, anxieuse et inconfortable. » »

Antoine Lacroix, Journal de Montréal

Dans l’article, on cite le blogue de la jeune femme : « Je vais te faire tomber et le monde entier en sera témoin quand je le ferai. » Pauvre cocotte !

Qu’on me comprenne bien (je fais la précision car je suis gavé des interprétations binaires à la : Cold dénonce une femme qui porte plainte, c’est un sale machiste qui prône un patriarcat absolu. Pffffff…), je ne dis pas que l’acte n’a pas eu lieu, je n’accuse pas la jeune femme de mentir sur l’incident; je m’interroge, c’est tout.

Supposons que l’agression ait bel et bien eu lieu, mais que l’imbécile aux mains baladeuses n’ait été qu’un simple inconnu, un Étienne de 32 ans, soudeur, célibataire et sans fortune.

  1. Est-ce que la jeune femme agressée par ce pauvre type l’aurait dénoncé sur Facebook ? Fort possible.
  2. Est-ce qu’elle aurait engagé un avocat et aurait entrepris des procédures pour lui soutirer une somme d’argent dans les 7 chiffres ? Probablement pas…

J’ose seulement espérer qu’elle aurait porté plainte à la police comme il se doit, CAR une agression est une agression, la pédophilie et l’inceste demeurent tout aussi répugnantes que tu sois riche et célèbre ou quidam. N’ayons pas peur des mots : un trou-du-cul connu avec plein de fric n’est pas moins trou-du-cul quand il commet un acte inadmissible, qu’un trou-du-cul inconnu et sans le sou.

Parenthèse : pourquoi les militant(e)s pour la suppression des genres s’obligent à souligner celui de l’agresseur quand elle est commise par un HOMME ? Le bien serait non-genré et le mal le serait ? C’est inclusif ça, mes amis ! Eh… on n’en est pas à une contradiction près avec eux.

Revenons à notre sujet…

Dernièrement, une grande entreprise que je connais bien a vécu une situation délicate. Une femme à leur emploi a porté plainte pour une « présumée » agression physique commise à son endroit par un employé MÂLE, sur les heures de travail. Les ressources humaines ont considéré la chose avec sérieux, ont traité l’incident avec respect et dans les règles de l’art. D’abord, ils ont offert à la dame une visite chez le médecin, afin de vérifier son état de santé physique et psychologique (pour éviter un stress post-traumatique), puis ils ont offert de l’accompagner au poste de police pour qu’elle puisse formuler une plainte en bonne et due forme.

Savez-vous quoi ?

La dame a refusé. Elle voulait que l’entreprise congédie l’homme sans préavis, sur sa seule déclaration… L’entreprise n’a pas accepté, expliquant qu’elle a une procédure en place à respecter dans ce genre de situation. S’en est suivi, par la plaignante et ses ami(e)s, une campagne de salissage sur Facebook, des menaces d’actions en justice; la totale !

Mais dans tout ce merdier, on a perdu l’essentiel de l’histoire : est-ce que l’homme a commis l’agression ou pas ?

Si, à priori, je n’avais aucune raison de douter de l’honnêteté derrière les allégations de la dame, de constater sa volonté d’exiger une compensation monétaire à l’entreprise sème un doute dans mon esprit.

C’est le genre de doute dans lequel je n’aime pas être coincé. Je veux en avoir le cœur net : si l’homme a commis une agression, sa place est sur le banc des accusés, et s’il est reconnu coupable, qu’il soit condamné. Évidemment, un traitement identique en tout point doit être gentiment offert aux femmes, question de se soumettre à l’égalité exigée par les féministes.

Dans le cas impliquant Raikkonen, après que ce dernier ait porté plainte, la jeune femme a aussi décidé de porter plainte pour agression sexuelle. Alors, pourquoi avoir exigé de l’argent avant ? La réponse se trouve peut-être dans sa déclaration : « C’est un homme qui a des fans et une industrie valant des milliards qui le supportent. Il a Ferrari et une armée d’avocats. » Ah bon…

Elle (Cassandra Talula Dias-Greizis), n’a pas confirmé ni infirmé qu’elle avait réclamé de l’argent.

« Est-ce que c’est important ? OUI ÇA L’EST ! […] Il a pris quelque chose que j’ai essayé de reconstruire. Peu importe que je demande un million ou 2 milliards de dollars, il n’y a pas de prix qu’il puisse payer qui va réparer ce qu’il a fait. »

S’il n’y a pas de prix que le coureur automobile puisse payer pour réparer ce qu’il a fait, la question que nous devons poser est : s’il avait payé sans s’obstiner, dès la première demande, est-ce que la jeune femme aurait considéré que le montant a réparé en bien ce qu’il a fait ? Si oui, c’est qu’elle a un prix… si non, elle aurait fini par porter plainte au criminel de toute façon.

Alors pourquoi avoir exigé un montant d’argent avant de porter plainte ?

Je vais vous le dire, – prenez le temps de lire lentement – parce qu’en 2018 il y a désormais deux types d’agresseurs : ceux qui ont du fric, et ceux qui n’en n’ont pas.

Dommage pour les victimes d’une agression par un sans-le-sou, elles devront se contenter d’une minable condamnation et d’une peine lamentable à leur agresseur en guise de satisfaction alors que l’autre victime, celle qui aura la chance dans sa malchance d’avoir subi une dégoûtante agression par un trou-du-cul riche et célèbre, pourra espérer, bien qu’il n’y a pas de prix qu’il puisse payer qui va réparer ce qu’il a fait, un montant substantiel qui saura apaiser sa souffrance !

On en est rendu là.

# Moi aussi… j’veux du fric !