Claude Aubin: Sergent détective à la retraite du S.P.V.M., il a travaillé sur les groupes organisés tels la mafia Russe, les groupes Jamaïcains, les Pakistanais et les gangs de rues. Il aura plus de 5,000 arrestations à son palmarès. Puis de 2003 à 2012 il devient chroniqueur au Photo Police, en plus d’écrire trois livres et faire un peu de cinéma. En 2014, il se retrouve blogueur au Huffington Post. Et devient collaborateur au Dixquatre.com

La génération tyrannique

Ces petits tyrans issus de notre société où le parent doit négocier ou abdiquer seront les futurs adultes égoïstes et sans scrupules qui se reproduiront à leur tour.

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Depuis quelques années, les instituteurs crient au secours devant l’indifférence des directeurs d’écoles, face à la montée des cas de violence commis par de plus en plus de jeunes au primaire.

Des profs mordus, poussés, frappés, insultés, certains devant se rendre à l’hôpital et d’autres complètement vidés décidant de changer complètement de vocation.

Selon des sondages effectués auprès des enseignants, 57% d’entre eux ont été victimes d’agressions physiques et 77% de violence verbale. Qui d’entre nous endurerait cette façon de faire ? Dommage pour les instituteurs, ils n’avaient qu’à choisir une autre branche.

Quand des parents se dressent devant l’instituteur et défendent l’indéfendable, ils sapent le peu d’autorité restante et décrédibilisent le système même dans lequel ils fonctionnent.

Comment des parents peuvent-ils cautionner cette violence qu’ils réprouvent chez les autres ? Notre société individualiste basée sur « je suis la personne la plus importante au monde » ne pourra fonctionner encore très longtemps…

Partout maintenant dans la société, les enfants-roi ont fait place aux enfants-tyrans. Maintenant, les enfants décident du resto où tout le monde ira, des films à regarder, des endroits à visiter. Oui, il faut que ces mioches s’expriment et fassent leur chemin dans la vie. Dans les restaurants, il n’est plus rare de voir courir des enfants entre les serveuses aux mains remplies d’assiettes. Et quand, celles-ci demandent poliment aux parents d’aviser les enfants, elles se font régulièrement apostropher. « Ce n’est pas aux enfants de faire attention. » Oui, les parents ont raison… Ce n’est pas aux enfants de faire attention, mais aux parents de les éduquer. Le problème est que beaucoup de ces parents n’ont pas reçu de règles de base, vous savez, un petit truc appelé le savoir-vivre. Le livre a été mis à la poubelle en même temps qu’est née la Charte des droits. Maintenant que la société est devenue l’entité qui tourne autour de toi, pourquoi ferais-tu attention aux autres?

Ces petits tyrans issus de notre société où le parent doit négocier ou abdiquer seront les futurs adultes égoïstes et sans scrupules qui se reproduiront à leur tour.

Il y a quelques semaines, je regardais à la télé un court reportage sur une foire d’emplois fait au Palais des congrès. Les jeunes qui n’avaient pas encore travaillé allaient se magasiner un job. Les commentaires : « C’est quoi les vacances? Est-ce que ça rejoint mes valeurs profondes? Avons-nous les mêmes idées? Parlons des chances d’avancement. » Euh… Tu n’es même pas engagé, peux-tu juste t’ajuster au patron qui t’engage?

Euh… Tu n’es même pas engagé, peux-tu juste t’ajuster au patron qui t’engage?

Il devrait y avoir des cours de savoir-vivre dans nos écoles. Pour ceux de ma génération, il y avait ce petit livre : « Hygiène et bienséance ». On nous apprenait à respecter nos aînés, bien nous tenir à table, céder sa place aux femmes enceintes, des trucs comme ça… Nos parents soutenaient les profs, car ils étaient le prolongement de la famille. En jetant tout ça par-dessus bord, nous créons un espace flou laissant libre cours à l’exagération.

Je suis désolé, mais quand tu es en société, il y a des règles à suivre. Use une paire de culottes avant de décider comment ton patron devrait gérer sa compagnie. La politesse devrait faire partie de ton parcours de vie. En société, le groupe a préséance sur l’individu, c’est ainsi qu’une civilisation se construit.

Mais avant d’aller mieux, ça ira pire. La génération tyrannique fera place à une génération allant plus loin encore. À moins que la précédente écrase la suivante. Pessimiste? Oui, un peu. Réaliste? Ça, beaucoup!

LA NUIT DES DÉSILLUSIONS

Il y aura 50 ans le 24 juin que l’émeute de la Saint-Jean-Baptiste frappa l’imaginaire de toute une population. Ce livre raconte l’événement sans fard, sans fioriture.
Demandez-le à votre libraire ou sur le site : www.claudeaubin.com

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Libre édition Claude Aubin
Libre édition Claude Aubin